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jeudi, 23 juillet 2009

Le totalitarisme au concret

Politiques du logement en RDA

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Attardons-nous un peu sur cette thèse ardue (désolé pour les néophytes) de Jay Rowell, chercheur au CNRS et membre du Groupe de sociologie politique européenne à Strasbourg. Ses travaux portent en général sur la sociologie de l'Etat communiste et l'histoire urbaine en Europe. Le présent ouvrage (cf. le titre de l'article) traite donc du régime politique de la RDA à travers la socio-histoire des instruments de domination bureaucratique et notamment des politiques du logement.

 

Depuis 1989, l'historiographie du système politique de la RDA a été marquée par un retour en force du paradigme totalitaire qui a placé le parti, l'appareil policier et l'idéologie au cœur de l'analyse. Cette lecture de la RDA comme un système dominé de manière absolue par le parti ne peut que reproduire, bien qu'à partir d'autres prémisses théoriques et normatives, les formes d'objectivation que le système produisait sur lui-même. Or, il semble que cette conception d'une domination « déjà-là », reposant in fine sur la contrainte physique, ne permet pas d'appréhender d'autres dimensions de l'histoire  politique et sociale plus « quotidiennes ».

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lundi, 01 juin 2009

Mentalité ou idéologie ?

Geiger.jpgDans son étude sur les régimes autoritaires et les systèmes totalitaires le sociologue Allemand Théodor Geiger (1932) établie une distinction entre mentalité et idéologie, que reprend le politologue Juan Linz. Pour Geiger, les idéologies sont des systèmes de pensée plus ou moins élaborés et organisés, souvent sous forme écrite, par des intellectuels et pseudo-intellectuels ou du moins avec leur aide. Les mentalités sont des manières de penser et de sentir, plus émotionnelles que rationnelles, qui déterminent des façons non codifiées de réagir aux situations qui se présentent.

 

La mentalité est un Subjektiver Geist (un esprit subjectif) même lorsqu'elle est collective, alors que l'idéologie est un Objektiver Geist (un esprit objectif). La mentalité est une attitude intellectuelle, tandis que l'idéologie renvoie à un contenu intellectuel. La mentalité est une prédisposition psychologique, l'idéologie une réflexion, une auto-interprétation. La mentalité est ce qui précède, l'idéologie ce qui vient après. Contrairement à l'idéologie, elle est sans forme et fluctuante. L'idéologie est un concept de la sociologie de la culture, celui de mentalité est issu de l'étude du caractère social. Les idéologies disposent d'une importante dimension utopique alors que les mentalités sont plus proches du présent ou du passé. Finalement, fondés qu'ils sont sur des éléments fixes, déterminant un affect important et une structure cognitive fermée dotée d'un fort pouvoir de contrainte en vue de la mobilisation et de la manipulation des masses, les systèmes de croyances idéologiques sont, pour leur part, symptomatique des totalitarismes.


A méditer lorsqu'on entend, à tort et à travers, ses notions dans la bouche des militants politiques, des professionnels politiques eux-mêmes, des journalistes ou du simple quidam croyant avoir réponse à tout. Et cette certitude : plus on progresse dans l'analyse  scientifique moins on trouve de synonymes.

 

Sylvain Métafiot

 

lundi, 11 mai 2009

« Il n'est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à l'égratignure de mon doigt »

Cette phrase est celle du philosophe David Hume. Elle est décryptée par François Lamoureux (Philosophie Magazine n°7) : « Pour le penseur écossais, la raison n'a aucun pouvoir sur nos passions, notamment sur l'égoïsme. Au risque de nous mener au chaos.

 

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« Enfin un philosophe ­sincère », murmureront certains. Il fallait de la jeunesse et un peu de folie pour oser faire une telle déclaration d'amour à l'égoïsme. Du haut de ses 26 ans, en plein siècle des Lumières, l'Écossais David Hume n'a pas hésité. Est-ce par goût du paradoxe qu'il fait mine, dans son Traité de la nature humaine, de cautionner un individualisme porté à l'extrême, qu'il prétend préférer la destruction universelle à un léger ­désagrément ? Ou bien ­exprime-t-il cyniquement le sentiment de celui qui cherche en lui-même une raison d'agir vertueusement... et n'en trouve ­finalement aucune ? Quel soulagement alors de voir rompue la longue chaîne des philosophes sévères et ­moralisateurs !

