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samedi, 18 octobre 2008

Don Vito Corleone n’a pas de soucis à se faire

Gomorra (mélange entre la référence biblique Gomorrhe et Camorra), le film (2h30) de Matteo Garrone fut salué au dernier festival de Cannes et connu un large retentissement critique. Avant d’être un film, Gomorra est un livre (un roman-enquête pour être précis), celui de Roberto Saviano, aujourd’hui menacé de mort et vivant sous haute protection. A travers cette adaptation cinématographique nous plongeons au cœur de la mafia napolitaine de façon ultra-réaliste et malsaine. Exit donc le coté glamour des films de gangsters façon Le Parrain, Scarface, Casino, Les Affranchis, etc. Bon point vous vous dites. Seulement, ces films là sont des chefs-d’œuvre du genre, ce que Gomorra, malgré ses qualités n’est pas, loin de là.

 

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L’avantage de ce film est qu’il montre qu’il ne suffit pas d’être au plus près du réel pour s’inscrire dans le panthéon du cinéma. Ce serait même contradictoire : le meilleur film de fiction serait un documentaire, autrement dit, son contraire. On aurait aimé l’un ou l’autre. Mais, se réclamant du réalisme absolu Garrone n’a rien d’autre à nous proposer. Par ailleurs, la volonté de chasser toute dimension dramatique cinématographique du film se ressent lorsque deux gamins se prennent pour Tony Montana (le héros du Scarface de De Palma) et déconnent grave. Pourtant la réussite des classiques du gangster movie est qu’ils accédaient, via la fiction, des modèles (Shakespeare et Ulysse dans Le Parrain) et l’identification – empathique ou dégoutante – d’un personnage (Robert De Niro, Al Pacino, Marlon Brando…), à la vérité de la Mafia et de ses hommes.

 

Filmant ses protagonistes de haut avec antipathie, Garonne confond réalise et vérité, ce qui nous amène au second problème.
Ainsi, l’autre élément dérangeant, et non des moindres, est qu’on ne voit pas vraiment ce qui fait la spécificité de la Camorra, ce qui la différencie de n’importe quelle autre organisation criminelle dans le monde. On pourrait très bien être dans un bidonville de Rio, un quartier pauvre de New-York, une cité malfamée de Johannesburg ou une zone de Tokyo. A trop vouloir se contenter de la « simple » brutalité des images on n’apprend absolument rien sur l’organisation de la mafia napolitaine. On sait, par exemple, que la Cosa Nostra (mafia sicilienne) est « verticale » et soumise à une stricte hiérarchie dominée par les fameux « parrains ». On en déduira que la Camorra est « horizontale », gangrénant tous les niveaux de la société (de la rue, du quartier, du conseil d’administration, de la chambre de commerce, etc.) et toutes les pauvres âmes en quête de fric (du gamin des rues à la grand-mère, du bellâtre au patron véreux, etc.).

 

« Rien ne leur échappe, selon Antonio Fischetti, les camorristes sont des épiciers du crime qui ont réussi. Allez à Naples, postez-vous dans la rue, et regardez n’importe quelle scène. Si une trentaine de personnes se trouvent sous vos yeux, vous pouvez êtres sûr que dans le lot, il y a un ou plusieurs membres de la Camorra. »

 

En suivant le destin de plusieurs personnages (les deux ados débiles, le gamin des rues, le « distributeur » de fric, le responsable des déchets, le couturier stressé) on en oublie la corruption globale du système et la question politique. A trop vouloir porter son regard sur différentes composantes insignifiantes de l’organisation, on ne perçoit quasiment rien. Le regard flotte dans le flou.


