mardi, 18 juin 2013
Inéluctable fatuité

« Un homme épouvantable entre et se regarde dans la glace.
- Pourquoi vous regardez-vous au miroir, puisque vous ne pouvez vous y voir qu'avec déplaisir ?
L'homme épouvantable me répond : - Monsieur, d'après les immortels principes de 89, tous les hommes sont égaux en droits ; donc je possède le droit de me mirer ; avec plaisir ou déplaisir, cela ne regarde que ma conscience.
Au nom du bon sens, j'avais sans doute raison ; mais, au point de vue de la loi, il n'avait pas tort. »
Charles Baudelaire, « Le Miroir », Le Spleen de Paris
Sylvain Métafiot
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vendredi, 02 novembre 2012
Fuck !
« L'éclat de rire est la dernière ressource de la rage et du désespoir »
Victor Hugo, Faits et croyances
Sylvain Métafiot
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jeudi, 22 mars 2012
Transhumanisme, l'avènement inévitable et catastrophique d'un fantasme adolescent

Nous vivons une époque merveilleuse.
Le projet démiurgique de fabriquer de l'humain a quitté le domaine du mythe pour s'inscrire dans un horizon temporel. Dissimulé dans la fragmentation des savoirs, l'homme de demain se veut modifiable à l'envie, possède une durée de vie aussi allongée que son compte en banque le permet, et se lance de toutes forces dans une quête d'emprise toujours plus grande sur la nature et sur ses semblables.
Il ne s'agit pas de l'Übermensh nietzschéen, cet homme inaccessible vers lequel tendre sans relâche, parangon d'individualisme aux qualités morales toujours nouvelles et uniques. Non, ce que la science propose est une version abâtardie d'un Superman lobotomisé pour accueillir l'esprit de sa Némésis, Lex Lutor. Autrement dit, un être matériellement supérieur dès sa naissance, cherchant toujours plus de puissance par des moyens matériels, fier d'une morale prométhéenne, utilitariste et fanatique. Les nazis ne souhaitaient pas autre chose.
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dimanche, 08 janvier 2012
Un détour par Buenos Aires- carnet de voyage
Un détour par Buenos Aires- carnet de voyage
Entre des visites de producteurs équitables, la rédaction d’articles pour ma pause café, des reportages photos ou bien encore tout simplement mes cours à l’université Ricardo Palma à Lima, j’ai eu la chance d’aller passer les fêtes de fin d’années à Buenos Aires…
Ou plus exactement : " La Ciudad de La Santísima Trinidad y Puerto de Santa María del Buen Ayre" !
Rare furent les villes que j’ai pu visiter qui m’ont fait surgir un tel sentiment.
J’ai d’abord eu la chance d’aller faire un petit tour à Mendoza, pour vous la faire courte, Mendoza c’est la région d’Argentine qui produit les deux tiers du vin de ce pays, du vin rouge, en passant par le blanc, le liquoreux, ou bien encore le Champagne… Oui car l’Argentine est le seul pays au monde avec la France qui a le droit d’utiliser le terme « Champagne » !
La région autour de cette ville d’environ 1,5 millions d’habitants est idéale pour faire des ballades, du cheval, ou bien encore du rafting, et bien sûr découvrir leur route des vins à vélo (non sans difficulté tout de même après quelques verres) !
Mendoza et ses nombreuses vieilles voitures françaises
Nous avons ensuite embarqué dans un bus pour 16h de trajet, où j’ai pu dormir comme un loir, enfin, puisque la chaleur de la ville m’avait empêché d’avoir un vrai sommeil récupérateur !
C’est donc après une belle nuit de sommeil, que je me suis réveillé en longeant le port de Buenos Aires et découvrir par la même occasion la cinquième ville du Monde Intergalactique !
puerto Madero
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dimanche, 17 juillet 2011
Critique de Livre : Douglas Kennedy - La Femme du Ve
Mais voici que la mystérieuse et sensuelle Margit vient bouleverser sa vie en apparaissant lors d'une soirée mondaine.

