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lundi, 27 octobre 2008

Dur dur d'être étudiant...

martine.jpgAprès le baccalauréat, après 3 années d’école maternelle, 5 années d’école primaire, 4 année de collège et enfin 3 années de lycée : nous entrons dans un nouveau monde, celui de l’Etudiant ! 
Nous, les étudiants nous vivons dans une sphère à part, nous sommes détachés du monde de l’enfance et du monde des adultes. Nous n’avons plus l’âge de jouer à la marelle et nous ne sommes pas encore assez grands pour diriger une entreprise. Nous sommes dans une sorte de couloir, dans un espace temporel. Il nous faut travailler dur pour arriver à atteindre le but que chacun se fixe. La vie est une dure mélodie qui nous conduira à une fin heureuse… ou pas ! Etant petit nous avons toujours rêvé de devenir docteur ou bien chanteuse. Mais la dure réalité de la vie nous a coupé nos ailes. On s’est rendu compte qu’il fallait transpirer et affronter les obstacles de la vie. Nul ne peut réussir sans efforts ! Nous faisons des études, certes pas toujours très amusantes, mais au final il faut avoir conscience que c’est une réelle chance car dans le monde, il y a des enfants qui ne peuvent apprendre. Lire, écrire, s’exprimer, s’enrichir oui c’est ce que nous apportent les études. Tout au long de cette transition vers le monde du travail, on ne fait que se plaindre à longueur de journée car c’est trop dur, trop compliqué, trop ennuyant. Mais nous avons le choix d’étudier ou non. N’est-ce pas ? Et puis nous avons aussi le choix de nos études : médecine, droit, psychologie, graphisme, commerce,… Et j’en passe ! Alors pourquoi les jeunes étudiants se plaignent autant ? C’est une question à se poser !
Pour prendre le cas d’un étudiant de nos jours, il y a tellement de choses à dire…

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mercredi, 15 octobre 2008

Le Harcèlement Moral au travail

Aujourd'hui, je voulais parler d'un sujet assez sensible : le harcèlement moral au travail.

D'abord un constat sur les textes de lois s'y référant…

harcelement moral.jpg

 

Définition du harcèlement moral par la loi :

122-49 alinéa 1 du code du travail : « Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale, ou de compromettre son avenir professionnel. ». Dans le cas contraire, « le fait de harceler (…) sera puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende » comme l’énonce l’Article 222-33-2 du Code pénal. La loi de janvier 2002 en a ainsi fait un délit.

Plusieurs textes de lois abordent ce sujet, mais aucune autre ne définit aussi clairement le harcèlement moral, voilà pourquoi les juristes estiment qu'il peu y avoir beaucoup d'abus.

Qui est protégé par ces lois ?

Selon la loi de modernisation sociale, la victime peut être tout salarié qui a subit ces agissements.

Ensuite, le salarié peut être considéré aussi comme une victime du harcèlement moral au travail dès lors qu'il a été licencié, blâmé (sanctionné) ou encore lorsqu'une mesure discriminatoire a été prise contre lui.

La loi précise que différents facteurs rentrent en compte, tels que la dénonciation du harcèlement moral par un salarié, qui aurait pu se retourner contre lui.

Enfin, si un salarié constate qu'a diplôme, formation, compétences et expériences identiques, un de ses collègues a une rémunération beaucoup plus importante que lui il peut agir.

Tout ce qui rentre dans la formation, le reclassement d'un salarié, une mutation, ou encore un non désir de renouvellement du contrat par l'employeur peuvent être des éléments à charge contre l'employeur.

Dans la suite de l'article, les devoirs de l'employeur, comment agir en cas de harcèlement et quelles sont les sanctions possibles, ainsi qu'une petite réflexion sur cette notion de harcèlement moral

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mercredi, 24 septembre 2008

Culte du corps, haine du corporel

Pourquoi un extrait d’un article d’Olivia Gazalé « Le corps était presque parfait » (dont le titre est aussi d’elle) ?

Pour relativiser sur le culte du corps et redonner confiance à ceux qui pense qu’ils ne sont pas « physiquement assez bien » car pas à la hauteur des canons uniformisés de la beauté actuelle.

