dimanche, 29 août 2010
Rions un peu avec Adolf

L’humour relatif à la seconde guerre mondiale, au nazisme, aux camps d’extermination, étant très délicat à manier, mais très drôle lorsqu’il est fait avec talent, il serait criminel d’ignorer le dernier album de Pieter de Poortiere Le fils d’Hitler. Pieter de Poortiere a crée le personnage de Dickie, anti-héros à la face de playmobile se baladant à travers les époques, dans la revue « Ferraille ». Et c’est avec un humour à la fois absurde et grinçant que Dickie se retrouve en 1944, en plein conflit mondial. Mais ce n’est pas tout, il se trouve que Dickie est le fils caché du dictateur ! Ce dernier se met donc à sa recherche, tandis que ce pauvre diable de Dickie s’embourbe dans des situations toutes plus cocasses les unes que les autres avec une naïveté et une maladresse qui dépasse l’entendement.
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mardi, 17 août 2010
La sociologie américaine

Elle s'est développée dans un contexte où la jeune société était en pleine expansion. D'un point de vue politique, il n'y a pas le même scepticisme qu'en France. Les sociologues adhèrent encore au projet fondateur de 1776. Il n'y a pas de déchirures entre penseurs comme en France.
La sociologie américaine est née dans un climat de confiance et d'optimisme reposant sur deux concepts :
- Le darwinisme social. Beaucoup d'intellectuels considèrent que la vie sociale repose sur des caractéristiques incontournables. La vie sociale manifeste la lutte pour l'existence, la concurrence pour la survie. Le développement de la société est le résultat des lois de la nature, de la sélection, de l'adaptation. C'est une vision concurrentielle entre les individus. Le problème social est le problème de la promotion des individus les plus aptes. Une société sera d'autant plus viable qu'elle sera capable de transmettre les expériences acquises aux générations montantes. On ne peut pas dissocier les dynamiques sociales des dynamiques naturelles des individus. Ces derniers poursuivent leurs intérêts. On doit arriver à la mise en place d'une concurrence positive entre les individus. Il y a une vision fonctionnelle de la société : la fonction de la civilisation est de satisfaire de mieux en mieux les besoins de ses membres. La sociologie est au service de la société. Elle doit l'améliorer, ainsi que les individus, valoriser l'intelligence et la capacité d'entreprise. La société est considérée comme l'ensemble des individus qui obéissent à des motivations d'ordre psychologique (intérêt personnel, vivre ensemble, se construire comme sujet moral). Le protestantisme est très influent dans cette théorie. Cette approche s'est construite en partenariat avec la psychologie. Elle est plus naturaliste et réductionniste qu'en France où on la rejette.

- Le pragmatisme. Cela renvoi à une tradition anti-dogmatique, tourné vers l'action. Cette approche est très critique à l'égard des grands systèmes théoriques et des conceptualisations. Les concepts ne sont intéressants que s'ils permettent d'augmenter nos connaissances concrètes. Il y a donc une méfiance de la théorie pour la théorie. Les idées ne sont que des instruments. Elles servent à découvrir des vérités, et leurs valeurs résident dans leurs applications concrètes. Le pragmatisme a une dimension utilitaire. William James estimait que le réel se défini par des faits d'expérience individuels et pluralistes et non par des idées. Le monde est un ensemble de visions et la théorie est un instrument qui permet d'atteindre des faits utiles. Est-ce qu'une idée apporte quelque chose à celui qui la pense ? Dewey estimait que le développement était l'unique but moral. Ce sont des conceptions très normatives avec l'idée que l'homme est responsable par son action et qu'il échappe au déterminisme des absolus (lois de la providence, lois de la nature).
C'est l'activisme et l'optimisme de la sociologie américaine.
A suivre…
Sylvain Métafiot
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mardi, 03 août 2010
Le sophisme du rat

Enoncé simplement, ce sophisme est on ne peut plus enfantin : « Rat » est composé de trois lettres. Le rat mange le fromage. Donc trois lettres mangent le fromage.
La forme latine de cette idiotie est plus convaincante car en latin les articles n’existent pas : la confusion entre le mot « rat » et l’animal était donc moins tirée par les cheveux. Evidemment, personne de sensé, semble-t-il, ne se laisserait prendre à un piège aussi grossier. Et pourtant, le sophisme du rat illustre une erreur très commune : la confusion entre l’ordre symbolique des mots et l’ordre réel des êtres et des choses. Exemple très simple : un lecteur de dictionnaire oublie (à condition qu’il l’ait su, ce qui n’a rien d’évident) qu’il lit des définitions, c’est-à-dire des traductions d’un mot en d’autres mots, et croit qu’il a affaire à des présentations de choses. Ce n’est pas l’animal réel qui est défini à l’article « onagre : âne sauvage », mais le mot « onagre » dont on propose l’équivalent lexical « âne sauvage ».
Sylvain Métafiot
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samedi, 26 juin 2010
Attention, chiens méchants !