En somme, un film étouffant où l’on prend certes plaisir au « gangstérisme scénique » (les fusillades c’est toujours excitant) mais dont le réalisme plat nous laisse frustré et aussi ignorant qu’en début de séance sur l’une des organisations mafieuses les plus dangereuses de notre temps. Dommage…

 

 

Sylvain Métafiot

 

lundi, 13 octobre 2008

Mélancolie New-Yorkaise

C’est de cette façon que l’on pourrait traduire The Wackness, le deuxième film indépendant de l’américain Jonathan Levine (après All The Boys Love Mandy Lane) et récompensé par le prix du public au festival de Sundance.

 

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Encore un film de gosse mal dans sa peau qui tente de s’en sortir ? C’est le postulat de départ en effet mais ici le ton ne tourne pas au misérabilisme névrotique ou à la comédie débile. Scotchés aux baskets du « héros », Luke Shapiro (Josh Peck), nous allons suivre sa rencontre avec le Dr Jeffrey Squires (Ben Kingsley excellent). Le 1er est un jeune dealer d’herbe fraîchement diplômé du lycée, en proie à une douce tristesse : uniquement vu comme le fournisseur officiel d’herbe pour les fêtes étudiantes, il se sent seul. Il n’a jamais vraiment eu d’expérience sexuelle concluante. Ses parents sont en perpétuel conflit, et risquent de se faire expulser de leur appartement New-Yorkais. Le 2nd est un psy qui monnaye ses séances contre quelques grammes de marijuana. Son couple bat de l’aile (Famke Janssen en épouse froide comme son carrelage) et sa cinquantaine n’est pas tout à fait rugissante. Ces deux paumés vont se lier d’amitié, mais le béguin de Luke pour la belle fille du docteur Squires, la pétillante Stéphanie, risque d’égratigner leur complicité naissante…

 

Une des idées de génie est que le film est une anté-fiction, c’est-à-dire que le cadre spatio-temporel se trouve être le New-York 1994, lorsque Rudolph Giuliani, récemment élu, décide de nettoyer la ville (au karcher ?) en déclarant la guerre au bruit, à l’alcool, aux tags, aux SDF. Ce n’est pas une « histoire vraie » ou un film post 11 septembre mais bel et bien une plongée dans les années 90 à l’époque des walkmans, des téléphones avec fil, de la super Nintendo (pourquoi ai-je revendu la mienne ?!) et surtout du Hip-hop. Le rap imprègne totalement le film lui donnant une ambiance cool et funky. La BO est de qualité : aux platines, des classiques US tels Notorious B.I.G, Wutang Clan (terrible !), NAS, Biz Markie, A Tribe Called Quest (incontournable), etc.

 

On prend un véritable plaisir à suivre les pérégrinations de Luke et Jeff atteints du syndrome du Wakness (strabisme mental qui vous fait voir les choses en noir) dans ce New-York jazzy mais en phase de lobotomisation en supprimant tout « ce qui dépasse » au profit d’une propreté formatée au tourisme et aux golden boys. Grâce à la qualité des interprètes l’humour est omniprésent, certaines séquences étant à mourir de rire. D’autres font simplement grimper le sourire jusqu’aux oreilles : l’euphorie après le premier baiser résonne dans la tête de tous les mecs et est ici génialement mise en scène.

 

La mélancolie qui parcoure le film peut se résumer à la question que se posent nos deux protagonistes « Comment habiter un monde dans lequel on ne se reconnaît pas ? » et à leur désir d’évasion permanent. Comme le résume Jean-Baptiste Thoret : « Pour Jeffrey Squires, la contre-culture n’est plus. Comment en faire le deuil ? Pour Luke, le problème est inverse, ou plus grave : comment se constituer lorsque le contre n’est plus possible ou est juste un simulacre ? » Un des meilleurs exemples de cette dramatique évolution se constate à travers la bande-son Hip-hop : les bons artistes (proliférant il y a 20 ans) se font rares de nos jours, le gangsta-rap sans saveurs ayant tout ravagé sur son passage. Anyway, Go to the Big apple man !

