Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 11 juillet 2009

Braquage à l’américaine

public_enemies_mann_18.jpg

Il y a les films de braquage et les films sur les braqueurs. Chacun, dans leur catégorie, peuvent produire de véritables chefs-d'œuvre : Un après-midi de chien de Sydnet Lumet pour le premier genre, Heat de Michael Mann pour le second. Après avoir donc réalisé un des meilleurs films de la décennie 90 et du cinéma en général, Michael Mann (treize ans de carrière punchy au compteur) nous offre une nouvelle story de gangsters, mais point de Los Angeles contemporain ici-bas : nous sommes dans les années 1930, à Chicago - période emblématique du gangstérisme américain - sur la trace des Public enemies. En adaptant un roman de Brian Burrough retracant l'itinéraire mouvementé de John Dillinger (Johnny Depp), l'un des plus illustres braqueurs de banque des années 30 et la tentative du gouvernement et de l'agent du FBI Melvin Purvis (Christian Bale) d'arrêter Dillinger et son gang, Mann ressuscite - grâce à son savoir-faire et au numérique - une légende noire (munie d'une mitraillette Thompson 21 DC à compensateur Cutts) d'une élégance sans faille, malgré un certain manque de rythme.

Lire la suite

samedi, 20 juin 2009

Un Johnny peut en cacher un autre

19074197_w434_h_q80.jpg

Titre énigmatique ? Les cinéphiles auront compris qu'il est question du dernier film de Johnnie To (une cinquantaine de films au compteur) avec notre Johnny Halliday national en tête d'affiche : Vengeance (Revenge). N'étant absolument pas fan du chanteur fatigué qui se prend pour un rocker mais complètement accro du cinéaste Hongkongais, je me suis empressé de découvrir la nouvelle réalisation d'un des maîtres du genre. Le scénario ? Johnnie To travail parfois sans, non sans succès, tant il est vrai que sa spécialité réside dans l'excellence de sa mise en scène dynamique et stylisée. Celui de Vengeance pourrait se résumer à son titre : « Après le massacre de sa famille (Sylvie Testud, son « mari » et ses « gosses »), un cuisinier français, ex-tueur à gages, Francis Costello (Johnny Halliday), engage trois hommes pour l'aider à se venger. Dans une ville qu'il ne connaît pas, il va tout faire pour s'organiser et retrouver le goût des armes. »

Lire la suite

mardi, 16 juin 2009

Le démon Sam Raimi est de retour !

drag_me_to_hell_17.jpg
 

Entre deux réalisations de Spiderman, le talentueux Sam Raimi (Evil Dead, Mort ou vif, Mort sur le grill) nous gratifie d'un nouveau petit bijou horrifique sur fond d'occultisme, de magie noire et de démons antiques : Jusqu'en enfer (drag me to hell), en sélection officielle au festival de Cannes. Un des meilleurs films, à la réalisation old school de cette année, assurément ! Suivez l'histoire (que l'un des maîtres du suspense et son frère Ivan traînent depuis des années), basique mais terriblement efficace :

 

Lire la suite

jeudi, 11 juin 2009

The boat that rocked

PosterGoodMorning2.jpg

 

Tel est le nom original de la dernière  comédie de Richard Curtis : Good Morning England. Le réalisateur de Love actualy et le scénariste de Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill et Le journal de Briget Jones nous fais vivre un retour dans le temps à l'époque folle du pop/rock des sixties en Angleterre. « Sex, drug and rock'n roll » est un poncif qui convient parfaitement à l'esprit du film. Certes, on à faire à une mécanique bien huilé qui repose sur un schéma cinématographique assez basique que ce soit au niveau du scénario, des personnages ou de la mise en scène. Bref, le cocktail très classique de la comédie à l'anglaise à l'œuvre depuis quelques années déjà. Néanmoins, si ce n'est pas la révélation humoristique de l'année, on passe un bon moment sans se prendre la tête. Une phrase que dit l'un des personnages résume également la démarche du film et pointe, par là même, sa limite : "ce n'est pas simple d'être cool mais c'est cool d'être simple". Un feel-good movie festif sans prétentions donc.