Euphémisme ? « Méchants » c’est en effet le moins que l’on puisse dire à propos des délinquants en culotte courte qui hantent les couloirs de la prison d’Enola Vale aux Etats-Unis. La féroce description d’un univers carcéral particulier par un p’tit gars de chez nous. Un cri de rage dans la torpeur cinématographique du moment.
Dog pound (prix du Meilleur Nouveau Réalisateur 2010 au festival de Tribeca fondé par Robert De Niro à New York) est le deuxième film du français Kim Chapiron. Après avoir fondé le collectif Kourtrajmé avec Romain Gavras (fils du grand Costa) en 1995 et réalisé le dispensable Sheitan en 2005, il plonge avec fracas dans le grand bain pénitencier. C’est donc à Enola Vale que nous séjournerons, en compagnie de trois jeunes voyous (quoique Davis…) : Davis donc, 16 ans, trafic de drogues ; Angel, 15 ans, vol de voiture avec agression ; et Butch, 17 ans, violence sur un officier de probation. Trois cas différents, une seule prison. Où l’ultraviolence règne. Suivez le maton.
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mardi, 11 mai 2010
Mise en abyme comic

Comique, certes, mais sanglante également. Vous l'aurez deviné, Kick Ass est au menu aujourd'hui. Encore un film de super-héros inspiré d'un comic-book ? Oui et non. Si c'est bien à une adaptation d'un comics de Mark Millar & John Romita Jr. (2008) que nous avons affaire, point de véritable super-héros ici. C'est même tout le propos de ce long-métrage de Matthew Vaughn, déjanté et ultraviolent (classé Restricted aux Etats-Unis), mettant en scène une remarquable auto-ironie désabusée sur le monde de l'imaginaire adolescent. Le tout porté par une bande originale décapante (Stand Up et Omen de Prodigy vont résonner longtemps).
Dave Lizewski (Aaron Jonhson) est un adolescent gavé de comics qui ne vit que pour ce monde de super-héros et d'incroyables aventures. Décidé à vivre son obsession jusque dans la réalité, il se choisit un nom - Kick-Ass - se fabrique lui-même un costume, et se lance dans une bataille effrénée contre le crime. Dans son délire, il n'a qu'un seul problème : Kick-Ass n'a pas le moindre superpouvoir... Il fera pourtant la rencontre de trois autres super-héros également déterminés à faire régner la justice.
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vendredi, 12 février 2010
Enfants disparus au Salvador

Ernestina et Erlinda Serrano Cruz étaient respectivement âgées de sept et trois ans lorsqu'elles ont disparu le 2 juin 1982. D'après des témoins, les deux sœurs ont été capturées par l'armée salvadorienne à Chalatenango durant le conflit armé qui a déchiré le pays de 1980 à 1992. Les fillettes font partie des quelques 700 enfants disparus pendant le conflit.
Comme dans de nombreux cas, la première plainte a été déposée en 1993 à la fin du conflit par leur mère, Maria Victoria Cruz Franco, auprès du tribunal de première instance de Chalatenango. Sans succès : la procédure judiciaire n'a pas progressé.
En février 2003, la Commission interaméricaine des droits de l'homme a recommandé à l'Etat salvadorien l'ouverture d'une enquête approfondie, impartiale et efficace en vue de retrouver les deux filles et de déférer à la justice les responsables présumés de leur disparition forcée.

L'Etat salvadorien n'a suivi aucune des recommandations. La Commission a donc, en juin 2003, soumis l'affaire à la Cour interaméricaine des droits de l'homme. Le 1er mars 2005, cette dernière a ordonné aux autorités salvadoriennes de créer une commission nationale chargée de rechercher les enfants disparus, ainsi qu'une base de données ADN destinée à permettre leur identification.
Une commission a bien été mise en place, mais elle ne répond pas aux prescriptions de la Cour. En revanche, aucune mesure n'a visiblement été prise pour créer la base de données ADN.
Sylvain Métafiot
Source : Amnesty International
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dimanche, 31 janvier 2010
Le paradoxe de l’autoréférence : c’est celui qui dit qui n’y est pas

On se souvient de l'insupportable menteur qui ne ment pas dans la mesure où il ment et qui ment dans la mesure où il ne ment pas. Le paradoxe de Grelling est comme le menteur un paradoxe de l'autoréférence issu du fait qu'un énoncé, parce que situé sur deux plans, se contredit lui-même.
Grelling divise les adjectifs en autologiques et en hétérologiques. Les adjectifs autologiques possèdent eux-mêmes la propriété qu'ils décrivent. Ainsi, « bref » est bref, « pentasyllabique » a cinq syllabes. En revanche, « long » n'est pas long, « bisyllabique » n'a pas deux syllabes. Ils sont hétérologiques.
Maintenant, on se pose la question de savoir si « hétérologique » est autologique ou hétérologique. Si « hétérologique » est hétérologique, alors il est autologique puisqu'il possède la propriété qu'il décrit, mais si « hétérologique » est autologique, alors il est hétérologique puisqu'il ne possède pas la propriété qu'il décrit. « Hétérologique » est autologique dans la mesure où il est hétérologique et hétérologique dans la mesure où il est autologique.
J'ai la tête qui tourne...