 

Nous sommes submergés par des images de corps parfaits de façon quotidienne et intensive. Que ce soit à la télé à travers la pub ou les émissions de « djeunes » (les clips de gangsta-rap par exemple qui, non content, de rabaisser à son plus bas niveau ce génial style musical qu’est le rap, perpétuent des clichés machistes et virils insupportables), dans le métro sur des affiches géantes, sur Internet ou dans les magazines people, le corps sans défaut est érigé en norme sociale indiscutable.

Deux choix nous sont imposés : soit l’imitation de ces modèles absolus, soit, à défaut de pouvoir y arriver, l’admiration béate et sans bornes des mêmes démiurges (élevons des statues que diable).
Mais, et cela est pire, cette mode semble relever d’une haine de soi évidemment pathétique. Voyez ce qu’en dit Gazalé :

 

"A l’heure de la religion de la beauté jeune et musclée, l’affaissement de vos chairs fait de vous un hérétique, un parjure, un blasphémateur. Ce n’est pas tant des défauts de votre corps dont vous avez honte que de l’absence de volonté qui en est la cause… Nous voudrions l’avoir débarrassé de tous les déterminismes: le vieillissement, la maladie, la laideur et- pourquoi pas?- le sexe et la couleur… Le moralisme hygiéniste a transformé les canons esthétiques en normes éthiques. Désormais, la faute ne consiste plus à jouir de son corps, mais à le laisser se dégrader…. Le culte actuel du corps s’accompagne d’une phobie du corporel, d’une haine du corps organique… L’utopie du corps parfait renvoie au rêve de pureté qui hante l’humanité depuis ses origines… La pureté se confond ainsi avec la cosmétique et la diététique… Les sexes intégralement épilés des actrices porno semblent aujourd’hui infiniment moins obscènes que L’Origine du monde de Gustave Courbet. Car la toison énigmatique sent la terre, la bête, l’indomptable femelle, alors que le pubis glabre évoque la pureté virginale de l’enfance, le salon de beauté et la domestication de soi… Cette détestation du corporel ne renvoie-t-elle pas, au fond, à la vieille démonisation de la chair héritée des premiers pères de l’Eglise ?… Le fantasme de perfection est un fantasme mortifère. Vouloir un corps parfait, c’est vouloir s’arracher au sien, c’est désirer mourir à son propre corps…"

 

origine_du_monde-courbet.1180519442.jpg


J’ai utilisé le mot « mode » plus haut : plusieurs siècles auparavant (je serais bien incapable de vous dire quand exactement) la beauté suprême était…la rondeur. Les femmes aux formes très généreuses étaient considérées comme les plus belles de leur temps. 
Ainsi, personne n’est parfait ? Encore heureux !


Sylvain Métafiot

dimanche, 14 septembre 2008

Je blasphème, donc je suis

Histoire d’enfoncer le clou (sur la croix) a propos des religions, et pas seulement du christianisme, voici un magnifique texte anticlérical de Philippe Val, à lire religieusement :religieusefumant.jpg

« Lorsque la théocratie règne, les sciences, les arts, les lettres, la philosophie, s’en vont fleurir ailleurs.

La joie s’éteint. La morbide décadence ronge l’enthousiasme général. La migraine de l’ennui remplace l’ivresse de la découverte.

La fatigue ronchonnante bredouille sa haine du désir. Les palais se lézardent, les bassins croupissent, et, des universités où bouillonnaient les jeunes polémiques, on n’entend plus monter que des psalmodies de versets ressassés jusqu’à l’abrutissement.

La civilisation s’est développée grâce au blasphème, qui est une contestation du monde immuable rêvé par les théocraties. La notion de blasphème est une invention pour nier la légitimité de l’idée que rien n’est immobile, que l’Univers entier n’est que mouvement, et que même l’immobilité, comme le disait Montaigne, « n’est qu’un bransle plus languissant ».

Contester l’immuabilité des savoirs tolérés par les théocrates, c’est s’exposer au bûcher, à la relégation, à la censure, à la persécution, à la fatwa, à l’exil, à l’échafaud, à la torture, à l’excommunication, à l’autodafé, à l’emprisonnement, à l’infamie, à l’Inquisition, à l’injure, à la menace et à la mort.