 

 

Sylvain Métafiot

samedi, 20 septembre 2008

« C’est dur d’être aimé par des cons »

 

1210798461_c__est_dur.jpgVendredi, une soirée exceptionnelle se déroula au cinéma Le Méliès de Saint-Etienne : la projection du film "C’est dur d’être aimé par des cons" en présence du réalisateur Daniel Leconte et du dessinateur Charb. Le titre renvoi à la phrase que le dessinateur Cabu met dans la bouche d’un Mahomet débordé par les intégristes en première page de Charlie Hebdo en février 2006. Ce passionnant documentaire retrace le procès intenté au journal satirique par la Ligue islamique mondiale, la Mosquée de Paris et l’Union des Organisations islamiques de France (UOIF). Les deux autres dessins incriminés faisaient partie des caricatures danoises (de moyenne qualité mais là n’est pas la question) et déjà reprises dans leurs pages par France-Soir et l’Express. Pourtant seul Charlie Hebdo fut assigné en justice pour « injure à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur religion ».


Ce film, assez classique dans la forme, entretient le débat fondamental sur les valeurs de la République, les fondements de notre démocratie, la liberté de la presse, le droit à la caricature, la laïcité, etc. A une époque où rire de n’importe quelle religion est devenu un véritable chemin de croix (voir les réactions démesurées lorsqu’on critique le pape…) peu de journalistes avaient eu le courage de rire du fondamentaliste musulman en publiant les caricatures de Mahomet.


Durant le procès des intervenants de qualité viennent défendre le journal satirique parmi lesquels la philosophe Elisabeth Badinter, Oncle Bernard, Cabu, Cavanna, Laurent Joffrin, Claude Lanzman, le journaliste Mohamed Sifaoui, Wolinski, le philosophe Abdelwahab Meddeb, François Hollande, François Bayrou et même…Nicolas Sarkozy ! La venue de ces trois derniers ne releva pas de la récupération politique étant donné que 78% des Français étaient contre ces caricatures et contre la critique des religions, ce qui est paradoxal dans ce beau pays laïc.... Pourtant quand on connaît la position de Sarko sur le rôle déterminant des religions, selon lui, dans la société on peut fortement douter de sa sincérité, fourbe comme il est…

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mercredi, 10 septembre 2008

Comme les autres...


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Philippe et Emmanuel, deux  homosexuels bien dans leur peau, filent le parfait amour... Famille au courant, amis qui l'acceptent, et passion toujours présente.

 

Emmanuel, pédiatre incarné par Wilson Lambert, veut coûte que coûte un enfant.

Seulement vous l'aurez compris, un enfant entre hommes, ça risque d'être compliqué.

Philippe, un peu rétrograde sur ce sujet, ne veut pas d'enfant, et ne veut pas recourir ni à une mère porteuse, ni même à l'adoption.

Leur histoire va se voir évoluer tout au long du film, et lorsque Emmanuel, annonce à Philippe qu'il a demandé l'adoption d'un enfant, celui ci le quitte.

 

Le hasard d'un accident va changer la vie d'Emmanuel, et bien au delà celle de Philippe. En effet la rencontre avec Fina, (Argentine sans papiers) va donner à ce film, une grandeur et une touche d'amour impossible qui vous feront certainement aller voir ce film.

 

Des scènes locaces, parfois ridicules à mourir de rire (le cliché sur les homosexuels qui rangent leur maison : cd de Dalida, livre mythologie grecque, bouquet de fleurs) et un brin d'humour font de ce film un réel poseur de questions...

Plusieurs sujets sont évoqués dans ce film, l'amour tout simplement, mais aussi l'injustice, l'incompréhension des désirs de l'autre, le mariage blanc, l'adoption, et pour rallier tout ces sujets différents l'homosexualité.

 

Alors, on peut être d'accord ou pas avec l'adoption, mais on peut y réfléchir et essayer de se poser les bonnes questions comme cela est évoqué tout au long du film.

