samedi, 06 mars 2010

Le paradigme de Michigan

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Alors que la campagne pour les élections régionales bat son plein (rires), voici une théorie, parmi d'autres, du comportement des électeurs.

 

A travers l'ouvrage The American Voter, les chercheurs de l'université de Michigan développent la théorie de l'électeur rationnel en s'appuyant sur des enquêtes nationales aux Etats-Unis, réalisées la veille et le lendemain de chaque élection présidentielle de 1948 à 1956, où l'on interroge environ 2000 individus représentatifs des électeurs. Ils mettent en avant la psychologie individuelle et les perceptions politiques de ces derniers pour expliquer la signification de leurs votes.

 

De fait, ce que l'on appellera le paradigme de Michigan se développe sur la base de deux facteurs : l'identification partisane et le contexte électoral.

 

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dimanche, 31 janvier 2010

Le paradoxe de l’autoréférence : c’est celui qui dit qui n’y est pas

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On se souvient de l'insupportable menteur qui ne ment pas dans la mesure où il ment et qui ment dans la mesure où il ne ment pas. Le paradoxe de Grelling est comme le menteur un paradoxe de l'autoréférence issu du fait qu'un énoncé, parce que situé sur deux plans, se contredit lui-même.

 

Grelling divise les adjectifs en autologiques et en hétérologiques. Les adjectifs autologiques possèdent eux-mêmes la propriété qu'ils décrivent. Ainsi, « bref » est bref, « pentasyllabique » a cinq syllabes. En revanche, « long » n'est pas long, « bisyllabique » n'a pas deux syllabes. Ils sont hétérologiques.

 

Maintenant, on se pose la question de savoir si « hétérologique » est autologique ou hétérologique. Si « hétérologique » est hétérologique, alors il est autologique puisqu'il possède la propriété qu'il décrit, mais si « hétérologique » est autologique, alors il est hétérologique puisqu'il ne possède pas la propriété qu'il décrit. « Hétérologique » est autologique dans la mesure où il est hétérologique et hétérologique dans la mesure où il est autologique.

 

J'ai la tête qui tourne...

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Sylvain Métafiot

 

vendredi, 25 décembre 2009

L'humour

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« L'intelligence sans humour est difficilement de la vraie intelligence. » Etienne Chatilliez

 

En effet, l'humour est une forme d'intelligence sinon comment faire un trait d'esprit humoristique sans réflexion ? Comment faire rire sans réfléchir à comment le faire ? Si on veut provoquer le rire chez quelqu'un, il faut prendre plusieurs paramètres en compte, notamment, les caractéristiques de la personne avec qui l'on blague. Afin d'être efficace, il faut plaisanter sur des sujets connus par la personne qui nous écoute et surtout sur des sujets qui ne sont pas sensibles pour la personne...car comme le dirait Pierre Desproges : « on peut rire de tout mais pas avec tout le monde ». Cependant, l'humour a le pouvoir de tout tourner en dérision, ainsi il nous laisse une grande liberté et n'est-ce pas ça la force de l'humour ? Finalement, l'humour est la chose qui demande le plus d'exigence en ce monde car pour rire de tout il faut être capable d'une grande intelligence, d'une grande culture, d'une grande ouverture d'esprit et d'un détachement absolu vis-à-vis de toute chose et de soi-même. De fait, la plus grande force de l'humour réside dans le fait qu'il peut s'employer sous diverses formes, dans diverses situations et dans des buts bien distincts...

 

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vendredi, 13 novembre 2009

La confiance

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"La sincérité est une ouverture de cœur. On la trouve en fort peu de gens, et celle que l'on voit d'ordinaire n'est qu'une fine dissimulation pour attirer la confiance des autres..." La Rochefoucauld

 

En effet, la confiance n'est qu'une utopie pour les naïfs, dans le monde dans lequel on vit, il est impossible de faire confiance à qui que ce soit. Chaque secret confié est une arme que l'on peut retourner contre nous, au final, la seule chose dans laquelle on peut avoir confiance c'est l'amour propre comme le disait La Rochefoucauld : « Un seul amour fidèle, l'amour propre »


Malheureusement, plus on fait confiance et plus on est déçu. On accorde sa confiance car on se sent bien avec une personne pour finalement découvrir qu'elle se sert de nous et de nos secrets...Cette personne est à tout moment capable de le répéter, ce secret devient ainsi une arme contre laquelle on ne peut rien et qui nous laisse désarmer, sans défense, vulnérable et faible...

 

"Pauvre. Individu qui avait mis sa confiance dans le soutien de ses amis."
Ambroise Bierce


On dit toujours que la confiance se gagne, pourquoi devrait-elle se gagner ? Parce que justement elle est dure à donner. Si on la donne trop rapidement sans bien choisir la personne, on est bien vite déçu...et en même temps pourquoi devrait-on la gagner ? Ce n'est pas un duel ni une compétition...car si on gagne, quelqu'un perd or que perd-on à faire confiance ? Si ce n'est un secret... Au final on ne sait plus si on doit se confier et surtout à qui ? Plutôt que de dire que la confiance se gagne, je pense qu'il faudrait dire qu'elle se mérite mais comment mériter la confiance de quelqu'un ? En lui rendant service, en étant présent dans des moments difficiles, en l'aidant à surmonter ses peines...ce sont des possibilités mais au final, les gens peuvent aider dans l'espoir de recevoir une contrepartie...c'est un cercle sans fin...