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jeudi, 11 septembre 2008

One Flat Thing : Reproduced (danse contemporaine)

C’était Jeudi 11 septembre, 17h20 sur Arte...


À cette heure-ci, il n’y avait qu’un seul programme qui valait la peine... et quelle peine !
Durant près de 26 minutes, le chorégraphe Mourad Merzouki nous montre un ballet moderne hors du commun. 
La scène se compose de vingt tables sur lesquelles évoluent quatorze individus. À première vue, des danseurs qui utilisent des tables pour leurs jeux de scènes... vous allez me dire qu’il n’y a rien de très original.

one_flat_thing_reproduced_hr.jpg



Pourtant la chorégraphie est surprenante ! Les gestes sont tantôt lents, tantôt rapides, brusques et incompréhensibles. On a parfois l’impression que le ballet fut monté à l’envers. Mais ce tour de force est accentué par l’impeccable réalisation de Thierry de Mey. Il filme le spectacle en parfaite adéquation avec ce dernier, proposant par la même occasion des plans très forts. Tout ces corps s’expriment de manières étranges. 

Un film étrange et dérangeant, que je vous conseille de visionner. En effet, il pourrait en attirer plus d’un vers le monde de la danse.

D’ailleurs, la danse est à l’honneur sur Arte durant la Biennale de la danse à Lyon jusqu’au 30 Septembre.
Ce film est le pendant du spectacle de M Merzouki actuellement en représentation à cette même Biennale à Lyon. Donc, si vous le pouvez, précipitez-vous voir ce spectacle !

 

 

Laurent

mardi, 09 septembre 2008

Les blogs ou l'erreur de Narcisse

Je me permets d’apporter ma modeste contribution à ce débat, ma foi for intéressant. J’avais, par ailleurs, le projet de rédiger un article sur les blogs. L’occasion est trop belle…

 

Le mensuel La Décroissance est certes un peu caricatural et extrême dans ses propos MAIS (car il y a un mais) il est loin d’avoir vraiment tort et cette agitation mérite une réflexion sérieuse. Ce sera donc une certaine mise en abyme critique à NarcisseCaravage.jpglaquelle je vais me livrer.

 

Je tiens, tout d’abord, à préciser qu’en général je n’aime pas les blogs (vous comprendrez plus bas). La raison pour laquelle j’ai accepté de participer à « l’aventure » mapausecafé est que c’est un des rares blogs à ne pas s’appesantir sur ses auteurs de façon outrancièrement nombriliste, comme c’est, malheureusement, le cas de l’immense majorité des blogs sur la Toile. En effet, excepté le fait que nous sommes tous les trois de sexe masculin et que nous ne portons pas Sarko & Co dans notre cœur (c’est le moins que l’on puisse dire) vous ne savez rien de nous et ce n’est pas près de changer ! Il faudrait être franchement dérangé pour croire que nos vies soient intéressantes au point d’en faire le récit pathétique sur le Net. Comme vous l’aurez remarqué, je ne suis ni journaliste, ni éditorialiste, ni reporter, etc. Manquant cruellement de temps et, surtout, de talent je cite davantage des articles et des auteurs que j’ai lus ou entendus (voir je les reproduits intégralement) plutôt qu’une analyse personnelle poussée (je vous rassure ça m’arrive de temps en temps). De la même manière qu’il ne suffit pas de posséder un stylo et une feuille blanche pour être un écrivain, il ne suffit pas d’avoir un ordinateur et un appareil photo intégré dans son téléphone portable pour se prétendre journaliste. Le « Tous journalistes » déclenché par le phénomène des blogs est une connerie monumentale et une supercherie de premier plan !

 