 

vendredi, 05 septembre 2008

Le Joker, théoricien hilare du chaos

bfjokera.jpgVous l’aurez compris, nous allons nous intéresser au dernier volet des aventures de Batman : The Dark Knight. Après la naissance du héros chauve-souris dans l’excellent Batman Begins, Christopher Nolan place la barre encore plus haute avec l’apparition du nouveau génie du mal et bad guy emblématique de la saga : le nihiliste Joker. Heath Ledger (mort d’une overdose juste après le tournage) reprend le rôle autrefois joué par Jack Nicholson dans le tout premier Batman réalisé par Tim Burton en 1989 et lui donne une dimension hallucinée et meurtrière beaucoup moins kitsch et bariolé que son prédécesseur. Son affolante prestation porte le film en reléguant au 2nd plan le mono-expressif Christian Bale. C’est dire…

L’analyse de Jean-Baptiste Thoret (il est bon ce petit) vaut le détour : « Le Joker aspire le récit vers les abîmes du chaos et théorise un monde hanté par la trouille du terrorisme, de l’horreur arbitraire et de l’apocalypse tranquille. Tourné à Chicago, The Dark Knight continue d’explorer les arcanes criminels de Gotham City, passé en deux films du style néo-baroque des années 1980 à la froideur géométrique d’une ville sous tension, en proie à une vague d’attentats meurtriers et d’assassinats en chaîne. Etats d’alerte, séquences de panique, hyperviolence du bonhomme, le Joker s’invite dès l’ouverture du film afin d’en fixer les nouvelles règles. […]

Via l’escalade de la violence entropique et irrationnelle perpétrée par un psychopathe qui doit autant à Mabuse le joueur qu’à Ben Laden le barbu. The Dark Knight enterre sur le mode tragique un rapport au Mal pré-11 septembre 2001 et qui inaugure l’ère d’une menace indéchiffrable (pourquoi ? Comment ? Dans quel but ? sont des questions qui ne traversent pas l’esprit du Joker) et imprévisible. Fini le temps de la mafia et de ses morfalous en costards Soprano, fini le temps du Bien et du Mal avec chauve-souris au centre, le Joker incarne d’emblée une menace nouvelle, amorale, gratuite qui ne vise qu’à installer pour le plaisir le spectacle d’un chaos intégral. Face à lui, un flic aussi déterminé qu’impuissant (Gary Oldman), un procureur intègre, qui finira défiguré par un désir de vengeance (Aaron Eckhart), et notre héros capé, alias Bruce Wayne, lancé comme une boule de billard tonitruante mais impuissante sur le tapis de jeu du Joker. Un triel d’individus et de forces complexes, donc, qui atomise très vite le schéma type du comics movie (very nice guy versus very bad guy) pour un attelage étrange et plutôt réussi entre une franchise à honorer, un génie du Mal et du troisième type qui parie sur la part sombre des individus (formidable séquence cornélienne de deux ferries dont les populations otages doivent choisir entre eux et les autres) et trois hommes déboussolés qui ne comprennent pas le principe de l’action démotivée. Ici, les intérêts permutent au fil des minutes, les mains propres se salissent en un coup de téléphone, les héros de la loi tombent de leur piédestal comme des mouches, les contre-attaques de Batman et consorts se transforment en opérations suicides.2008-the-dark-knight-batman-movie-poster-8.jpg

Christopher Nolan ne se limite pas au fantôme du 11 septembre qui hante son film et développe le paradoxe d’un film de superhéros [sans super pouvoirs ce qui le démarque des autres « extra-humains » de DC ou Marvel] profondément inadapté à un monde dont la logique lui es t désormais étrangère [lumineuse métaphore du majordome Alfred, magnifique Michael Caine, sur un bandit dans la jungle]. Batman s’efface à mesure que le Joker se densifie, tente d’installer à sa place un héros légitimé par la loi, ses coups d’éclat ressemblent à des coups d’esbroufe et son armada technologique ne lui confère plus aucune supériorité tactique sur son adversaire solitaire. Batman ressemble à un pompier pyromane, soit la version catastrophe d’une Amérique qui se voudrait encore providentielle, mais qui n’est plus qu’impuissante. »