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jeudi, 14 avril 2011
Apprendre (enfin) à gérer les personnalités difficiles - Livre
Apprendre à gérer les personnalités difficile : Enfin !
Aujourd’hui, nous allons vous donner un conseil qui pourrait bien nous valoir quelques remerciements et quelques « wahouu, Ma Pause Café vous êtes trop forts et trop géniaux ! Epousez-moi ! »
Et bien sachez que nous les accepterons avec plaisir mais que nous les repasseront également à la personne (et à son adorable petit chien, Jack pour les intimes) qui a pu me parler de ce livre et qui repassera ensuite vos « bravos » à la personne qui l’avait elle-même conseillée, et ce jusqu’à ne plus en finir !

Ce livre va tout vous apprendre, ou tout du moins vous aiguiller, sur le comportement à adopter et les réflexes à avoir en présence d’une personnalité difficile !
Mais vous allez me dire « c’est quoi une personnalité difficile ? »
Une personnalité difficile est une personne qui semble reproduire plusieurs fois le même comportement que l’on pourrait appeler de « pathologique » un comportement pour ainsi dire « primaire » : incontrôlable ou difficilement contrôlable. Et c’est là que ce livre devient intéressant. Ainsi François Lelord et Christophe André, respectivement psychiatres et psychothérapeutes de haute réputatio, nous éclairent sur les types de personnalités difficiles, (nous ne vous les citerons pas toutes, z’avez qu’à acheter le livre !). Il y a d’ailleurs de fortes chances que vous puissiez vous reconnaître à la fois dans des traits de ces personnalités voire dans une personnalité toute entière… Dans tous les cas vous en apprendrez davantage sur vous, sur vos proches ou sur la société en général. Vous avez été et serez toujours confrontés à des personnalités difficiles. Il y a même des « chances » que nous soyons des personnalités difficiles, soit au sens propre du terme ou bien face à d’autres personnalités difficiles.
C’est ce qu’on appelle un livre utile à tous, qui devrait certainement faire partie de la collection de tout un chacun, du moment qu’elle ne soit pas totalement « ermite » (et encore…) !
Je ne vous en dis pas plus car ce livre se partage réellement une fois lu. Sachez simplement que pour chaque personnalité vous pourrez en comprendre l’histoire, les raisons, les combinaisons avec les autres, les manières de s’y prendre, les choses à ne pas faire et enfin si vous vous sentez prêt à démarrer un travail sur vous-même… lire le livre en est déjà un (bien que fait avec passion).
Voici pour vous la quatrième de couverture qui, je l’espère, vous donnera envie de courir l’acheter, à moins que vous ne soyez déjà parti pour la libraire la plus proche… Quoi qu’il en soit la voilà :
« L’anxieux qui vous harcèle, le paranoïaque qui prend tout comme une offense, l’obsessionnel qui se perd dans les détails au détriment de l’essentiel, le narcissique qui tire la couverture à lui, le dépressif qui vous accable de son inertie, le « type A » pour qui rien ne va jamais assez vite : tous perturbent votre vie quotidienne, au travail, à la maison, en famille…
Deux psychiatres vous proposent de vous aider à mieux les comprendre pour mieux les gérer. »
« Le défilé est passionnant. L’ensemble à l’immense mérite de se lire comme un roman. » Le Nouvel Observateur
« Des conseils destinés à mieux supporter un entourage parfois difficile » Libération
« Comment rester en relation avec des névroses sans le devenir soi-même ? Des solutions simples. » Psychologie.
Rien d’autre à ajouter si ce n’est « bonne lecture » et venez nous donner votre avis si vous avez lu ce bouquin !
Petite mise en garde spéciale provenant de la personne m’ayant divulgué ce livre « Mieux vaut y être préparé un peu, et surtout ne pas penser que l’on a tout compris après ce livre, on ouvre simplement des portes avec… »
A très vite chers lecteurs, vous manquez déjà à l’équipe un peu trop dépendante de mapausecafé.net !
Didier Reynaud
PS : Mapausecafé ne perçoit aucun centime sur la vente de ce livre et ne connait pas ces deux psychiatres !
18:29 Publié dans Divers, Insolite | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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samedi, 19 mars 2011
La science-fiction c’est fantastique !