Mapausecafé n’a pas à vocation à révolutionner le monde de l’information mais à proposer des réflexions argumentées, des débats, des découvertes artistiques, dans une optique éclectique avec pour seule garantie notre bonne volonté et une honnêteté intellectuelle que nous nous efforçons de maintenir. Ainsi donc, fidèle à ma paresse, je tiens à citer le philosophe Raphaël Enthoven (ce n’est pas la dernière fois que vous le verrez celui-là) à propos de l’affaire qui nous tient en haleine (cela ne concernant pas mapausecafé pour les raisons citées plus haut) : « Il n’y a rien de surprenant à l’explosion d’une sphère (le blog) qui réconcilie narcissisme et citoyenneté. Quand le blogueur compile et enfile, comment autant de perles, les expériences qui sont les siennes, il le fait, en plus, avec le sentiment d’être utile (ce qui est rarement le cas). Son visage lui sert d’interface, sa petite histoire lui paraît un roman, les cailloux qu’il sème sur la Toile lui semblent des diamants. Telle une bouteille qu’on jette à la mer, au milieu des surfeurs, le blog est une supplique reconnue d’utilité publique, une opinion sur rue, la prière éperdue d’un être (vous et moi) qui, faute d’être qui que ce soit, mendie tous les jours l’onction des inconnus : « regardez-moi, dit-il à mots couverts, écoutez-moi, répondez-moi, participez-moi, car sans vous, je ne serais pas moi… ». La publicité de l’intime dissimule le sentiment de vide sous l’alibi de la transparence. Le blog ? L’invasion du monde par le « moi ». La tentative impérialiste de rendre important ce qui n’importe qu’à soi. Comme les décorations qu’un ancien combattant accroche au revers de sa veste dès qu’il met le nez dehors, le blog est un préservatif, une bulle malléable qui nous accompagne à l’étranger, et qui permet, dans un monde hostile, de rencontrer l’autre sans sortir de soi ni bouger de son site. Quand on monte un blog, on se déshabille, on se raconte, on se peint… mais à la différence du romancier, le blogueur ne s’expose jamais. Internet est un théâtre dont chaque figurant peut enfin, sans redouter le ridicule, se donner le rôle principal. Sur Internet le nombril est nombreux. Internet, le média de l’amour-propre, met l’infini à portée de tous les caniches que nous sommes : niveau caniveau. Le blog ? Un aveu. Le blog ? Parce que je ne vaux rien, et toi non plus. »

blogueurs.jpg

 

Pour finir, fidèles lecteurs de mapausecafé, voici une petite liste des blogs que j’estime réellement intéressant (outre le notre cela va sans dire) :

 

Sylvain Métafiot

dimanche, 07 septembre 2008

Une touche de féminité

danse-orientale.jpgDidier et Alexis de MaPauseCafé ont eu la chance de passé une soirée avec Leila. Sous ce joli prénom, se cache une jeune femme passionnée de danse orientale. Leila nous l’a donc fait découvrir, pour notre plus grand plaisir ! Elle nous a fait ressentir la grâce, de la féminité et de la dimension artistique de la danse orientale.
« Si tu danses la beauté même dans la solitude du désert tu trouveras un œil émerveillé. »
Kalil Gibran

La sensualité et la douceur qu’exprime la danseuse orientale ne sont qu’une partie de sa féminité. 
Sa souplesse ainsi que sa vitalité permettent de ressentir tout l’amour et la souffrance qui nourrissent sa vie.  
Différents styles de danse orientale existent suivant les régions du monde arabe.
On distinguera, en ce qui concerne l’Egypte, deux types de danse :

  • Le sharki
  • Le baladi (danse populaire)

 

L’équipe de MaPauseCafé, toute innocente, s’étonne que cet art soit uniquement destiné aux femmes ! Mais Leila nous précise que les hommes peuvent aussi danser orientale. De nombreux professeurs renommés dans le monde entier tel que Mahmoud Reda ou Yousry Sharif ont permis aux hommes de se distinguer dans ce monde longtemps réservé aux femmes.

 

La danse orientale (raks el sharki en arabe) est née en Egypte à partir du 16ème siècle.
On distingue tout d’abord les » gawazee », une minorité tsigane qui danse dans les lieux publiques. Ce sont ces danseuses que rencontreront les soldats de Bonaparte dès 1798 dans les campagnes du sud de l’Egypte. Les « gawazee » seront bannies par le sultan Mohammed Ali dès 1834 de la Haute –Egypte.