Sylvain Métafiot
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lundi, 14 décembre 2009
Le principe de cruauté

La cruauté, à la différence de la violence qui peut être utilisée à des fins justes pour empêcher un mal plus grand, reste un acte de démesure sans d'autres visées que l'excès. Et dans sa démesure elle échappe à tout discours, à toute pensée. Ce qui explique qu'on la relègue à la part inhumaine de l'homme, à quelque chose qui serait contre nature. On pense généralement que la cruauté relève du monstrueux donc de l'inhumain. Or n'est-elle pas, au contraire, un propre de l'homme dans la mesure où on ne la retrouve pas dans le reste de la nature, chez les animaux par exemple : les animaux sont violents uniquement pour la possession du territoire, pour la possession des femelles, mais jamais gratuitement.
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dimanche, 01 novembre 2009
Alfred T. Mahan, le père de la géopolitique américaine

L'amiral américain Alfred T. Mahan (1840-1914) peut être considéré comme le premier géopoliticien. Mahan vit dans ces décennies où les Etats-Unis « explosent » : affirmation du « destin manifeste » (Manifest Destiny) du peuple américain, industrialisation au pas de charge, immigration massive, conquête de l'Ouest, victoire contre le Mexique en 1848 puis contre l'Espagne en 1898. Partant d'une vision d'ensemble de la Terre et de son histoire politico-militaire, Mahan définit une politique pour son pays.
Ses deux livres majeurs sont consacrés à l'ascension de l'Angleterre : Influence de la puissance maritime sur l'histoire, 1660-1783 (1890) ; Influence de la puissance maritime sur la Révolution et l'empire français, 1793-1812 (1892). Dans ces ouvrages, Mahan, examinant l'affrontement planétaire entre la France et l'Angleterre, met en lumière la raison centrale de la victoire anglaise : une remarquable continuité de la politique guidée par une seule priorité, tenir les mers et les points de passage (Gibraltar, Le Cap...). Selon lui, les Etats-Unis sont appelés à remplacer l'Angleterre. La vision de Mahan se réalise au XXème , avec les deux guerres mondiales et la guerre froide : les Etats-Unis s'imposent alors comme les maîtres des océans et, au-delà, comme les gardiens des équilibres planétaires.
Sylvain Métafiot
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dimanche, 18 octobre 2009
L’expérience de Milgram

C'est aujourd'hui une belle journée : vous vous êtes porté volontaire pour participer à une expérience de psychologie bien rémunérée. Dans les locaux de l'université, un scientifique vous reçoit ainsi qu'un autre volontaire. Il vous explique qu'il étudie l'effet de la punition sur la mémorisation. L'un de vous deux jouera le rôle d'un « élève », qui devra mémoriser des séries de lettres. L'autre jouera le rôle de l' « enseignant » : il lira les mots que doit mémoriser l'élève et administrera grâce à une série de manettes des chocs électriques d'intensité croissante à l'élève s'il se trompe en les restituant. Vous tirez vos rôles à pile ou face ; le sort vous attribue le rôle de l'enseignant. L'élève est attaché à la chaise, et l'expérience commence. Il mémorise d'abord assez bien les mots que vous lui lisez. Mais il commet une première erreur : vous lui administrez un léger choc électrique. Visiblement la punition fonctionne et il se concentre à nouveau. Il se trompe cependant encore une fois : sur les ordres du professeur, vous lui administrez un choc un peu plus violent. Le cobaye semble soucieux. Stressé, il accumule les erreurs. A chaque fois, le scientifique vous enjoint d'administrer un choc plus important ; jusqu'au point où votre collègue, hurlant de douleur, vous supplie d'arrêter. Le professeur, inflexible, vous ordonne de continuer. Vous arrivez à la dose maximale - les mots « attention choc dangereux » sont inscrits près de la manette correspondante. Votre collègue, sanglotant et à moitié assommé par les chocs, refuse de répondre depuis quelques temps. Le scientifique vous ordonne d'administrer le choc maximal. Naturellement, vous refusez. « Vous n'avez pas le choix : vous devez continuer », vous répond-t-il. Que faites-vous ? Par pitié pour le cobaye, vous désobéissez au scientifique et arrêtez ? Ou bien vous suivez les ordres ?
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