 

Lire la suite

vendredi, 29 mai 2009

Looking for Ken

looking for eric ang.jpg

 

On cherchai Ken Loach, c'est au festival de Cannes qu'on l'a trouvé. Et à 72 ans, en bonne forme le bougre ! Après le dramatique et sublime It's a free world, Loach repasse derrière la caméra pour nous livrer une comédie assez inattendue et légère : Looking for Eric.  Inattendue car, jusqu'ici, Loach nous avais habitué aux drames personnels poignants (My name is Joe, Sweet Sixteen) et à la critique féroce de situations politique hostiles et dérangeantes (Land and Freedom, Bread and Roses, The Navigators, Le vent se lève palme d'or 2006). Inattendue également car c'est mister Eric Cantona la guest star du film et il se montre particulièrement convaincant en coach philosophe essayant de sortir la tête de l'eau d'Eric Bishop (Steve Evets), véritable (anti)héros de l'histoire. Celle-ci peut se résumer à la vie de ce looser pathétique qu'est Eric Bishop, écartelé entre son boulot de facteur monotone, ses deux beaux-fils difficilement supportables, ses potes qui essayent de le faire sourire, sa fille qu'il a du mal à aider et surtout  son ex-femme dont il brule encore d'amour. Seul The King Cantona semble pouvoir l'aider à remonter la pente à l'aide d'une thérapie imaginaire à base d'aphorismes bien placés...

 

Sans mériter le prix d'interprétation masculine, le légendaire numéro 7 de Manchester United, s'en sort remarquablement  bien devant la caméra, parfaitement guidé par le réalisateur dont il apprécie, par ailleurs, l'engagement politique dont il fait preuve dans ses films. Excellant dans l'auto-parodie et la maîtrise de soi, Cantona insuffle une énergie et une bonne humeur communicative, autant à Eric Bishop qu'à nous, simples spectateurs amusés et désabusés par tant de second degré so british.

 

Ecoutons Ken Loach : "Est-ce que Cantona incarne l'inconscient de mon héros ? Je n'ai pas trop envie de creuser la question... Moins j'en sais sur mes propres films, plus je peux imaginer les suivants librement. Je laisse les autres analyser. Je sais simplement que le film raconte à quel point cet homme n'est pas devenu la personne qu'il aurait pu être. Il montre comment il en est arrivé là, et comment il peut s'en sortir... Avec Cantona comme référence. "Looking for Eric" c'est surtout le portrait d'un homme qui est aussi grand-père. C'est un homme qui, au départ, est déconnecté de tout et de tous. J'observe comment il redevient un élément moteur au sein d'une famille. Avec la certitude d'avoir Cantona à nos côtés, ce qui devenait le plus important, c'était finalement moins de chercher un sujet que de trouver quel pouvait être le coeur du film."

 

En fin de compte, ce que cherche Eric Bishop ce n'est pas Eric Cantona, l'idole à qui il donne vie, mais lui-même. Retrouver la confiance qu'il détenait auparavant, la  joie de vivre et la force de surmonter les obstacles lui barrant la route de son bonheur propre et familiale. L'unité permet de supporter les difficultés.

 

Ken Loach encore : "Dans la vie, comme au foot, ce qui fait le plus progresser, c'est l'équipe. Pour marquer, il faut qu'un autre vous passe la balle. Il y a peut-être des gens qui s'accommodent de leur solitude mais je pense que l'homme est fait pour avoir quelqu'un qui l'aime à ses côtés, des amis, un entourage... [l'homme est le seul animal politique] Et que les uns et les autres, on se fait des passes. On devrait en tout cas. Et "Lookin for Eric", c'est ça."



 

 

Encore une fois, malgré la rupture de genre, Ken Loach nous prouve son savoir-faire indéniable pour créer des univers à la fois terriblement réels et attachants. Sans atteindre la qualité de ces précédents films « pessimistes » (drames politiques sur fond de réalisme social), on passe un bon moment devant cette comédie parfois hilarante (la séance de psy collective, la scène du pub ou l'opération Cantona). Pas question de chercher de chercher des invraisemblances suspectes ou un message fort, tout est question d'humanité. Don't forget: « it's not a man, it's Ken Loach ! »

 

Sylvain Métafiot

 

dimanche, 17 mai 2009

L'épouvantable vendredi : Carpenter's night

Bandeau-EV-copie-1.jpg

 