Parallèlement à ces femmes à mauvaises réputations, les « almées » connaissent un très grand succès. Ces danseuses de bonne famille qui ne se produisent que devant les femmes font honneur à la danse orientale dans le monde arabe. Leur finesse et leur grâce permettront d’introduire dès le 20ème siècle la danse au cinéma. Certaines grandes figures de la danse orientale telle que Naima Akef , Samia Gamal ou encore Tahiya Carioca auront permis une reconnaissance à cet art encore peu considéré par les professionnels de la danse en Europe.
Les grandes danseuses actuelles sont pour la plupart Egyptiennes, mais de nombreuses écoles de danse orientale ouvrent leur porte dans le monde entier.  
Voici les noms de grandes danseuses actuelles : Randa Kamel, Dina, Soraya Zaied (Brésilienne) ou encore Rajaa Dussart (Maroc).

Leila nous rappelle une belle citation du défunt Maurice Bejart car la danse c’est 
« un minimum d'explications, un minimum d'anecdotes, et un maximum de sensations »

Donc merci Leila pour cette très belle soirée !

mercredi, 03 septembre 2008

Le paradoxe de la loterie

ou comment mettre de son coté toutes les chances de perdre

 

loto1.jpgCe paradoxe tient dans le contraste existant entre la probabilité presque nulle qu’a chaque ticket (sur un grand nombre) de gagner et la certitude que l’un de ces tickets sera gagnant. Il est d’ailleurs à noter que les joueurs de jeux de hasard (qui ne croient pratiquement jamais au hasard) exagèrent considérablement leurs chances de gain et donc annulent implicitement ce paradoxe. C’est sur cette illusion que la publicité joue pour attirer les alouettes dans son miroir (« 100 % des gagnants ont joué »). Qui, parmi les joueurs de loto sait qu’il a beaucoup plus de risques de mourir écrasé par une voiture que de chances de gagner le gros lot (une chance sur 15 millions environ) ?

 

L’ignorance des probabilités dans le grand public est liée à son refus de considérer le hasard comme un fait objectif. En fait, les gens ne croient pas au hasard et c’est pourquoi ils ne jouent pratiquement jamais au hasard aux jeux de hasard. Qui, parmi eux, auraient le culot de cocher les six premières cases (1, 2, 3, 4, 5,6) sur une grille de loto ? Cette combinaison a pourtant rigoureusement autant de chances de sortir que n’importe quelle autre ! La superstition est une réaction magique face aux risques et au hasard.

 

On raconte l’histoire suivante. Il y a une vingtaine d’années, à l’époque où il y avait eu une série de détournements d’avion par des terroristes, un homme fut pris au contrôle de l’aéroport avec une bombe dans son sac de voyage. Soupçonné de vouloir préparer un attentat, il fut arrêté. Mais lors de l’interrogatoire, la police eut la stupéfaction d’apprendre que le suspect n’avait en fait rien à voir avec le terrorisme.

 

Il en concevait, à l’inverse, une telle frayeur qu’il s’était fait le raisonnement suivant : la probabilité pour que je me retrouve avec des terroristes dans un avion est certes faible (des milliers d’avions circulent chaque jour) mais elle existe et avec la chance que je me connais, je risque de tomber sur celui-là. La probabilité pour qu’il y ait deux bombes dans l’avion est encore beaucoup plus faible – s’il y a une chance sur six de sortit le six aux dès, il y a une chance sur 36 (6 x 6) de sortir un double six. Donc il n’y a qu’un risque sur plusieurs millions pour que dans le même avion il y ait deux bombes. Notre homme avait donc emporté avec lui une bombe, comme si celle-ci annulait l’éventuelle bombe des terroristes !

 

Sylvain Métafiot

lundi, 01 septembre 2008

Petit livre, grand auteur

Cherfi481.jpgLaissez-moi vous parlez d’un bouquin, modeste de taille (72 pages à tout casser) mais au contenu grandiose : Livret de Famille de Magyd Cherfi. Si ce nom d’écrivain ne vous dit rien de prime abord, le fait que Cherfi soit le chanteur du groupe Zebda doit davantage vous parler (« tombez la chemise » tu percute ?). Vivant à Toulouse, il nous raconte son enfance de façon poétique et tragique (sa lucidité n’a d’égale que son humour ravageur). La façon dont il décrit les aléas de sa cité, un zoo d’un nouveau genre, ou le monde pitoyable du foot, est tout simplement fabuleuse. Découpée en court chapitres sa prose est légère et envoutante. Livret de famille.jpg

 

N’étant absolument pas un critique littéraire je vous propose la quatrième de couverture : « Dans cette suite de récits, souvenirs, textes d’humeur ou d’opinion, Magyd Cherfi évoque la cité de son enfance, les délices et les galères de la Ville rose, la beauté des filles confisquée par la loi des frères, le cœur (et le portefeuille) à droite des dieux du football, les mérites comparés des Omeyades et des Gaulois, les peines et les joies de l’embrouille identitaire – tout ce qui suggère, recèle, symbolise ce document officiel, national et pourtant si privé : le livret de famille. » Une autobiographie à lire d’urgence pour s’aérer l’esprit.