Un film couleur ébène où le rire d’outre-tombe du clown fou s’apprécie en version originale. Alors, « Pourquoi autant de sérieux ? » Souriez…

Sylvain Métafiot 

jeudi, 07 août 2008

WALL-E

Enfin il est là, le nouveau film sorti des studios Pixar et Walt Disney, le film qui fait tant parler de lui déjà Wall E... Notre équipe c'est rendu au ciné pour vous livrer ses impressions.



 

Noté 4 étoiles spectateurs et 4 étoiles critiques sur Allo Cine ( les plus hautes notes), nous avons Sylvain et moi, trouvé que ce film n'en valait pas autant.

Fable futuriste sur un monde déserté par les humains car trop pollué et laissé à des robots du Nom de Wall E afin de nettoyer et ranger notre planète, l'intrigue ne s'arrétait bien sur pas là.

Ce robot allait être en contact avec un autre robot d'une autre Espèce (Eve) envoyé régulièrement sur Terre pour rechercher une trace végétale de la vie...

Alors l'histoire d'amours entre deux robots sur une planète déserte est vraiment mignonne et vaut son coup d'oeil, on les croirait humains les voix ne le sont pas mais ont un charme et une caractèristique spéciale.

 

Quant aux humains me direz vous, où sont ils allés ? Quelque part dans l'espace à des millions d'années lumières ce qui ne rend pas le scénario crédible puisque entre le départ des humains et l'histoire d'amour des robots il ne s'est écoulé que 700 ans aux deux endroits...

 

Mais pour faire bref, ils sont sur une station spatiale, fleuron de BNL (une entreprise énorme) est paradis du commerce, des achats, de la bouffe grasse, de la fainéantise... ils sont au bout de 700 ans incapables de se mouvoir et ne se déplacent plus que sur des sofa automatisés.

 

Enfin ils n'ont même pas conscience d'être là puisque omnibulé par leur écran qui leur sert de téléphone, guidon, serveur etc... et des robots se pressent pour être utile et serviable.

Bref une vie monotone, coupée du monde, et sans aucun intéret à part les parties de golf virtuelles et les repas...

 

Wall E est un peu un prolongement des humains, il sert à ranger notre monde, et collecte parfois des objets qui lui paraissent bien, ainsi, il est le dernier survivant des robots nettoyeurs, (du moins on n'en voit pas d'autres) et il s'est crée un petit monde bien à lui, un hangar maison, un animal domestique attachant et résistant, et des objets de toutes sortes... tels un rubiscube, des restes d'autres robots, une fameuse plante, des chaussures, des lampes, un lecteur  MP3 dernière génération ( vous savez avec une grosse pomme dessus) qui lui sert de télé,  et d'ailleurs il est fan d'un film où les humains dansent...

 

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Bref il aime sa vie qui ne lui parait pas monotone, vu sa curisioté et sa personnalité exceptionnelle, il fait son petit boulot tranquillement, jusqu'au jour, où il rencontre l'amour...

Ces deux personnages nous apparaissent très attachant dans une société ou le romantisme, la générosité et le sacrifice de sa personne n'existe plus...

Peu de dialogues dans ce film ( ndlr jusqu'à la 27è minute aucun) mais une belle histoire où encore une fois l'amour, les humains et l'écologie (élément nouveau dans un dessin animé) feront de votre séance cinéma un beau moment...

 

Ca sera un peu votre pause cinéma dans mapausecafe... en tout cas, même si il semble trop bien noté à mes yeux, (il ne vaut ni un shrek ni un age de glace) je vous encourage à aller le voir, cela reste un film événement, et les graphismes sont d'une beauté extrême, c'est à se demander si ce fameux Wall E n'existe pas réellement...