 

"L'expérience prouve que celui qui n'a jamais confiance en personne ne sera jamais déçu."
Léonard De Vinci


Malheureusement, on pourra toujours trouver des arguments contre le fait de faire confiance à quelqu'un alors que les arguments pour faire confiance sont moins nombreux...

 

Au final, la confiance n'est qu'une chimère à laquelle on se raccroche car elle est nécessaire pour avancer dans la vie mais on se rend compte que plus on la donne et plus la chute est rude...


"Se tromper et devoir cependant accorder sa confiance à son être intérieur, c'est cela un homme" Gottfried Benn


Jérémy Engler

 

dimanche, 18 octobre 2009

L’expérience de Milgram

 

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C'est aujourd'hui une belle journée : vous vous êtes porté volontaire pour participer à une expérience de psychologie bien rémunérée. Dans les locaux de l'université, un scientifique vous reçoit ainsi qu'un autre volontaire. Il vous explique qu'il étudie l'effet de la punition sur la mémorisation. L'un de vous deux jouera le rôle d'un « élève », qui devra mémoriser des séries de lettres. L'autre jouera le rôle de l' « enseignant » : il lira les mots que doit mémoriser l'élève et administrera grâce à une série de manettes des chocs électriques d'intensité croissante à l'élève s'il se trompe en les restituant. Vous tirez vos rôles à pile ou face ; le sort vous attribue le rôle de l'enseignant. L'élève est attaché à la chaise, et l'expérience commence. Il mémorise d'abord assez bien les mots que vous lui lisez. Mais il commet une première erreur : vous lui administrez un léger choc électrique. Visiblement la punition fonctionne et il se concentre à nouveau. Il se trompe cependant encore une fois : sur les ordres du professeur, vous lui administrez un choc un peu plus violent. Le cobaye semble soucieux. Stressé, il accumule les erreurs. A chaque fois, le scientifique vous enjoint d'administrer un choc plus important ; jusqu'au point où votre collègue, hurlant de douleur, vous supplie d'arrêter. Le professeur, inflexible, vous ordonne de continuer. Vous arrivez à la dose maximale - les mots « attention choc dangereux » sont inscrits près de la manette correspondante. Votre collègue, sanglotant et à moitié assommé par les chocs, refuse de répondre depuis quelques temps. Le scientifique vous ordonne d'administrer le choc maximal. Naturellement, vous refusez. « Vous n'avez pas le choix : vous devez continuer », vous répond-t-il. Que faites-vous ? Par pitié pour le cobaye, vous désobéissez au scientifique et arrêtez ? Ou bien vous suivez les ordres ?

 

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samedi, 10 octobre 2009

L’emboîtement des différents ordres de réalité

 Auguste Comte utilisait déjà le terme de sociologie en tant que science sociale. Elle désignait à la fois l'ethnologie, l'économie, l'anthropologie et la science politique. Cette sociologie était une physique sociale appliquée à l'analyse des phénomènes sociaux (elle devait avoir la même visée normative que la physique). C'était aussi une science philosophique car elle devait rendre compte dans sa totalité de l'esprit humain. Elle devait aboutir à systématiser l'ensemble des sciences et des institutions. Elle intègre et coiffe donc l'ensemble des connaissances. L'objet des sciences sociales est le plus complexe de tous car il renvoi aux faits et gestes d'une multitude d'agents et il concerne un nombre gigantesque de variables. La sociologie arrive en dernier car elle correspond à l'aboutissement de l'esprit humain.

 

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Auguste Comte distingue trois âges :

  • - L'âge théologique. On explique tout par la volonté divine.
  • - L'âge métaphysique (XVIIe et XVIIIe siècle). C'est l'époque de la construction des grands systèmes (voire Hegel).
  • - L'âge positif. La raison s'émancipe, l'homme se pose des questions. C'est le grand moment des philosophes des lumières.

 

La sociologie d'Auguste Comte est distincte des autres sciences mais aussi très solidaire. Il a une vision intégrée de la connaissance et des sciences. Les objets étudiés par les sciences sociales sont solidaires des phénomènes organiques et inorganiques. Les système sociologiques sont naturels si on considère l'origine des sociétés : les sociétés sont des données naturelles, il ne peut y avoir de sujet humain isolé car il doit vivre en communauté, s'assembler avec ses semblables, c'est la seule façon de survivre et de se construire comme être humain.

 

Les positivistes sont critiques vis-à-vis des théories contractualistes (selon Rousseau nous acceptons de perdre une partie de notre liberté en échange de la protection du groupe). Ils estiment que c'est naturel de vivre en société. Ils rejettent aussi la théorie utilitariste du coût-bénéfice.

 

Pour eux, l'individu est une abstraction. Seule la société est concrète et l'humanité est une réalité vivante. Ils accordent une place primordiale        au groupe. L'humanité semble être l'objet d'un culte chez eux : elle est considéré comme un être vivant, organique, qui a sa propre constitution. C'est un collectif qui a des propriétés spécifiques. L'objet de la sociologie est de dégager ces propriétés structurelles.