Sylvain Métafiot

mardi, 05 août 2008

Sartre et le garçon de café

Allez, zou, un peu de philo.

Les philosophes, pour présenter leurs théories aiment se servir d'exemples. Dans L'Etre et le Néant Sartre choisit un garçon de café pour illustrer sa définition très personnelle de la mauvaise foi.

 

 

 

sartre.jpg

Après s'être attablé à un café du quartier latin Sartre, derrière le verre épais de ses lunettes, considère le garçon de café de la façon suivante : "Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d'un pas un peu trop vif, il s'incline avec un peu trop d'empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la commande du client, enfin le voila qui revient, en essayant d'imiter dans sa démarche la rigueur inflexible d'on ne sait quel automate, tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule [...]. Toute sa conduite nous semble un jeu [...]. Il joue, il s'amuse. Mais à quoi joue-t-il ? Il ne faut pas l'observer longtemps pour s'en rendre compte : il joue à être garçon de café." On l'aura compris : ce bonhomme en fait trop, il "en rajoute". Il cherche à se persuader lui-même qu'il se confond si parfaitement avec sa fonction qu'il est sa fonction. Or il n'est pas, par essence, garçon de café. En fait, son essence lui échappe. Il ne peut avoir conscience que de son existence, ce surgissement contingent et aléatoire dans le monde des vivants. En revanche, le plateau que porte si lestement notre serveur est, lui, bel et bien un plateau, un être-en-soi (c’est l’essence même d’une chose). Sa réalité est massive, univoque, incontestable, sans intériorité ni devenir. Il est fermé sur lui-même ; sa forme et sa fonction sont déterminées. Ce plateau est en lui-même ce qu’il est, rien que ce qu’il est et tout ce qu’il est. Si le plateau est, le serveur, lui, existe. Il est un être-pour-soi (c’est la capacité à se connaître soi-même. Les objets n’ont pas d’être-pour-soi. Dans le cas d’un homme, c’est sa conscience de lui-même), une conscience. La conscience n’a ni forme, ni contenu, ni fonction : elle est pur néant et pure liberté. Une ouverture béante sur le monde, un gouffre vertigineux et angoissant. L’Homme, parce qu’il est un être conscient, n’a donc pas d’essence, pas de stabilité, pas de pérennité. Il est condamné à n’être jamais ce qu’il est. Mais qui peut se résigner à n’être rien ?

 

 

 

Le rêve de toute conscience est de coïncider avec elle-même, de se donner la consistance indubitable d’une chose et d’abolir ainsi son angoissante liberté. C’est ce que Sartre appelle la mauvaise foi (pour lui c’est le propre de l’homme que d’être capable de mauvaise foi, c’est-à-dire de se mentir à lui-même sur ce qu’il est vraiment. La conscience peut être en décalage avec l’essence). Par sa conduite exagérément stéréotypée, le serveur veut s’arroger une essence pour échapper à son propre néant. Il « se la joue » garçon de café, comme d’autre jouent au policier irréprochable ou à l’employé modèle, pour se consoler du sentiment de leur propre vacuité.Sartre et Beauvoir.jpg Mais voila que Jean-Paul se lève pour saluer Simone. Ensemble, ils vont jouer à être Sartre et Beauvoir au Flore ou à la Coupole.

 

 

Ça va ? Pas trop la tête en surchauffe ? Tiens, au fait, vous avez remarqué : être ou ne pas être ?/ Naitre (n’être) ou ne pas naitre (n’être)? La naissance est la négation de l’être… à méditer.

 

 

Sylvain Métafiot

 

 

Source : Article intégrale d’Olivia Gazalé Philosophie magazine n°1 avril-mai 2006