« Houla, non ! Pas la science-fiction. C’est que des histoires de soucoupes volantes pour ados attardés. Je préfère Le Monde de Narnia et son univers fantastique ». Après avoir légitimement traité votre interlocuteur de rabouin et lui avoir claqué le museau à grand coup de pelle, vous pourrez lui expliquer calmement que quitte à ne pas aimer, de bon droit, tel ou tel genre littéraire, d’avoir, au moins, la décence de ne pas les confondre tout en portant des jugements hâtifs à leur encontre. Vous pourrez ensuite enterrer vivant cet adorateur de Narnia avec ladite pelle car, tout de même, faut pas pousser...
Vous voulez en savoir plus ? Suivez le guide.
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samedi, 19 février 2011
De l’immortalité

Lançons-nous d’emblée dans le vif du sujet, dont le titre, d’un pompeux emprunté aux Lumières, vous à sans doute mis l’eau à la bouche (ou alors je n’y comprends rien à la psyché humaine).
Bref ! L’immortalité disais-je donc !
Depuis toujours, l’homme rêve d’être immortel ! Les religions ont d’ailleurs toutes capitalisées sur ce fantasme, que ce soit par la réincarnation, ou encore l’immortalité de l’âme - j’en passe et des meilleurs - afin de nous rassurer (et de nous manipuler, les deux étant complémentaires).
Mais voilà qu’un pavé atterrit dans la mare aux canards avec l’apparition, en 2002, d’un groupe scientifique appelé SENS (Stratégies for Engineered Negligibles Senescence) dont le projet n’est, ni plus ni moins « l’extension radicale de l’espérance de vie humaine », avec pour objectif ultime, son immortalité (du moins temporelle).
13:37 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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lundi, 13 septembre 2010
Echec et Mat !

Le joueur d’échec de Stefan Zweig est un classique de la littérature. Certainement l’œuvre la plus connue de l’écrivain autrichien (malgré la complexité des mises en abymes narratives), ce petit chef d’œuvre nous entraîne à bord d’une croisière un brin particulière. C’est en effet, sur le paquebot qui va de New-York à Buenos Aires qu’un inconnu va défier le champion du monde des échecs, le grand et arrogant Mirko Czentovic. Mais l’intérêt ne réside pas tant dans le duel tant attendu que dans l’histoire bouleversante de l’apprentissage des échecs par ce mystérieux inconnu, il y a de cela vingt ans. A la limite de la folie et de l’horreur, le récit dévoile petit à petit les lourds secrets des personnages, éclairant l’époque sombre de la parution du livre (les années 40) d’un témoignage lourd de conséquences.
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jeudi, 09 septembre 2010
La nostalgie, le sentiment le plus humain ?
« On ne peut jamais tourner une page de sa vie sans que s'y accroche une certaine nostalgie. »
[Eve Belisle]

Définie comme un mal du pays, ce sentiment nous est déjà tous arrivé, et nous arrivera encore. Pour ma part, je crois qu’avec le sentiment amoureux c’est un des sentiments les plus étranges de notre vie. Ce sentiment est une sorte de mélancolie mais aussi d’une idéalisation des souvenirs que l’on a laissé quelque part, ou à un moment donné (enfance, adolescence état adulte ou amoureux…).
Celle-ci vient du terme grec : νόστος (nostos) : le retour et άλγος (algos) : tristesse, douleur, souffrance – Et signifie le mal du pays, c’est peut être pour ça qu’on en souffre quand on revient quelque part ou qu’on y arrive.
C’est une espèce de tristesse heureuse ou comme le dirait le dictionnaire : « une jouissance qui est douloureuse ».
22:00 Publié dans Divers, Insolite | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mardi, 07 septembre 2010
Petite fable paradoxale