Les positivistes ont une vision organiciste : la famille, la religion, la propriété, le langage, l'autorité sont des organes, car la société est un organisme vivant même si elle possède des variables historiques. Donc, étudier le milieu social suppose que l'on connaisse déjà le milieu physique et organique. La connaissance du social passe par la compréhension des lois biologiques.

Les faits sociaux se produisent dans une réalité biologique déterminé et on ne peut pas extraire les sciences sociales des autres sciences. Il faut donc découvrir les lois qui s'appliquent à un ordre de réalité (au sens biologique et matériel du terme). Les différents ordres de réalité ne sont l'expression que d'une même nature. Les sciences sociales sont tributaires des mutations épistémologiques des autres sciences.

La sociologie se transforme en même temps et grâce aux sciences de la nature. De fait, elle doit intégrer des paradigmes des autres sciences. Elle doit s'inscrire dans le verbalisme et la biologie. Elle doit prendre en compte le paradigme évolutionniste : les organismes sont soumis à l'évolution de leurs environnements. L'histoire de l'humanité est un processus continu d'évolution ou d'adaptation évolutive (exemple de l'idée de lutte des classes). La sociologie doit donc s'inspirer des méthodes des autres sciences.

 

A suivre...

 

Sylvain Métafiot

jeudi, 01 octobre 2009

De la joie et du réel, et de quelques autres mots

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Etant donné que je suis débordé et que je n'ai rien d'autre à publier pour le moment, je vous propose un (long) entretien entre le philosophe Clément Rosset et le poète, dramaturge et romancier Jean-Louis Maunoury. En espérant que certains soient intéressés par la pensée, méconnue et difficile, de ce philosophe exceptionnel.

 

Jean-Louis Maunoury : Si vous parlez essentiellement de la joie dans votre livre La Force Majeure, vous employez aussi les mots d'allégresse, de gaieté... Quelle différence faites-vous entre ces mots ?

 

La joie et l'allégresse ne dépendent pas de l'occasion


Clément Rosset : Je me demande si vous posez la question au philosophe ou à l'écrivain. En tant que philosophe, je vous avoue que je ne dissocie pas entre allégresse, gaieté, joie et que tous ces mots conviennent à ce dont j'ai voulu parler dans le livre auquel vous faites allusion. Mais un philosophe est aussi un écrivain et du point de vue de l'écriture, je ferais forcément des nuances. Peut-être moins entre allégresse et joie qu'entre allégresse et gaieté. « Gaieté » nous indique des nuances inanalysables, impalpables. Mais de prime abord, « gaieté » me semble impliquer quelque chose de plus soudain, peut-être de plus léger, quelque chose comme du champagne et peut-être plus tributaire de l'humeur, quelque chose qui est changeant comme l'humeur (on est gai ou on n'est pas gai) alors que l'allégresse ou la joie implique quelque chose de plus stable, plus durable même si cela disparaît complètement certaines heures ou certains jours mais quelque chose qui revient toujours comme une basse continue en musique. La gaieté me semble plus tributaire de l'occasion alors que la joie et l'allégresse ne dépendent pas de l'occasion. Et non seulement elles ne dépendent pas de l'occasion mais elles peuvent très bien intervenir contre l'occasion un peu à la manière des leitmotive dans Wagner qui quelquefois contredisent et non pas soulignent ce qu'était en train de dire le chanteur sur la scène. Il arrive souvent qu'on ait des explosions internes de joie, cette joie ou cette allégresse que je dis pérennes alors que l'occasion est absolument mauvaise et semble plutôt devoir incliner à la tristesse ou à la mélancolie. La joie est si souvent peu en accord avec l'occasion que je pourrais avoir comme devise ce que dit Joffre et qui est à peu près : « Ma droite est enfoncée, ma gauche est en déroute, mon centre cède, tout va bien, j'attaque ! »

 

Dans Nietzsche, dans Montaigne, dans Pascal il y a des remarques très pénétrantes sur le fait que la joie est indépendante de toute occasion de réjouissance et je pense à un mot de Pascal où il dit en gros : « J'ai mes brouillards et mon beau temps en dedans de moi. Ma fortune qu'elle soit mauvaise ou qu'elle soit bonne y fait peu. »

 

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dimanche, 27 septembre 2009

Welcome to Mad World

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Après l'article sur l'événement GTA IV, voici le deuxième article vidéoludique du blog. Il s'avère que le plat du jour est particulièrement alléchant : des massacres en tout genre sous des torrents d'hémoglobine et ce, pour notre plus grand plaisir sadique. Voilà le programme de Mad World sur Wii, le dernier bijou des petits gars de Platinum Games (créateurs de Bayonetta et d'Infinite Space). Que les adeptes de « Familles de France » et autre coincés du cul tournent la tête ou se rendent directement sur les commentaires pour aboyer contre cette dépravation des bonnes mœurs, cette immoralité satanique, cette barbarie pixélisée. Cela leur évitera de réfléchir... Que les curieux (gamers ou non) et les non réfractaires à la violence représentée suivent le guide.

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lundi, 10 août 2009

Interview du futur

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Nous sommes en 2050, vous pensez que cette année est encore loin devant nous ? pas totalement…

Ma pause café a pu rencontrer un homme du futur, James, qui nous a fait l’honneur de nous accorder une petite interview.