Si la raison elle-même nous engage à faire primer notre plaisir sur tout autre motif, nulle autre instance, a fortiori, ne saurait désormais nous reprocher d'agir au mépris de la morale. Vice et vertu n'ont plus à être distingués, et nous sommes libérés des pesanteurs du devoir. Le philosophe semble même aller plus loin : « La raison, affirme-t-il dans la suite de l'ouvrage, est et ne doit qu'être ­l'esclave des passions. » David Hume annoncerait l'anti-humanisme d'un ­Dostoïevski : « Que s'écroule l'univers pourvu que je boive toujours mon thé », affirmait le narrateur des ­Carnets du sous-sol.

 

En réalité, même si Hume ­exprimera tout au long de sa vie les opinions les plus provocantes sur la religion, le suicide, l'identité personnelle ou les principes de la connaissance, au point de réveiller Kant de son sommeil dogmatique, cette formule ressortit davantage au constat qu'à l'incitation pousse-au-crime. Ouf ! Reste qu'elle ne perd rien de sa radicalité. Depuis ses origines, la philosophie confie à la raison la mission d'édicter les valeurs morales et de les faire respecter contre nos passions égoïstes. On suppose donc que la raison puisse influer sur nos passions. Or c'est précisément ce que conteste Hume. La raison n'est pas égoïste, elle n'a tout simplement aucun pouvoir sur la morale. Elle doit comprendre qu'elle est totalement impuissante à diriger ou même à régler notre conduite et nos passions. Son domaine d'intervention est le vrai et le faux, pas le bien et le mal. Le problème est d'imaginer une vie en communauté possible si chacun suit librement ses passions. Ce serait oublier que, si la raison ne peut s'opposer aux passions, une autre passion le peut. Pour nous qui sommes caractérisés à l'origine par l'amour de soi et une « générosité limitée » à nos proches, le rôle de l'art politique est de faire servir nos passions à la communauté. On peut donc envisager une vie à peu près harmonieuse avec ses semblables sans intervention directe de la raison sur les passions.

 

Certains scientifiques contemporains semblent avancer dans le sillage de Hume. Dans Le Gène ­égoïste, le sociobiologiste Richard Dawkins suggère que les gènes utilisent les individus dans le cadre d'une lutte pour la reproduction et la sélection naturelle. Les comportements égoïstes, que le philosophe écossais considérait comme irréductibles dans la nature humaine, se retrouveraient aussi au niveau cellulaire ! Il ne serait pas contraire à la rationalité naturelle de préférer la destruction du génome humain à l'égratignure d'un de mes acides aminés. Décidément, Hume demeure un penseur dangereux. »

 

A Noter que vous pouvez retrouver David Hume sur France Culture en téléchargeant ou écoutant l'émission Les nouveaux chemins de la connaissance, présenté par Raphaël Enthoven : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture/emissi...

 

Sylvain Métafiot

mardi, 21 avril 2009

Otto Von Bismarck, Le fondateur du nationalisme allemand

 

A priori, rien ne disposait Otto Von Bismarck (1818-1898), issu d'une famille de junkers (hobereaux prussiens) fondamentalement hostiles aux idées de la Révolution française, à devenir l'accoucheur de l'idée nationale allemande. C'est pourtant bien Bismarck, nommé Premier ministre de la Prusse en 1862, qui proclame l'unification de l'Allemagne en 1871 dans la galerie des Glaces à Versailles, alors que les armées prussiennes assiègent Paris.