Piochée dans le dernier numéro de Philosophie magazine (septembre 2010). Auteur : Adrien Barton.
"Une conférence internationale rassemblant les meilleurs philosophes afin de débattre du sens de la vie est sur le point de commencer. Alors que le président ouvre la séance, un ange apparaît dans les airs et darde l'assemblée d'un regard hautain : "Je suis un envoyé de Dieu. Vous pouvez me poser une question, n'importe laquelle - mais une seule - et j'y donnerai une réponse exacte. Demain, à midi, je reviendrai et vous devrez avoir choisi votre question."Sur ces mots, l'ange disparait, laissant les philosophes surexcités se lancer dans des débats houleux.
"Fantastique ! Nous devons bien sûr demander quel est le sens de la vie, après tout c'est le sujet de notre conférence", propose le président. "Je pense que nous devrions plutôt demander pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien", rétorque un autre conférencier. Entre deux baîllements, un troisième hasarde : "A mon avis, il vaudrait mieux demander les numéros gagnants de loterie de la semaine prochaine..."
Après une longue nuit blanche passée entre thèses, antithèses et synthèses, les yeux cernés, les philosophes s'accordent enfin. L'ange réapparaît : "Alors, quelle est votre question pauvres mortels ?" Le président se lève : "Nous nous sommes mis d'accord pour vous demander ceci : "Quelle est la meilleure question que nous devrions-vous poser, et quelle est la réponse à cette question ?" " Mais enfin, il s'agit là de deux questions", rétorque l'ange courroucé. "Pas du tout, corrige le rusé président. Il s'agit là d'une seule et unique question, qui attend une unique réponse en deux parties. Les meilleurs spécialistes de philosophie du langage ici présents pourront vous le confirmer."
"Maudits humains, maugrée l'ange en réfléchissant. Très bien, j'ai la réponse à votre question. La réponse est... "La meilleure question est exactement celle que vous venez de me poser, et la réponse à cette question est celle que je viens de vous donner." Puis, lançant un dernier sourire condescendant à l'assemblée médusée, il disparaît dans un éclair lumineux.
Dans l'assemblée consternée, nul n'ose rien dire. Finalement, une voix traînante lance : "Je vous avais bien dit qu'on aurait dû demander les numéros gagnants de la prochaine loterie..."
Sylvain Métafiot
20:29 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mardi, 17 août 2010
La sociologie américaine

Elle s'est développée dans un contexte où la jeune société était en pleine expansion. D'un point de vue politique, il n'y a pas le même scepticisme qu'en France. Les sociologues adhèrent encore au projet fondateur de 1776. Il n'y a pas de déchirures entre penseurs comme en France.
La sociologie américaine est née dans un climat de confiance et d'optimisme reposant sur deux concepts :
- Le darwinisme social. Beaucoup d'intellectuels considèrent que la vie sociale repose sur des caractéristiques incontournables. La vie sociale manifeste la lutte pour l'existence, la concurrence pour la survie. Le développement de la société est le résultat des lois de la nature, de la sélection, de l'adaptation. C'est une vision concurrentielle entre les individus. Le problème social est le problème de la promotion des individus les plus aptes. Une société sera d'autant plus viable qu'elle sera capable de transmettre les expériences acquises aux générations montantes. On ne peut pas dissocier les dynamiques sociales des dynamiques naturelles des individus. Ces derniers poursuivent leurs intérêts. On doit arriver à la mise en place d'une concurrence positive entre les individus. Il y a une vision fonctionnelle de la société : la fonction de la civilisation est de satisfaire de mieux en mieux les besoins de ses membres. La sociologie est au service de la société. Elle doit l'améliorer, ainsi que les individus, valoriser l'intelligence et la capacité d'entreprise. La société est considérée comme l'ensemble des individus qui obéissent à des motivations d'ordre psychologique (intérêt personnel, vivre ensemble, se construire comme sujet moral). Le protestantisme est très influent dans cette théorie. Cette approche s'est construite en partenariat avec la psychologie. Elle est plus naturaliste et réductionniste qu'en France où on la rejette.