Vendredi 15 mai, à l'Institut Lumière,  s'est tenu un évènement   annuel fortement apprécié des cinéphiles Lyonnais en manque de sensations fortes : L'Epouvantable Vendredi. Soit une soirée de 20h à 3h du matin consacrée à l'horreur et l'épouvante. Cette année l'Institut rendis hommage à John Carpenter. Elève d'Orson Welles à la Fac, admirateur d'Howard Hawks dont il signera le remake moderne de Rio Bravo avec Assaut en 1976, musicien de presque tous ses films, personnage horriblement incorrect à l'origine du plus célèbre Slasher avec Halloween, du dyptique New-York 1997 et Los Angeles 2013, maître infréquentable du fantastique avec plus de 100 films (entre réalisation, production et scénario) il est l'un des rares cinéastes à contenter tout le monde, de Mad Movies aux Cahiers du cinéma. Comment fait-il ?
Quelques réponses furent apportées ce vendredi avec trois films radicalement différents : un chef-d'œuvre d'épouvante cérébrale, un cauchemar enragé et une série B méga déglinguée. Du pur Big John !

 

Lire la suite

lundi, 23 mars 2009

Ni pute, ni soumise et en jupe !

la_journee_de_la_jupe_7.jpgSi pour vous un bon film français vous semble relevé plus de l'oxymore que du pléonasme, allez donc voir La journée de la jupe écrit et réalisé par Jean-Paul Lilienfeld. Sortis sur les écrans le 25 mars et diffusé sur Arte vendredi 30 mars (le nouveau record absolu d'audience de la chaîne franco-allemande : 2,2 millions de téléspectateurs, soit 9,6 % de part d'audience), ce film relate un cours de français dans un collège difficile (comprenez agressions, racket, insultes, dégradations, harcèlement physique et moral, j'en passe et je zep...pardon zappe) qui tourne court puisque la prof, Sonia Bergerac (Isabelle Adjani), suite à une altercation avec des élèves, décide de prendre en otage une partie de sa classe. Alors que le RAID encercle le collège, que les médias débarquent, le cours va pouvoir commencer....

Lire la suite

vendredi, 13 mars 2009

L’homme des hautes peines

gran-torino-teaser-poster.jpg

Force est de constater que Clint Eastwood est comme le vin : il se bonifie avec l’âge. A 78 ans, le pistolero favoris de Sergio Leone signe – en tant qu’acteur et réalisateur – un de ses plus beau film et peut-être le dernier : le désenchanté Gran Torino.

 


Ainsi, Walt Kowalski, un vétéran de la guerre de Corée, aigri, veuf et pétri de préjugés xénophobes, se prend d’affection pour un jeune voisin coréen (Tao) qu’il va tenter de préserver de la délinquance. Le retour de l’inspecteur Harry Callahan ? Au nom de la complexité de l’âme humaine, Eastwood, semble plutôt vouloir corriger le tir sur de la longue lignée de justiciers urbains et d’anges exterminateurs qu’il a semblé engendrer. Comme le souligne Jean-Baptiste Thoret « Magnum Force fut une réponse au fascisme supposé de Dirty Harry, L’Epreuve de force, un démenti de sa misogynie, Josey Walses hors-la-loi, la preuve de son humanité… Jusqu’à ce film (Impitoyable) où son œuvre, alors archi-connue et indiscutée, crépusculaire et majestueuse, s’est mise à vibrer à l’instinct sûr du vieux sage qui peut tout se permettre. Eastwood est aujourd’hui le seul cinéaste américain capable de relier d’un même geste le classicisme absolu et l’efficacité de la série B, Ford et Siegel (ses deux mentors), la rapidité de l’exécution et l’intelligence du propos. »

 

 

 


La photographie, à l’instar de celle de Million Dollar Baby, est magnifique. A la simplicité du réel filmé par une main de maître (le quartier et la ville actuels sans superficialité) succède un jeu d’ombre et de lumière faisant ressortir toute la tristesse et le désespoir du vieux Walt et de ceux qui l’entoure. Le clair-obscur permettant de ne pas tout montrer au spectateur et de demeurer allusif, sans trop appuyer le propos. L’amitié naissante entre les deux voisins permettra au vieil homme, fatigué de ce monde qui n’est plus le sien, de sortir de sa sombre solitude et d’apprendre à aimer de nouveau.