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Une fois l'unité de l'Allemagne réalisée, Bismarck, chancelier du Reich de 1871 à 1890, revient sagement à la bonne vieille diplomatie monarchique, celle de l'équilibre européen. La nouvelle Allemagne ne doit pas faire peur, elle doit se montrer satisfaite et exempte de toute revendication. Bismarck se veut un « honnête courtier » apaisant les querelles entre puissances européennes. Mais le « ver » national ronge l'Europe. Bismarck abandonne le pouvoir en 1890. L'empereur Guillaume II (1859-1941), assoiffé de grandeur, préfère les rêves nationalistes allemands à la prudence bismarckienne. L'engrenage est en marche, conduisant aux deux guerres mondiales et à l'anéantissement de l'Allemagne en 1945. En 1947, la Prusse, qui a plus ou moins survécu dans l'Allemagne unifiée, est dissoute par les quatre vainqueurs du conflit. La Prusse, décrétée cause de toutes les dérives allemandes (nationalisme, autoritarisme, militarisme) doit disparaître. En fait, le délire allemand a des origines multiples et complexes ; son incarnation extrême, Adolf Hitler (1889-1945), naît autrichien et trouve son ancrage allemand en Bavière.

 

Sylvain Métafiot

 

mercredi, 08 avril 2009

La Peine de Mort en débat

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Après une discussion que j'ai eu de nouveau avec des gens de ma génération, j'ai décidé d'écrire un petit article sur la Peine de Mort.

Le dialogue que j'ai pu avoir hier soir, je l'ai déjà malheureusement eu avec d'autres personnes et pas que des jeunes.

Et parce qu'il me parait essentiel que tout le monde sache pourquoi la peine de mort doit être abolie partout au monde je vais reciter plusieurs arguments contre, et enfin je vous parlerai de quelque chose qui m'a interpellé durant le débat d'hier au soir...

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vendredi, 27 mars 2009

Le dépassement des humanités

Pour comprendre ce qu'on entend par humanité voire l'article suivant : Les sciences sociales selon Foucault. Comment ce dépassement s'est-il opéré ? En voila une question qu'elle bonne ma p'tite dame !

 

On va dépasser les humanités à la fin du XIXe siècle. Les sciences sociales naissantes ne vont plus s'appuyer sur des valeurs, des idéaux, des opinions et de spéculations. On cherche à se débarrasser de la spéculation Hégélienne. Ce dernier avait un idéal intellectuel très ambitieux : déterminer la signification du devenir humain. Il développa une philosophie de l'histoire pour en comprendre le sens et anticiper le devenir historique. Selon Raymond Aron (La philosophie critique de l'histoire), Hegel voulait comprendre le sens ultime des évolutions des cultures et sociétés humaines. Au XIXe siècle, les sciences sociales vont être beaucoup plus modestes que Hegel. Les chercheurs ne se croient plus dépositaires des secrets de la providence. Tandis qu'Hegel voulait construire un savoir absolu.

 

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On rejette également la métaphysique (connaissance qui se rapporte à des objets au-delà de la nature, au-delà du monde physique, qui ne relève pas de l'expérience sensible, on est dans un monde au-delà du matériel). On adopte donc une posture positiviste : on s'en tient à des données d'observations, à des faits empiriques, à des facteurs dont on peut reconstruire les réseaux (tout phénomène découle d'un ensemble de causes), à un travail de recensement, de statistiques, de dénombrement. De tout temps, ceux qui détenaient le pouvoir ont cherché à faire des dénombrements pour évaluer les richesses produites et pour recruter des hommes d'armes. Le développement des sciences sociales s'est accompagné d'un approfondissement des démarches de quantification et de mesures objectives.

 

L'imagination conceptuelle doit être subordonnée à l'observation. Ces nouvelles sciences sociales vont être confrontées à une grande question : quelles relations y a-t-il entre des lois générales et les variations historiques des sociétés ? Comme toute science, il s'agit de dégager des lois de portée générale et en même temps il faut partir de cas concret, il faut une base empirique.

 

Les sciences sociales doivent échapper à deux pièges :

  • Faire uniquement des descriptions empiriques. On risque d'accumuler des données, des études de cas, etc. Ce danger a failli tuer l'ethnologie du début du siècle car on avait accumulé un nombre gigantesque d'objets et d'informations. Et cela était devenu ingérable et sans aucun sens. Certains travaux sont totalement empiriques sans questions sous-jacentes. Alors qu'un matériau d'étude n'a un sens que s'il a une problématique

 

  • Revenir à la pure spéculation théorique. Rester dans le domaine abstrait, dans une pensée hypothético-déductive est une mauvaise chose. Il y a une différence entre l'induction qui procède par généralisation à partir d'événements particuliers et la déduction qui procède d'abord par une question théorique que l'on va confirmer ou infirmer grâce à des observations réelles. La physique est essentiellement déductive tandis que beaucoup de sciences sociales sont inductives, telle que la géographie.