- Le pragmatisme. Cela renvoi à une tradition anti-dogmatique, tourné vers l'action. Cette approche est très critique à l'égard des grands systèmes théoriques et des conceptualisations. Les concepts ne sont intéressants que s'ils permettent d'augmenter nos connaissances concrètes. Il y a donc une méfiance de la théorie pour la théorie. Les idées ne sont que des instruments. Elles servent à découvrir des vérités, et leurs valeurs résident dans leurs applications concrètes. Le pragmatisme a une dimension utilitaire. William James estimait que le réel se défini par des faits d'expérience individuels et pluralistes et non par des idées. Le monde est un ensemble de visions et la théorie est un instrument qui permet d'atteindre des faits utiles. Est-ce qu'une idée apporte quelque chose à celui qui la pense ? Dewey estimait que le développement était l'unique but moral. Ce sont des conceptions très normatives avec l'idée que l'homme est responsable par son action et qu'il échappe au déterminisme des absolus (lois de la providence, lois de la nature).
C'est l'activisme et l'optimisme de la sociologie américaine.
A suivre…
Sylvain Métafiot
11:56 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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lundi, 09 août 2010
Propagateur d’idées : Ted.com !
Propagateur d’idées : Ted.com !
Ted est une association dévouée au partage des idées! Ted fut créé en 1984 par par Richard Saul Wurman et Harry Marques en tant qu’organisateur de conférenceS rapprochant et invitant des personnalités du monde entier, spécialement du monde de la technologie, de la science, des arts, du design, de l’économie, de la politique et encore bien d’autres.
L’événement est dirigé à présent par Chris Anderson fondateur d’une ONG «The Sapling Foundation» consacrée notamment à la puissance des idées pour changer le monde.
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mardi, 03 août 2010
Le sophisme du rat

Enoncé simplement, ce sophisme est on ne peut plus enfantin : « Rat » est composé de trois lettres. Le rat mange le fromage. Donc trois lettres mangent le fromage.
La forme latine de cette idiotie est plus convaincante car en latin les articles n’existent pas : la confusion entre le mot « rat » et l’animal était donc moins tirée par les cheveux. Evidemment, personne de sensé, semble-t-il, ne se laisserait prendre à un piège aussi grossier. Et pourtant, le sophisme du rat illustre une erreur très commune : la confusion entre l’ordre symbolique des mots et l’ordre réel des êtres et des choses. Exemple très simple : un lecteur de dictionnaire oublie (à condition qu’il l’ait su, ce qui n’a rien d’évident) qu’il lit des définitions, c’est-à-dire des traductions d’un mot en d’autres mots, et croit qu’il a affaire à des présentations de choses. Ce n’est pas l’animal réel qui est défini à l’article « onagre : âne sauvage », mais le mot « onagre » dont on propose l’équivalent lexical « âne sauvage ».
Sylvain Métafiot
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mercredi, 28 juillet 2010
De part et d'autre de l'Atlantique (VI)
Chapitre 6
Le vent en donnait l’impression mais il ne faisait pas froid, plutôt une moiteur angoissante dans une atmosphère électrique. Le ciel virait au gris de caractère et les nuages chargés étouffaient le rayonnement du soleil qui perçait encore pour frapper et relever les couleurs chaudes qu’offrait le quartier. L’orange de la façade de l’immeuble ici, le rouge du store de l’épicerie qui lui faisait face et le jaune teinté de la tulipe ouverte juste ici. Le reste dans la pénombre. Un clair obscur déphasant comme on le peint et l’écrit.
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samedi, 03 juillet 2010
Les petites phrases des philosophes