Merci à James pour nous avoir permis de voyager un peu avec lui.

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dimanche, 02 août 2009

Le sophisme des questions multiples

socrate3_thumbnail.jpgCe sophisme consiste à présenter sous la forme d'une question unique plusieurs questions, si bien que répondre à cette question, c'est donner implicitement à son corps défendant une réponse positive aux autres questions sous-jacentes.

 

Le sophisme des questions multiples a été inventé par les Mégariques dans l'Antiquité grecque. Le plus célèbre est : « Avez-vous cessé de battre votre père ? » Si l'on répond oui à cette question, on admet implicitement que l'on battait son père. Si bien que celui qui n'a jamais battu son père ne peut répondre (ni par oui ni par non) à cette question. Ce sophisme est une question biaisée.

 

L'usage en est si commun - quoique de forme moins apparente, plus subtile - que l'on peut se demander si ce sophisme n'est pas l'habitude des sondages d'opinion. Demander, par exemple, si tel ministre semble sympathique, c'est déjà supposer, si l'on accepte d'y répondre, que la question a un sens (quelle importance cela peut-il avoir, qu'un ministre soit « sympathique » ou « antipathique »). Un peu comme si l'on demandait s'il joue de la bonne musique, alors même qu'il ne joue pas dut tout de musique. Demander encore lequel de ces cinq ministres ferait le meilleur Président, c'est admettre comme plausible que chacun des cinq peut le devenir...

 

Sylvain Métafiot

jeudi, 23 juillet 2009

Le totalitarisme au concret

Politiques du logement en RDA

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Attardons-nous un peu sur cette thèse ardue (désolé pour les néophytes) de Jay Rowell, chercheur au CNRS et membre du Groupe de sociologie politique européenne à Strasbourg. Ses travaux portent en général sur la sociologie de l'Etat communiste et l'histoire urbaine en Europe. Le présent ouvrage (cf. le titre de l'article) traite donc du régime politique de la RDA à travers la socio-histoire des instruments de domination bureaucratique et notamment des politiques du logement.

 

Depuis 1989, l'historiographie du système politique de la RDA a été marquée par un retour en force du paradigme totalitaire qui a placé le parti, l'appareil policier et l'idéologie au cœur de l'analyse. Cette lecture de la RDA comme un système dominé de manière absolue par le parti ne peut que reproduire, bien qu'à partir d'autres prémisses théoriques et normatives, les formes d'objectivation que le système produisait sur lui-même. Or, il semble que cette conception d'une domination « déjà-là », reposant in fine sur la contrainte physique, ne permet pas d'appréhender d'autres dimensions de l'histoire  politique et sociale plus « quotidiennes ».

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lundi, 01 juin 2009

Mentalité ou idéologie ?

Geiger.jpgDans son étude sur les régimes autoritaires et les systèmes totalitaires le sociologue Allemand Théodor Geiger (1932) établie une distinction entre mentalité et idéologie, que reprend le politologue Juan Linz. Pour Geiger, les idéologies sont des systèmes de pensée plus ou moins élaborés et organisés, souvent sous forme écrite, par des intellectuels et pseudo-intellectuels ou du moins avec leur aide. Les mentalités sont des manières de penser et de sentir, plus émotionnelles que rationnelles, qui déterminent des façons non codifiées de réagir aux situations qui se présentent.

 

La mentalité est un Subjektiver Geist (un esprit subjectif) même lorsqu'elle est collective, alors que l'idéologie est un Objektiver Geist (un esprit objectif). La mentalité est une attitude intellectuelle, tandis que l'idéologie renvoie à un contenu intellectuel. La mentalité est une prédisposition psychologique, l'idéologie une réflexion, une auto-interprétation. La mentalité est ce qui précède, l'idéologie ce qui vient après. Contrairement à l'idéologie, elle est sans forme et fluctuante. L'idéologie est un concept de la sociologie de la culture, celui de mentalité est issu de l'étude du caractère social. Les idéologies disposent d'une importante dimension utopique alors que les mentalités sont plus proches du présent ou du passé. Finalement, fondés qu'ils sont sur des éléments fixes, déterminant un affect important et une structure cognitive fermée dotée d'un fort pouvoir de contrainte en vue de la mobilisation et de la manipulation des masses, les systèmes de croyances idéologiques sont, pour leur part, symptomatique des totalitarismes.


A méditer lorsqu'on entend, à tort et à travers, ses notions dans la bouche des militants politiques, des professionnels politiques eux-mêmes, des journalistes ou du simple quidam croyant avoir réponse à tout. Et cette certitude : plus on progresse dans l'analyse  scientifique moins on trouve de synonymes.

 

Sylvain Métafiot

 

lundi, 11 mai 2009

« Il n'est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à l'égratignure de mon doigt »

Cette phrase est celle du philosophe David Hume. Elle est décryptée par François Lamoureux (Philosophie Magazine n°7) : « Pour le penseur écossais, la raison n'a aucun pouvoir sur nos passions, notamment sur l'égoïsme. Au risque de nous mener au chaos.