 

Un idéal s'est développé : une science sociale aboutie est une science qui permet de dégager des lois générales sur les comportements humains et qui vérifient la vérité historique. Mais peut-on atteindre ce niveau de maturité où on serait capable d'expliquer toute situation historique à partir de lois générales ?

 

A suivre...

 

Sylvain Métafiot

 

mardi, 03 mars 2009

Le paradoxe du comédien : moins on sent, plus on fait sentir

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En ces temps d’Oscars et de César en-veux-tu-en-voila, l’occasion est trop belle pour évoquer une curiosité propre à la profession de comédien et mis en lumière par un penseur du même nom.


Ce paradoxe, inventé par Diderot, tient au contraste existant entre l’expression évidente du corps (mimiques, gestes, attitudes exprimant des émotions violentes, amour, haine, joie, désespoir, etc.) et l’absence d’émotion ressentie de la part de l’acteur. Celui-ci joue sans éprouver. Il rit sans être gai, pleure sans être triste. Il se sert de son corps comme d’un instrument. Le paradoxe peut aller jusqu’à l’affirmation qu’un bon acteur est précisément celui qui est capable d’exprimer des émotions qu’il ne ressent pas. Il est par conséquent dans la position du calculateur ou encore dans celle du manipulateur, la marionnette en l’occurrence étant le corps lui-même.


Cette conception est aux antipodes de celle qui considère l’action dramatique comme une identification hystérique (l’acteur fait plus que jouer son rôle, il l’habite, le vit, l’incarne. A la manière d'Heath « Joker » Ledger dans The Dark Knight). A la limite, dans cette théorie, il n’y a plus de jeu (lequel suppose un écart – voir le sens du mot menuiserie lorsqu’on dit que le bois joue).


Le paradoxe du comédien met en évidence l’écart qui peut exister entre le corps et le psychisme. Il sert d’argument aux adversaires de la théorie physiologique des émotions, qui voient dans celles-ci des impressions ressenties à partir des expressions objectives du corps (ainsi, selon William James, qui fut un défenseur de cette théorie, la peur est l’impression consécutive à un mouvement de fuite ou de protection déjà esquissé par le corps).


Qu’en pensent les New-Yorkais de l’Actor’s Studio ?

 

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Sylvain Métafiot

mardi, 10 février 2009

Le Royaume de Patagonie

 

Que dire de ce territoire appelé la fin du monde...

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Découvert en 1520 par Magellan, la Patagonie territoire presque inconnu jusqu'à il y a peu nous livre de belles petites histoires.

 

Son nom signifie "le pays des  grands pieds ", Magellan raconte dans ses mémoires qu'il avait rencontré un peuple extraordinairement grand et avec des pieds excessivement énormes !

Plusieurs autres explorateurs ont aussi signalé avoir vu ce peuple aux grands pieds... Le mystère reste entier, légende ? Vérité ? Impossible à savoir...

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samedi, 31 janvier 2009

Les sciences sociales selon Foucault

 

fou_af_290308.jpgMichel Foucault (1926-1984), à travers des ouvrages tels que Les mots et les choses ; L’archéologie du savoir ; Michel Foucault un parcours philosophique, disait que la science de l’homme était récente et fragile et pouvait disparaître rapidement. Il voulait faire une archéologie des sciences humaines. Celles-ci étant les ancêtres des sciences sociales. Il proposa un découpage de l’ère intellectuelle en trois périodes :

 