Qui n’a jamais essayé de briller en société, que ce soit lors d’un diner, dans un débat, entre amis ou en famille, en citant tel ou tel grand penseur des siècles passés ? Mais avant de citer Pascal, Camus ou Platon, mieux vaut savoir de quoi l’on parle. Ce qui est rarement le cas… Petit panorama des erreurs d’interprétation, contradictions, contre-sens et autre fourvoiements de la pensée de philosophes, dans lesquels la majorité d’entre nous se vautrent, sans parfois sans rendre compte…
« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien » Socrate
Le père des philosophes avouant son ignorance ? En quelque sorte… Avec ironie, il affirme que celui qui dit savoir ignore tandis que celui qui dit ignorer sait, car le premier ne sait même pas qu’il ignore tandis que le second sait au moins cela. Un beau paradoxe et une belle leçon d’humilité.
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vendredi, 18 juin 2010
De part et d'autre de l'Atlantique (V)
Chapitre 5
Au bout de quelques mois, je commençais à apprécier la vie londonienne. J’avais rencontré quelques personnes avec qui passer un peu de temps. Je vivais à présent dans un appartement bien situé en centre-ville. Madame O’Connell, la gardienne de mon immeuble, me faisait un grand sourire chaque fois que je rentrais chez moi. Nos échanges n’allaient pas au-delà, je ne comprenais pas un traitre mot de ce qu’elle me disait. Elle était partie de sa province irlandaise et avait emménagé à Londres dans les années 80. Je n’avais jamais eu la curiosité de lui demander la raison de son départ. Elle ne semblait pas parler beaucoup avec les Anglais, d’où son accent à couper au couteau.
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mercredi, 19 mai 2010
De part et d'autre de l'Atlantique (IV)
Chapitre 4
J'y étais, ma vieille valise à la main, celle que ma grand-mère avait si gentiment ressortie du grenier avant de rejoindre les ancêtres dans le caveau familial. La ville et ses immeubles se dressaient là, devant moi. En quelques minutes, mes espoirs s'étaient envolés. Une lourdeur vint se loger dans ma poitrine au point de me paralyser. Londres me regardait. J'entendais son rire narquois qui s'amplifiait. Je ne voyais plus que des jambes, des longues, des fines, portant des jeans ou des collants. Elles passaient toutes plus vite les unes que les autres, pas une ne s'arrêtait. Puis le noir.
Je me réveillai dans un endroit sombre, éclairé par une simple lampe à huile dont la mèche s'éteindrait surement peu après la levée du jour. L'homme assis à mes côtés dégageait une odeur acre et m'observait comme une bête curieuse.
- Oh toi, ça ne va pas ! Tu veux une clope ?
J'attendis un instant que son halène fétide cesse de me tourner la tête pour lui prendre la dernière cigarette de son paquet de Marlboro.
Nous nous sommes quitté sans même avoir échangé plus de mots. Je ne l'ai pas revu. Je m'en moquais. J'aime ces gens qui ne te posent pas de question, qui ne te demandent pas d'où tu viens et surtout où tu vas.
Où j'allais ? Moi-même je n'en avais pas la moindre idée. Je ne savais plus ce que j'étais venu chercher dans cette capitale britannique. Autour de moi les gens marchaient vite, couraient presque pour sauter dans le métro. Je les retrouvais. Toujours ces mêmes hommes et femmes, si beaux, si actifs, si pressés d'accomplir leur devoir quotidien.
Après de longues pérégrinations dans le centre de Londres, je m'attablai dans un café à l'enseigne défraichie. Deux hommes seulement étaient entrain de jouer aux échecs. Ils avaient l'allure typique des joueurs de poker qui passent leurs nuits autour de la table à espérer empocher des liasses de billets qui leur permettraient d'offrir un beau collier à leur épouse qui les attendait patiemment à la maison. Je commandai un sandwich au jambon et une Guinness, puis pris le journal posé sur la chaise voisine.
Avec les quelques livres que j'avais en poche, je pu me payer une chambre d'hôtel le temps de trouver un endroit où m'installer. Finalement c'était peut-être simplement parce que je n'avais pas le courage de repartir. J'approchais maintenant de la trentaine. Mes parents avaient cessé de me parler tout pendant que je ne trouvais pas de femme avec qui me marier et fonder cette charmante petite famille qu'on attendait.
Mes amis eux étaient tous de beaux parents, attentionnés et occupés par la vie familiale et ne trouvaient plus intéressant de fréquenter un trentenaire célibataire, fumeur et buveur de bière. Je ne voulais pas de leur vie aseptisée, maîtrisée, programmée. Je n'hésitais pas à répondre par la négative lorsqu'on me demandait si j'avais une petite amie. Je n'étais pas bien fier, peut-être envieux parfois.