A méditer donc, faites nous part de vos impressions...

lundi, 28 juillet 2008

Voir Rio et Mourir

Sorti mercredi dernier, La cité des hommesest la meilleure raison actuelle de se rendre au cinéma.

 

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Pourquoi ? Parce que Paulo Morelli, le réalisateur, clôt la série télévisée éponyme entamée il y a cinq ans par un film dont la puissance est héréditaire à la Cité de Dieu. Cité de Dieu.jpgLa cité de Dieu…rappelez-vous de ce chef d’œuvre brulant sorti en 2002 et réalisé par Fernando Mereilles (The Constant Gardener c’est lui) : le quotidien sordide des adolescents des favelas (bidonvilles brésiliens) de Rio de Janeiro y était relaté d’une façon réaliste, désespérante et surtout ultraviolente. En effet, malgré une interdiction aux moins de 16 ans, le film fit sensation et devint rapidement la référence du genre (on se souvient du plus ancien Pixote). Moins violent que son ainé, La cité des hommes n’en demeure pas moins captivant, sanglant, triste et surtout étouffant. C’est dans l’enfer aride d’une favela que nous suivons deux amis d’enfance, Laranjinha et Acerola, alors qu’ils viennent de fêter leurs 18 ans. Tous les deux sans pères, ils cherchent à combler leur vie tant bien que mal (élever un enfant quasiment seul, chercher un père disparu, vivre un amour impossible, etc.) en évitant la guerre des gangs qui ravage la cité. Ce ne sera pas facile sachant que l’un est le cousin d’un parrain et l’autre amoureux de la sœur du parrain rival…entre autres…car les difficultés dans ces enfers labyrinthiques que sont les favelas ne sont pas un moindre mot, mais le quotidien des habitants. Qui dévie des codes et normes de (sur)vie dans la cité oppressante s’expose à la mort.brlunci.jpg Morelli film de façon nerveuse, caméra à l’épaule, avec des acteurs non professionnels, tant et si bien que, par moments, on pense à un documentaire qui aurait mal tourné (sans mauvais jeu de mot…). Néanmoins la mise en scène fait la part belle aux couleurs délavées et jaunies, aux flash-back incessants, aux couchers de soleil sensuels sur la baie et aux flingues rutilants. Plus porté sur l’affect des deux héros que sur les luttes intestines des bandes rivales, les séquences de gun fight relèvent néanmoins d’un chaos frénétique et d’un stress sauvage vraiment sublimes. On a toujours du mal à respirer… L’un des rares moments de détente se trouvant au début du film lorsque les gangsters en herbe (on tue souvent très jeune) se détendent en allant piquer une tête au bord des plages paradisiaques de Rio (cliché touristique avec le carnaval). Le calme avant la tempête… Comme le dit Jean-Baptiste Thoret « à force d’essayer de survivre à la misère, certains préfèrent devenir rois d’une colline plutôt qu’esclaves du monde ». Une allégorie désespérante de tous les pauvres ?

 

Sylvain Métafiot

mercredi, 09 juillet 2008

Danse avec la mort

Sorti il y a déjà plus de trois semaines en salles, Valse avec Bachirest un de ces films à voir ou à revoir. Ce véritable OFNI (Objet Filmé Non Identifié) vous prend aux tripes tant par son esthétique si particulière que par son sujet de fond, à savoir la guerre du Liban dans les années 1980.

 

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Ainsi, ce documentaire autobiographique animé retrace le massacre des milliers de Palestiniens des camps de Sabra et Chatila, les 16 et 17 septembre 1982, par les phalangistes chrétiens et leurs alliés israéliens. Cette tuerie fait suite à la mort de Bachir Gemayel le 13 septembre, élu président du Liban le 23 août. Ari Folman, réalisateur et principal protagoniste du film fait partie de ces soldats de Tsahal. Ayant perdu la mémoire bien des années plus tard, il cherche à se souvenir de ce tragique épisode à travers une (en)quête psychologique parfois douloureuse. Celle-ci se résume à retrouver les témoins du massacre et à reconstituer les faits réels au milieu des souvenirs fantasmés ou travestis de la guerre. Cette dernière est vécue sous forme de flash-back parsemés le long du parcours vers la vérité.