 

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« Enfin un philosophe ­sincère », murmureront certains. Il fallait de la jeunesse et un peu de folie pour oser faire une telle déclaration d'amour à l'égoïsme. Du haut de ses 26 ans, en plein siècle des Lumières, l'Écossais David Hume n'a pas hésité. Est-ce par goût du paradoxe qu'il fait mine, dans son Traité de la nature humaine, de cautionner un individualisme porté à l'extrême, qu'il prétend préférer la destruction universelle à un léger ­désagrément ? Ou bien ­exprime-t-il cyniquement le sentiment de celui qui cherche en lui-même une raison d'agir vertueusement... et n'en trouve ­finalement aucune ? Quel soulagement alors de voir rompue la longue chaîne des philosophes sévères et ­moralisateurs !

Si la raison elle-même nous engage à faire primer notre plaisir sur tout autre motif, nulle autre instance, a fortiori, ne saurait désormais nous reprocher d'agir au mépris de la morale. Vice et vertu n'ont plus à être distingués, et nous sommes libérés des pesanteurs du devoir. Le philosophe semble même aller plus loin : « La raison, affirme-t-il dans la suite de l'ouvrage, est et ne doit qu'être ­l'esclave des passions. » David Hume annoncerait l'anti-humanisme d'un ­Dostoïevski : « Que s'écroule l'univers pourvu que je boive toujours mon thé », affirmait le narrateur des ­Carnets du sous-sol.

 

En réalité, même si Hume ­exprimera tout au long de sa vie les opinions les plus provocantes sur la religion, le suicide, l'identité personnelle ou les principes de la connaissance, au point de réveiller Kant de son sommeil dogmatique, cette formule ressortit davantage au constat qu'à l'incitation pousse-au-crime. Ouf ! Reste qu'elle ne perd rien de sa radicalité. Depuis ses origines, la philosophie confie à la raison la mission d'édicter les valeurs morales et de les faire respecter contre nos passions égoïstes. On suppose donc que la raison puisse influer sur nos passions. Or c'est précisément ce que conteste Hume. La raison n'est pas égoïste, elle n'a tout simplement aucun pouvoir sur la morale. Elle doit comprendre qu'elle est totalement impuissante à diriger ou même à régler notre conduite et nos passions. Son domaine d'intervention est le vrai et le faux, pas le bien et le mal. Le problème est d'imaginer une vie en communauté possible si chacun suit librement ses passions. Ce serait oublier que, si la raison ne peut s'opposer aux passions, une autre passion le peut. Pour nous qui sommes caractérisés à l'origine par l'amour de soi et une « générosité limitée » à nos proches, le rôle de l'art politique est de faire servir nos passions à la communauté. On peut donc envisager une vie à peu près harmonieuse avec ses semblables sans intervention directe de la raison sur les passions.

 

Certains scientifiques contemporains semblent avancer dans le sillage de Hume. Dans Le Gène ­égoïste, le sociobiologiste Richard Dawkins suggère que les gènes utilisent les individus dans le cadre d'une lutte pour la reproduction et la sélection naturelle. Les comportements égoïstes, que le philosophe écossais considérait comme irréductibles dans la nature humaine, se retrouveraient aussi au niveau cellulaire ! Il ne serait pas contraire à la rationalité naturelle de préférer la destruction du génome humain à l'égratignure d'un de mes acides aminés. Décidément, Hume demeure un penseur dangereux. »

 

A Noter que vous pouvez retrouver David Hume sur France Culture en téléchargeant ou écoutant l'émission Les nouveaux chemins de la connaissance, présenté par Raphaël Enthoven : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture/emissi...

 

Sylvain Métafiot

mardi, 21 avril 2009

Otto Von Bismarck, Le fondateur du nationalisme allemand

 

A priori, rien ne disposait Otto Von Bismarck (1818-1898), issu d'une famille de junkers (hobereaux prussiens) fondamentalement hostiles aux idées de la Révolution française, à devenir l'accoucheur de l'idée nationale allemande. C'est pourtant bien Bismarck, nommé Premier ministre de la Prusse en 1862, qui proclame l'unification de l'Allemagne en 1871 dans la galerie des Glaces à Versailles, alors que les armées prussiennes assiègent Paris.

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Une fois l'unité de l'Allemagne réalisée, Bismarck, chancelier du Reich de 1871 à 1890, revient sagement à la bonne vieille diplomatie monarchique, celle de l'équilibre européen. La nouvelle Allemagne ne doit pas faire peur, elle doit se montrer satisfaite et exempte de toute revendication. Bismarck se veut un « honnête courtier » apaisant les querelles entre puissances européennes. Mais le « ver » national ronge l'Europe. Bismarck abandonne le pouvoir en 1890. L'empereur Guillaume II (1859-1941), assoiffé de grandeur, préfère les rêves nationalistes allemands à la prudence bismarckienne. L'engrenage est en marche, conduisant aux deux guerres mondiales et à l'anéantissement de l'Allemagne en 1945. En 1947, la Prusse, qui a plus ou moins survécu dans l'Allemagne unifiée, est dissoute par les quatre vainqueurs du conflit. La Prusse, décrétée cause de toutes les dérives allemandes (nationalisme, autoritarisme, militarisme) doit disparaître. En fait, le délire allemand a des origines multiples et complexes ; son incarnation extrême, Adolf Hitler (1889-1945), naît autrichien et trouve son ancrage allemand en Bavière.