La renaissance (jusqu’au XVIème siècle)
Avant la renaissance, la conscience culturelle n’est pas compatible avec le libre exercice d’un savoir qui ferait de l’homme son objet et son sujet. Il y a la domination du schéma de l’astrologie biologie : dans cette représentation du monde, les relations entre les hommes sont considérées comme inférieures en dignité car ce qui explique nos conduites c’est l’influence transcendante des astres-dieux. On estimait que les astres déterminaient et régissaient la totalité des phénomènes sur Terre. L’astrologie et la culture chrétienne médiévale étaient très influentes : seul un dieu créateur régissait les comportements des hommes. Jusqu’à la renaissance c’est ce type de savoir qui domine.
Si on considère ce genre de théories ce n’est pas la peine de faire de la science, il suffit juste d’étudier les textes sacrés et chercher les réponses dedans. Une vie bonne c’était l’obéissance à une divinité. L’idée d’étudier l’homme comme objet était inexistant.
A partir du XIVème siècle, il y a une évolution des représentations, grâce aux intellectuels et aux savants. Les travaux de Galilée introduisent un schéma de connaissance rigoureux. C’est l’amorce d’un changement d’esprit. Erasme et Montaigne ont développé l’idée de la personnalité : elle peut se travailler (voire Les essais). On retrouve un rapport de l’homme à lui-même, ce qui était déjà présent chez les Stoïciens. La personnalité est digne d’un travail de soi sur soi. L’homme s’autonomise et devient pertinent comme objet de travail.

 

L’âge classique (du XVIème au XVIIIème siècle)
L’être humain ne se considère pas encore comme créateur. Le monde à une existence autonome et ne dépend pas de l’homme. Mais, il y a une nouvelle conception intellectuelle de lui. Il doit clarifier les choses, expliquer l’ordre du monde avec des concepts clairs et certains. L’objectif des élites est de décrire le monde : classer et distinguer les espèces vivantes. René Descartes était l’emblème de cette recherche de la certitude, notamment avec le cogito (« je pense donc je suis »). Ceux qui pensent doivent décrire et organiser un tableau du monde. Mais le sens du monde est considéré comme en-soi, il échappe encore à l’humain. On recherche l’ordre intellectuel, la certitude, mais l’homme n’est pas encore un objet d’étude.

 

Kant.jpgLa venue de l’homme (fin du XVIIIème et début du XIXème siècle)
Grâce à Emmanuel Kant, qui introduit des questions nouvelles, on s’interroge sur les limites de la connaissance. Qu’est-ce que notre esprit peut connaître ? Pour Foucault c’est un bouleversement car l’homme gagne en dignité et en légitimité. L’homme se pense comme le sujet de toute connaissance possible. Nous n’allons pas vers le monde pour le saisir, mais notre esprit le construit grâce à des capacités innées. L’homme devient objet de connaissance. Selon Foucault, « l’homme devient la mesure de toute chose ». De plus en plus de gens abandonnent l’idée que l’homme n’est pas un être parmi les êtres mais un sujet parmi les objets et que le monde n’a pas été crée par Dieu. C’est là que commence réellement la modernité. Ce mouvement intellectuel, issu de l’humanisme, atteint sa maturité au XIXème siècle grâce à l’avènement de la philologie (étude historique des textes, des œuvres de l’esprit). On va étudier ces œuvres de plusieurs points de vue en essayant de dégager la personnalité de leurs auteurs ainsi que les caractéristiques du monde où ils vivaient. La philologie porte un projet rationaliste émancipateur face au pouvoir religieux et coutumier. Certains, comme Taylor ou Touraine, ont affirmé que la modernité c’est la Raison, l’individu et la démocratie. C’est l’idée qu’avec des individus doués de raison, il est possible de construire un espace public dans lequel va émerger du débat, une confrontation d’arguments et de contre arguments, des concepts rationnels, bref une démocratie. Mais il faut s’émanciper de l’autorité et de la communauté. Il faut de l’individualité s’échappant du poids des coutumes.

 

Cette volonté de rendre l’homme à lui-même par la connaissance, c’est toujours le projet des sciences sociales. Il s’agit toujours de rendre compte des pratiques et des relations sociales sans chercher des explications autres que terrestre (transcendance, religion). Emile Durkheim avait une démarche positive consistant à expliquer le social par le social. Expliquer les faits sociaux comme s’ils étaient des choses. Touraine disait que « faire de la sociologie, c’est renoncer aux garants méta sociaux ».