 


 

L’une des caractéristiques majeure du film est la dimension hallucinante et débridée de la guerre (la référence à Apocalypse Now est constante) à travers la plastique magnifique de l’animation. Ari Folman avoue que cette forme d’expression lui garantissait une liberté totale pour traiter ce sujet difficile. La guerre étant montré sous sa forme brut, à savoir cauchemardesque et spectaculaire, on se demande si les vrais soldats l’ayant vécus ne sont pas plus irréels que les personnages de ce dessin animé pour adultes (hum…la scène du porno allemand). Certes, le film est parfois trop bavard dans la description et quelque fois redondant, mais la machine fonctionne et on se laisse entraîner dans ce délire cinématographique.

 

Les scènes d’ouverture (sublime et angoissante) et de conclusion (lien naturel entre la fiction animé et la réalité, à moins que ce ne soit l’inverse…) sont proprement stupéfiantes. En somme, loin de l’idée de nous éloigner de la réalité, ce bijou d’animation colle d’autant plus à la vérité qu’il la sublime.

 

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Après Persepolis – autre chef-d’œuvre d’animation basé sur des faits réels – réfugiez-vous dans la salle obscure la plus proche avec Valse avec Bachir comme compagnon.

 

Sylvain Métafiot

lundi, 02 juin 2008

Retour chez les Ch’tis !

Le film a cassé la baraque à frite, on en a fait tout un maroilles… c’est le plus gros succès du cinéma français ! Aujourd’hui, « Bienvenue chez les Ch’tis » est en passe de faire couler le blockbuster américain Titanic.
Retour chez les Ch’tis après 20 millions d’entrées.

Alors pourquoi un tel succès ?

D’abord, c’est une comédie à la française comme on les aime. Des gags réussis, des quiproquos bien tournés… Bref, c’est la revanche de la comédie franco-française sur le cinéma grand spectacle. Mais au-delà d’être un film drôle et attendrissant, « Bienvenue chez les Ch’tis » s’inscrit parfaitement dans la tendance « Going back to the roots ». Comprenez « Retour aux sources ».

Cela fait déjà quelques années que les marketers ont décelé le filon. Ainsi, vous voyez les rayons des supermarchés faire la part belle aux produits dits de « traditions ». Reflets de France (Carrefour), Nos Régions ont des talents (Leclerc) et autres marques jouant la carte du terroir.
Pour « Bienvenue chez les Ch’tis », c’est la même chose. Les particularités des régions françaises sont mises au premier plan (ici le Nord vs le Sud). De plus, on retrouve une mise en scène à l’ancienne, façon le Corniaud. Après tout, on pourrait voir De Funès et Bourvil à la place Mérad et Boon. C’est évidemment un « retour aux sources ».
Ainsi, cette tendance traduit le besoin de se réfugier dans des valeurs sûres. Nous pensons que le monde dans lequel nous vivons est incertain (mondialisation, technologie, pollution, terrorisme…). En conséquence, nous cherchons à fuir ces incertitudes par un « retour aux sources ». A que c’était mieux avant !

En plus d’être drôles et attendrissants, Les Ch’tis nous sont aussi rassurants.

Sur ce, espérons que les Ch’timis coulent Titanic et ses 20,7 millions de spectateurs bien que les circonstances ne sont plus les mêmes (téléchargement sur internet, la place de ciné coûte plus cher…).
Et voilà que les Américains et Will Smith préparent un remake de « Bienvenue chez les Ch’tis »… faut voir !