 

Sylvain Métafiot

 

mercredi, 08 avril 2009

La Peine de Mort en débat

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Après une discussion que j'ai eu de nouveau avec des gens de ma génération, j'ai décidé d'écrire un petit article sur la Peine de Mort.

Le dialogue que j'ai pu avoir hier soir, je l'ai déjà malheureusement eu avec d'autres personnes et pas que des jeunes.

Et parce qu'il me parait essentiel que tout le monde sache pourquoi la peine de mort doit être abolie partout au monde je vais reciter plusieurs arguments contre, et enfin je vous parlerai de quelque chose qui m'a interpellé durant le débat d'hier au soir...

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vendredi, 27 mars 2009

Le dépassement des humanités

Pour comprendre ce qu'on entend par humanité voire l'article suivant : Les sciences sociales selon Foucault. Comment ce dépassement s'est-il opéré ? En voila une question qu'elle bonne ma p'tite dame !

 

On va dépasser les humanités à la fin du XIXe siècle. Les sciences sociales naissantes ne vont plus s'appuyer sur des valeurs, des idéaux, des opinions et de spéculations. On cherche à se débarrasser de la spéculation Hégélienne. Ce dernier avait un idéal intellectuel très ambitieux : déterminer la signification du devenir humain. Il développa une philosophie de l'histoire pour en comprendre le sens et anticiper le devenir historique. Selon Raymond Aron (La philosophie critique de l'histoire), Hegel voulait comprendre le sens ultime des évolutions des cultures et sociétés humaines. Au XIXe siècle, les sciences sociales vont être beaucoup plus modestes que Hegel. Les chercheurs ne se croient plus dépositaires des secrets de la providence. Tandis qu'Hegel voulait construire un savoir absolu.

 

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On rejette également la métaphysique (connaissance qui se rapporte à des objets au-delà de la nature, au-delà du monde physique, qui ne relève pas de l'expérience sensible, on est dans un monde au-delà du matériel). On adopte donc une posture positiviste : on s'en tient à des données d'observations, à des faits empiriques, à des facteurs dont on peut reconstruire les réseaux (tout phénomène découle d'un ensemble de causes), à un travail de recensement, de statistiques, de dénombrement. De tout temps, ceux qui détenaient le pouvoir ont cherché à faire des dénombrements pour évaluer les richesses produites et pour recruter des hommes d'armes. Le développement des sciences sociales s'est accompagné d'un approfondissement des démarches de quantification et de mesures objectives.

 

L'imagination conceptuelle doit être subordonnée à l'observation. Ces nouvelles sciences sociales vont être confrontées à une grande question : quelles relations y a-t-il entre des lois générales et les variations historiques des sociétés ? Comme toute science, il s'agit de dégager des lois de portée générale et en même temps il faut partir de cas concret, il faut une base empirique.

 

Les sciences sociales doivent échapper à deux pièges :

  • Faire uniquement des descriptions empiriques. On risque d'accumuler des données, des études de cas, etc. Ce danger a failli tuer l'ethnologie du début du siècle car on avait accumulé un nombre gigantesque d'objets et d'informations. Et cela était devenu ingérable et sans aucun sens. Certains travaux sont totalement empiriques sans questions sous-jacentes. Alors qu'un matériau d'étude n'a un sens que s'il a une problématique

 

  • Revenir à la pure spéculation théorique. Rester dans le domaine abstrait, dans une pensée hypothético-déductive est une mauvaise chose. Il y a une différence entre l'induction qui procède par généralisation à partir d'événements particuliers et la déduction qui procède d'abord par une question théorique que l'on va confirmer ou infirmer grâce à des observations réelles. La physique est essentiellement déductive tandis que beaucoup de sciences sociales sont inductives, telle que la géographie.

 

Un idéal s'est développé : une science sociale aboutie est une science qui permet de dégager des lois générales sur les comportements humains et qui vérifient la vérité historique. Mais peut-on atteindre ce niveau de maturité où on serait capable d'expliquer toute situation historique à partir de lois générales ?

A suivre...

 

Sylvain Métafiot

 

mardi, 03 mars 2009

Le paradoxe du comédien : moins on sent, plus on fait sentir

diderot.jpgEn ces temps d’Oscars et de César en-veux-tu-en-voila, l’occasion est trop belle pour évoquer une curiosité propre à la profession de comédien et mis en lumière par un penseur du même nom.
Ce paradoxe, inventé par Diderot, tient au contraste existant entre l’expression évidente du corps (mimiques, gestes, attitudes exprimant des émotions violentes, amour, haine, joie, désespoir, etc.) et l’absence d’émotion ressentie de la part de l’acteur. Celui-ci joue sans éprouver. Il rit sans être gai, pleure sans être triste. Il se sert de son corps comme d’un instrument. Le paradoxe peut aller jusqu’à l’affirmation qu’un bon acteur est précisément celui qui est capable d’exprimer des émotions qu’il ne ressent pas. Il est par conséquent dans la position du calculateur ou encore dans celle du manipulateur, la marionnette en l’occurrence étant le corps lui-même.
Cette conception est aux antipodes de celle qui considère l’action dramatique comme une identification hystérique (l’acteur fait plus que jouer son rôle, il l’habite, le vit, l’incarne. A la manière d'Heath « Joker » Ledger dans The Dark Knight). A la limite, dans cette théorie, il n’y a plus de jeu (lequel suppose un écart – voir le sens du mot menuiserie lorsqu’on dit que le bois joue).
Le paradoxe du comédien met en évidence l’écart qui peut exister entre le corps et le psychisme. Il sert d’argument aux adversaires de la théorie physiologique des émotions, qui voient dans celles-ci des impressions ressenties à partir des expressions objectives du corps (ainsi, selon William James, qui fut un défenseur de cette théorie, la peur est l’impression consécutive à un mouvement de fuite ou de protection déjà esquissé par le corps).
Qu’en pensent les New-Yorkais de l’Actor’s Studio ?