Cette culture humaniste va se développer lors de grands bouleversements : développement industriel, multiplication des échanges commerciaux, conflits politiques. C’est à partir de là qu’émergent les sciences sociales. En 1890, Renan disait qu’au moment même où les sciences philologiques ont atteint leur maturité elles se détruisent au profit des sciences sociales et politiques. La philologie était incapable de traiter certaines questions posées par les bouleversements de la société, telles que : qu’est-ce qui fonde le lien social ? Qui doit détenir le pouvoir ? Comment doit être organisé la société ? Comment concilier des valeurs sacrées avec la réalité socio-économique ? Quel va être l’évolution future des sociétés occidentales ?
Par un mouvement logique, le domaine des sciences humaines s’est élargi. On ne peut plus réfléchir au sujet humain sans comprendre comment ce sujet évolue au gré des bouleversements économiques, sociaux, politiques et culturels. Le passage de relais entre science humaine et science sociale avait été anticipé par certains : Goethe estimait que « la vocation du commerce et des affaires est comparable à la vocation des arts et des lettres ».


A suivre…

 

Sylvain Métafiot

mercredi, 28 janvier 2009

L’Assassin Royal

apprenti_assassin.jpgL’assassin royal est une œuvre littéraire fantastique de 1995, dont l’intrigue se situe au moyen age. Le style médiéval-fantastique… Vous me direz que Tolkien a déjà bien exploité la chose ! Pourtant, tous ceux qui ont apprécié le chef d’œuvre de ce dernier (ils sont nombreux et ce n’est rien de le dire), devrait se pencher sur le cycle de l’assassin royal tant celui-ci est riche et prenant.


L’auteur Robin Hobb, de son vrai nom Margaret Astrid Lindholm Ogde, est originaire de Californie. À ce jour, l’assassin royal, sorti en France en 13 tomes aux éditions J’ai Lu est son plus gros succès et il est amplement mérité.
Le monde qu’elle a créé est des plus additifs. Commencer à le lire et vous ne lâcherez plus le livre ! C’est bien simple : à la fin de chaque tome, vous serez obligé d’acheter la suite.
Je vous laisse lire la préface du premier tome, intitulé L’apprenti assassin.

Au Royaume des Six-Duchés, le prince Chevalerie de la famille régnante des Loinvoyant, renonce à devenir roi-servant le jour ou il apprend l’existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l’autorité de Burrich, le maître d’écurie. Mais le roi Subtil impose que Fitz reçoive, malgré sa condition une éducation princière. L’enfant découvrira bientôt que le véritable dessein du monarque est tout autre : faire de lui un assassin au service du pouvoir royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu’à un fil : celui de sa lame.



Au fil de la lecture, l’histoire de Fitz, devient véritablement la vôtre. Chaque nouveau tome révèle de nombreuses surprises, des situations imprévisibles et haletantes. L’œuvre traduit des personnages complexes qui évoluent au fil du temps, tout comme les relations qu’ils entretiennent. Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres : tantôt vous allez adorer certains, tantôt vous aller en haïr d’autres. La lecture est fluide et facile et ne devrait rebuter personne.
Je le dis et redis, L’assassin royal est un chef d’œuvre à classer aux cotés des plus grands ouvrages fantastiques. Il est d’ailleurs pour moi supérieur au Seigneur des Anneaux.
Foncez et vous ne pourrez plus vous arrêter.

L’assassin royal

  1. L’apprenti assassin
  2. L’assassin royal
  3. La nef du crépuscule
  4. Le poison de la vengeance
  5. La voie magique
  6. La reine solitaire
  7. Le prophète blanc
  8. La secte maudite
  9. Les secrets de Castlecerf
  10. Serments et deuils
  11. Le dragon des glaces
  12. L’homme noir
  13. Adieux et retrouvailles

 

Il est aussi bon de savoir que Robin a écrit Les aventuriers de la mer, suite indirecte de l’assassin royal, dont je vous ferai un rapport après lecture !

 

Laurent