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lundi, 15 avril 2013

Ill Manors de Ben Drew

 

 

Pour son premier film en tant que réalisateur, le rappeur Plan B, frappe plutôt fort. Avec Ill Manors il nous entraîne dans les bas-fonds de Londres, se frotter à la violence des quartiers Est, là où il a grandi, la rage au cœur et la peur au ventre. Le film navigue avec panache dans les eaux marâtres des « films de banlieues », à l'instar de La Haine, Boyz N the hood ou, plus récemment du viscéral Harry Brown dans lequel Plan B incarnait une racaille frappadingue. Le réalisme saisissant de ces films scotche généralement la rétine comme les papier gras collent aux barres d'immeubles. Ill Manors ne fait pas exception à la règle.

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lundi, 17 août 2009

The fifth borough

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Un nouveau Scorsese ? Non, tout de même pas. Mais c'est le premier sentiment qui s'empare de nous à l'évocation du film Little New-York (Staten Island), ainsi qu'à la vue de l'affiche qui sent la Grosse Pomme à des kilomètres. Cette petite découverte outre-atlantique est le fruit de James De Monaco (non, ce n'est pas un habitant du Rocher mais le scénariste de l'excellent Assaut sur le Central 13), épaulé par un casting impeccable. Comme son nom l'indique fort justement, l'action se déroule à Staten Island, quartier insulaire de New-York, auquel très peu de films se sont attardés. Et il est question de voyous en costards trois pièces, ce qui peut procurer un sentiment de déjà-vu mais ne boudons pas notre plaisir :

 

Sully (Ethan Hawke), vidangeur de fosses septiques et futur père, est prêt à tout pour assurer l'avenir de son fils. Jasper (Seymour Cassel), modeste épicier, a une qualité primordiale aux yeux de la mafia pour qui il travaille contraint et forcé : il est sourd-muet. Parmie Tarzo (Vincent D'Onofrio, le « Baleine » de Full Metal Jacket de Stanley Kubrick), chef de la mafia locale, se verrait bien éliminer la concurrence. Tous trois vivent à Staten Island, sous l'ombre écrasante de Manhattan. Leurs chemins vont se croiser, a priori pour le pire...

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samedi, 20 juin 2009

Un Johnny peut en cacher un autre

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Titre énigmatique ? Les cinéphiles auront compris qu'il est question du dernier film de Johnnie To (une cinquantaine de films au compteur) avec notre Johnny Halliday national en tête d'affiche : Vengeance (Revenge). N'étant absolument pas fan du chanteur fatigué qui se prend pour un rocker mais complètement accro du cinéaste Hongkongais, je me suis empressé de découvrir la nouvelle réalisation d'un des maîtres du genre. Le scénario ? Johnnie To travail parfois sans, non sans succès, tant il est vrai que sa spécialité réside dans l'excellence de sa mise en scène dynamique et stylisée. Celui de Vengeance pourrait se résumer à son titre : « Après le massacre de sa famille (Sylvie Testud, son « mari » et ses « gosses »), un cuisinier français, ex-tueur à gages, Francis Costello (Johnny Halliday), engage trois hommes pour l'aider à se venger. Dans une ville qu'il ne connaît pas, il va tout faire pour s'organiser et retrouver le goût des armes. »

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lundi, 28 juillet 2008

Voir Rio et Mourir

Sorti mercredi dernier, La cité des hommesest la meilleure raison actuelle de se rendre au cinéma.

 

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Pourquoi ? Parce que Paulo Morelli, le réalisateur, clôt la série télévisée éponyme entamée il y a cinq ans par un film dont la puissance est héréditaire à la Cité de Dieu. Cité de Dieu.jpgLa cité de Dieu…rappelez-vous de ce chef d’œuvre brulant sorti en 2002 et réalisé par Fernando Mereilles (The Constant Gardener c’est lui) : le quotidien sordide des adolescents des favelas (bidonvilles brésiliens) de Rio de Janeiro y était relaté d’une façon réaliste, désespérante et surtout ultraviolente. En effet, malgré une interdiction aux moins de 16 ans, le film fit sensation et devint rapidement la référence du genre (on se souvient du plus ancien Pixote). Moins violent que son ainé, La cité des hommes n’en demeure pas moins captivant, sanglant, triste et surtout étouffant. C’est dans l’enfer aride d’une favela que nous suivons deux amis d’enfance, Laranjinha et Acerola, alors qu’ils viennent de fêter leurs 18 ans. Tous les deux sans pères, ils cherchent à combler leur vie tant bien que mal (élever un enfant quasiment seul, chercher un père disparu, vivre un amour impossible, etc.) en évitant la guerre des gangs qui ravage la cité. Ce ne sera pas facile sachant que l’un est le cousin d’un parrain et l’autre amoureux de la sœur du parrain rival…entre autres…car les difficultés dans ces enfers labyrinthiques que sont les favelas ne sont pas un moindre mot, mais le quotidien des habitants. Qui dévie des codes et normes de (sur)vie dans la cité oppressante s’expose à la mort.brlunci.jpg Morelli film de façon nerveuse, caméra à l’épaule, avec des acteurs non professionnels, tant et si bien que, par moments, on pense à un documentaire qui aurait mal tourné (sans mauvais jeu de mot…). Néanmoins la mise en scène fait la part belle aux couleurs délavées et jaunies, aux flash-back incessants, aux couchers de soleil sensuels sur la baie et aux flingues rutilants. Plus porté sur l’affect des deux héros que sur les luttes intestines des bandes rivales, les séquences de gun fight relèvent néanmoins d’un chaos frénétique et d’un stress sauvage vraiment sublimes. On a toujours du mal à respirer… L’un des rares moments de détente se trouvant au début du film lorsque les gangsters en herbe (on tue souvent très jeune) se détendent en allant piquer une tête au bord des plages paradisiaques de Rio (cliché touristique avec le carnaval). Le calme avant la tempête… Comme le dit Jean-Baptiste Thoret « à force d’essayer de survivre à la misère, certains préfèrent devenir rois d’une colline plutôt qu’esclaves du monde ». Une allégorie désespérante de tous les pauvres ?

 

Sylvain Métafiot