william-james.jpg

Sylvain Métafiot

mardi, 10 février 2009

Le Royaume de Patagonie

 

Que dire de ce territoire appelé la fin du monde...

orga_id122_PATAGONIE_TK_C1_0039.JPG

Découvert en 1520 par Magellan, la Patagonie territoire presque inconnu jusqu'à il y a peu nous livre de belles petites histoires.

 

Son nom signifie "le pays des  grands pieds ", Magellan raconte dans ses mémoires qu'il avait rencontré un peuple extraordinairement grand et avec des pieds excessivement énormes !

Plusieurs autres explorateurs ont aussi signalé avoir vu ce peuple aux grands pieds... Le mystère reste entier, légende ? Vérité ? Impossible à savoir...

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samedi, 31 janvier 2009

Les sciences sociales selon Foucault

fou_af_290308.jpgMichel Foucault (1926-1984), à travers des ouvrages tels que Les mots et les choses ; L’archéologie du savoir ; Michel Foucault un parcours philosophique, disait que la science de l’homme était récente et fragile et pouvait disparaître rapidement. Il voulait faire une archéologie des sciences humaines. Celles-ci étant les ancêtres des sciences sociales. Il proposa un découpage de l’ère intellectuelle en trois périodes :

 

La renaissance (jusqu’au XVIème siècle)
Avant la renaissance, la conscience culturelle n’est pas compatible avec le libre exercice d’un savoir qui ferait de l’homme son objet et son sujet. Il y a la domination du schéma de l’astrologie biologie : dans cette représentation du monde, les relations entre les hommes sont considérées comme inférieures en dignité car ce qui explique nos conduites c’est l’influence transcendante des astres-dieux. On estimait que les astres déterminaient et régissaient la totalité des phénomènes sur Terre. L’astrologie et la culture chrétienne médiévale étaient très influentes : seul un dieu créateur régissait les comportements des hommes. Jusqu’à la renaissance c’est ce type de savoir qui domine.
Si on considère ce genre de théories ce n’est pas la peine de faire de la science, il suffit juste d’étudier les textes sacrés et chercher les réponses dedans. Une vie bonne c’était l’obéissance à une divinité. L’idée d’étudier l’homme comme objet était inexistant.
A partir du XIVème siècle, il y a une évolution des représentations, grâce aux intellectuels et aux savants. Les travaux de Galilée introduisent un schéma de connaissance rigoureux. C’est l’amorce d’un changement d’esprit. Erasme et Montaigne ont développé l’idée de la personnalité : elle peut se travailler (voire Les essais). On retrouve un rapport de l’homme à lui-même, ce qui était déjà présent chez les Stoïciens. La personnalité est digne d’un travail de soi sur soi. L’homme s’autonomise et devient pertinent comme objet de travail.

 

L’âge classique (du XVIème au XVIIIème siècle)
L’être humain ne se considère pas encore comme créateur. Le monde à une existence autonome et ne dépend pas de l’homme. Mais, il y a une nouvelle conception intellectuelle de lui. Il doit clarifier les choses, expliquer l’ordre du monde avec des concepts clairs et certains. L’objectif des élites est de décrire le monde : classer et distinguer les espèces vivantes. René Descartes était l’emblème de cette recherche de la certitude, notamment avec le cogito (« je pense donc je suis »). Ceux qui pensent doivent décrire et organiser un tableau du monde. Mais le sens du monde est considéré comme en-soi, il échappe encore à l’humain. On recherche l’ordre intellectuel, la certitude, mais l’homme n’est pas encore un objet d’étude.

 

Kant.jpgLa venue de l’homme (fin du XVIIIème et début du XIXème siècle)
Grâce à Emmanuel Kant, qui introduit des questions nouvelles, on s’interroge sur les limites de la connaissance. Qu’est-ce que notre esprit peut connaître ? Pour Foucault c’est un bouleversement car l’homme gagne en dignité et en légitimité. L’homme se pense comme le sujet de toute connaissance possible. Nous n’allons pas vers le monde pour le saisir, mais notre esprit le construit grâce à des capacités innées. L’homme devient objet de connaissance. Selon Foucault, « l’homme devient la mesure de toute chose ». De plus en plus de gens abandonnent l’idée que l’homme n’est pas un être parmi les êtres mais un sujet parmi les objets et que le monde n’a pas été crée par Dieu. C’est là que commence réellement la modernité. Ce mouvement intellectuel, issu de l’humanisme, atteint sa maturité au XIXème siècle grâce à l’avènement de la philologie (étude historique des textes, des œuvres de l’esprit). On va étudier ces œuvres de plusieurs points de vue en essayant de dégager la personnalité de leurs auteurs ainsi que les caractéristiques du monde où ils vivaient. La philologie porte un projet rationaliste émancipateur face au pouvoir religieux et coutumier. Certains, comme Taylor ou Touraine, ont affirmé que la modernité c’est la Raison, l’individu et la démocratie. C’est l’idée qu’avec des individus doués de raison, il est possible de construire un espace public dans lequel va émerger du débat, une confrontation d’arguments et de contre arguments, des concepts rationnels, bref une démocratie. Mais il faut s’émanciper de l’autorité et de la communauté. Il faut de l’individualité s’échappant du poids des coutumes.