Allongé sur mon lit, le regard dirigé vers le plafond tel un adolescent rêveur voulant s'isoler de tout ce qui l'entoure. Je pensais à Rosie. Je pensais à ses petites fesses rondement serrées dans son jean. Je voyais sa poitrine s'avancer lentement vers moi. Mon sexe se dressait sous les draps. Ce n'était pas désagréable. C'était tout. Rosie ne viendrait pas, je ne toucherais pas son corps, je ne caresserais pas ses seins, je ne baiserais pas ses lèvres.
Elsa Massart
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mercredi, 28 avril 2010
De part et d'autre de l'Atlantique (III)
Chapitre 3
Outrepassant ma volonté, j'ai ouvert les yeux. Faisant fi des rideaux d'une moitié amoncelés et de l'autre brutalement étendue, la lumière pénétrait le salon, bondissait des murs aux vases, des vases au plafond, puis vers la télévision ; du plafond vers les CD' retournés, de la télévision vers le pied de la lampe et ainsi de suite jusqu'à former, dans une toile instantanée de rayons parcourant le salon aussi vite que l'espace, un nuage d'intensité exogène s'incrustant entre les paupières, pour tirailler le nerf optique puis tous les autres jusqu'au réveil aussi difficile soit-il.
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lundi, 05 avril 2010
De part et d'autre de l'Atlantique (II)
Chapitre 2
Je vis dans un appartement sur la Cooper Street. En ces lieux et depuis leur construction du début des années cinquante, la modernité ne transpire plus et tout contrôle de sécurité ménagère dument diligenté aurait contraint tout occupant de cet immeuble, eut égard à son statut dans le règne capitaliste immobilier, à fuir en catastrophe devant les décrets de rénovation inévitablement onéreux ou un fatal verdict de démolition irrévocable.
La fiche-suivi de cette résidence devait s'être égarée dans les réseaux de classification de l'agence de prévention des risques en logement collectif de l'État de Pennsylvanie. Depuis lors, chacune des stratégies d'amélioration esthétique des couches superficielles de chacun des appartements - et conséquemment du miens - participaient à s'isoler de l'univers des vermines électriques et autres infections tubulaires, laissant les lions propriétaires et autres hirondelles précaires dans une ignorance relative, source de quiétude imparfaite acceptable jusqu'au lendemain mais redoutable demain.
Rapide topographie. L'entrée de ce trois pièces ce fait par la principale, le salon. Ameublement standard, sofa de couleur beige au centre ; dernière le bureau et son enchevêtrement organisé ; devant, une table basse et brune ; autour, trois autres fauteuils, quelques plantes, des livres sur les étagères de bois naturel et quelques autres éparses, sur le ces mêmes sofa et table basse. Une télévision, discrète dans l'un de coins rendue incapable de se relier au câble et simplement résolue à aspirer des VHS ou autre DVD pour nous en incruster la rétine de scènes classiques ou cracher, sans grande responsabilité de sa part, quelques un des navets ignominieusement produits. C'est selon la sélection.
Sur les murs quelques reproductions, en deçà de l'une d'entre elles une chaine stéréo et sur celle-ci, quelques CDs dont l'écoute m'est conseillée par William, plus qu'un simple disquaire mais pas suffisamment un ami.
L'autre demie partie de l'appartement est occupée par la chambre - description inutile - de là, accessible sur la gauche et, au fond toujours sur la gauche, par la cuisine, éclairée comme le salon, blanche, petite table de bois en bordure de fenêtre, trois chaises dans la même veine, les deux mastodontes électroménagers installés une fois et comme inamovibles.
Les murs de briques peinturlurés de blanc, façon rapide, intemporelle, économique et passe-partout - surtout de locataire en locataire - étaient perforés de fenêtres à guillotines. Les deux du salon comme celle de la cuisine donnaient sur la Dead end Davis partagée avec l'ancien centre de dépôt de pneu de camion pour le marché nord-est américain et son mur de briques naturellement rouges à l'extérieur mais salies par les temps industriels et le désintérêt de ses contemporains. Au dessus, le ciel aujourd'hui supportable ; à gauche et de mieux en mieux avec l'extraction du buste par la fenêtre, la Cooper Street ; juste ici, à droite, l'escalier inusité de fer rouillé qui, de réputation, mène jusqu'au toit.
Bertrand Colin
09:22 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : de part et d'autre de l'atlantique, chapitre 2, cooper street, capitaliste immobilier, pennsylvanie, appartements, bertrand colin |
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