 


Pas de malentendus. Comme le dit son biographe et ami de trente ans Richard Schickel, ancien critique à « Time Magazine », « la plupart des gens, avec l’âge, se referment sur eux-mêmes ; Clint, lui, n’a fait que s’ouvrir. »

 


Le personnage de interprété par Eastwood est parfois une comédie à lui seul, tout en grimaces, insultes racistes, clichés et aussi étonnement ravis (voir comment il englouti les plats de vieilles femmes coréennes). On le voit, par ailleurs, insulter son coiffeur juif qui le traite en retour de Pollak dans une joute assez drôle. Walt considère cela comme l'échange viril par excellence. Mais, derrière l’apparente tranquillité de vivre se cache la dureté du quotidien pouvant engranger la haine et la vengeance. Froide et implacable. Pour faire de son jeune compagnon un homme, faire disparaître le gang asiatique qui le persécute sera plus qu’une nécessité, une ultime raison de vivre. Toujours aussi classe, Clint est néanmoins fatigué : la rédemption prendra le pas sur le 357 Magnum.

 


Eastwood a-t-il voulu signifier un clin d’œil à son maître John Ford en faisant de sa voiture (Gran Torino modèle 1972, l’année de L’inspecteur Harry) la persistance de cette tragédie comme le cinéaste des grands westerns la persistance de sa vision tragique du monde ? Le voleur acquiert dans la tristesse, en fin de compte, ce qu’il avait essayé de dérober dans la peur. L’œuvre de Clint Eastwood n’est pas pessimiste mais réaliste : la mort est le seul destin auquel personne ne peut échapper, malgré l’amitié, malgré l’amour. Fuir est vain.


Thoret enfin : « Ce film, qui brasse tous les grands thèmes estwoodiens (la filiation, la justice, la croyance, l’ouverture à l’autre, la communauté d’armes contre celle de sang…), réconcilie enfin cette Amérique qui nous enrage avec celle qui nous émeut. »


La voix cassée du vieux Clint chantant le thème de Gran Torino au générique de fin (la musique du film est co-signée par son fils Kyle Eastwood) vous hantera longtemps.

 

Sylvain Métafiot



Pour poursuivre la réflexion, lisez l’analyse politique du film par Sylvie Laurent sur l’excellent site La Vie des Idées : http://www.laviedesidees.fr/Clint-Eastwood-ou-les-grognem...

jeudi, 05 mars 2009

Le chien Indien casse la baraque

slumdog-millionnaire.jpg

 

Sortis il y a maintenant plusieurs semaines, Slumdog Millionaire, n’en finis pas d’attirer les cinéphiles et néophytes dans les salles obscurs. Pourquoi cet engouement pour un film tourné en Inde avec des acteurs inconnus et adapté du livre Q and A de Vikas Swarup par Simon Beaufoy (The Full Monty) ? L’effet Oscars sans doute : après avoir raflé pas moins de 8 statuettes dorées dont celle du meilleur réalisateur pour Danny Boyle (Trainspotting et 28 Jours plus tard c’est lui) et celle du meilleur film, il reste à l’affiche de nombreux cinémas ou refait son apparition à l’écran comme par magie. Et on ne va pas s’en plaindre ! Mais le phénomène est antérieur.

Lire la suite

dimanche, 25 janvier 2009

L’esprit de Central City

hrthespiritoutdoorposteqs2.jpg


Dans la ville de Central City, celui que l'on appelle le Spirit (Gabriel Macht) fait sa loi : ancien flic mort lors d'une enquête, il est sorti de la tombe pour régler ses comptes et chasser la vermine qui grouille dans les rues ! Mais bientôt le justicier masqué se voit confronté à différentes femmes fatales, créatures de rêves qui l'aideront ou s'opposeront à lui dans sa lutte contre le terrible Octopus (Samuel L. Jackson)...

 

Après avoir coréalisé le sublime Sin City en 2005 avec Robert Rodriguez, avoir vu son Batman adapté sur grand écran avec l’éblouissant Dark Night, et après avoir été consultant de Zack Snyder lors du tournage de 300, Franck Miller, pour sa première réalisation, nous livre une libre adaptation du classique de la bande dessinée née sous la plume de Will Eisner (un de ses maîtres et ami) : The Spirit. Un film fou mais qui semble manquer de rigueur cinématographique. La bande originale est portée par une composition musicale exceptionnelle et variée de David Newman.

 

Dans la suite de l'article, la bande annonce et la critique du film.

Lire la suite