 

Cette volonté de rendre l’homme à lui-même par la connaissance, c’est toujours le projet des sciences sociales. Il s’agit toujours de rendre compte des pratiques et des relations sociales sans chercher des explications autres que terrestre (transcendance, religion). Emile Durkheim avait une démarche positive consistant à expliquer le social par le social. Expliquer les faits sociaux comme s’ils étaient des choses. Touraine disait que « faire de la sociologie, c’est renoncer aux garants méta sociaux ».

Cette culture humaniste va se développer lors de grands bouleversements : développement industriel, multiplication des échanges commerciaux, conflits politiques. C’est à partir de là qu’émergent les sciences sociales. En 1890, Renan disait qu’au moment même où les sciences philologiques ont atteint leur maturité elles se détruisent au profit des sciences sociales et politiques. La philologie était incapable de traiter certaines questions posées par les bouleversements de la société, telles que : qu’est-ce qui fonde le lien social ? Qui doit détenir le pouvoir ? Comment doit être organisé la société ? Comment concilier des valeurs sacrées avec la réalité socio-économique ? Quel va être l’évolution future des sociétés occidentales ?
Par un mouvement logique, le domaine des sciences humaines s’est élargi. On ne peut plus réfléchir au sujet humain sans comprendre comment ce sujet évolue au gré des bouleversements économiques, sociaux, politiques et culturels. Le passage de relais entre science humaine et science sociale avait été anticipé par certains : Goethe estimait que « la vocation du commerce et des affaires est comparable à la vocation des arts et des lettres ».
A suivre…

 

Sylvain Métafiot

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mercredi, 28 janvier 2009

L’Assassin Royal

apprenti_assassin.jpgL’assassin royal est une œuvre littéraire fantastique de 1995, dont l’intrigue se situe au moyen age. Le style médiéval-fantastique… Vous me direz que Tolkien a déjà bien exploité la chose ! Pourtant, tous ceux qui ont apprécié le chef d’œuvre de ce dernier (ils sont nombreux et ce n’est rien de le dire), devrait se pencher sur le cycle de l’assassin royal tant celui-ci est riche et prenant.


L’auteur Robin Hobb, de son vrai nom Margaret Astrid Lindholm Ogde, est originaire de Californie. À ce jour, l’assassin royal, sorti en France en 13 tomes aux éditions J’ai Lu est son plus gros succès et il est amplement mérité.
Le monde qu’elle a créé est des plus additifs. Commencer à le lire et vous ne lâcherez plus le livre ! C’est bien simple : à la fin de chaque tome, vous serez obligé d’acheter la suite.
Je vous laisse lire la préface du premier tome, intitulé L’apprenti assassin.

Au Royaume des Six-Duchés, le prince Chevalerie de la famille régnante des Loinvoyant, renonce à devenir roi-servant le jour ou il apprend l’existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l’autorité de Burrich, le maître d’écurie. Mais le roi Subtil impose que Fitz reçoive, malgré sa condition une éducation princière. L’enfant découvrira bientôt que le véritable dessein du monarque est tout autre : faire de lui un assassin au service du pouvoir royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu’à un fil : celui de sa lame.



Au fil de la lecture, l’histoire de Fitz, devient véritablement la vôtre. Chaque nouveau tome révèle de nombreuses surprises, des situations imprévisibles et haletantes. L’œuvre traduit des personnages complexes qui évoluent au fil du temps, tout comme les relations qu’ils entretiennent. Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres : tantôt vous allez adorer certains, tantôt vous aller en haïr d’autres. La lecture est fluide et facile et ne devrait rebuter personne.
Je le dis et redis, L’assassin royal est un chef d’œuvre à classer aux cotés des plus grands ouvrages fantastiques. Il est d’ailleurs pour moi supérieur au Seigneur des Anneaux.
Foncez et vous ne pourrez plus vous arrêter.

L’assassin royal

  1. L’apprenti assassin
  2. L’assassin royal
  3. La nef du crépuscule
  4. Le poison de la vengeance
  5. La voie magique
  6. La reine solitaire
  7. Le prophète blanc
  8. La secte maudite
  9. Les secrets de Castlecerf
  10. Serments et deuils
  11. Le dragon des glaces
  12. L’homme noir
  13. Adieux et retrouvailles

 

Il est aussi bon de savoir que Robin a écrit Les aventuriers de la mer, suite indirecte de l’assassin royal, dont je vous ferai un rapport après lecture !

 

Laurent

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