mercredi, 26 août 2009

Un Tarantino peu glorieux

inglorious_basterds_fake_movie_poster_onesheet.jpg

 

Autant le confesser d'entrée de jeu : Inglorious Basterds (le titre s'inspire du film Une poignée de salopards d'Enzo Castellari en 1978), le dernier bébé de Quentin Tarantino, m'a déçu. Meilleur que Boulevard de la mort mais en deçà de ses réalisations antérieures. Les raisons de la colère ? Prenant le contre-pied de ses précédents long-métrages, et par peur sans doute de se vautrer dans un style pop hasbeen, il nous propose un film classique, dénué de ses traits de génie habituels malgré un savoir-faire indéniable. Voyons plus en détails. Synopsis :

 

Premières années de l'occupation allemande en France. Shosanna (Mélanie Laurent) réchappe de peu au massacre de sa famille. Quatre ans plus tard, à Paris, elle tient une salle de cinéma sous une nouvelle identité. Ailleurs, en Europe, le Lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) rassemble huit soldats pour terroriser et tuer du nazi. Grâce à l'aide de l'actrice Bridget von Hammersmarck, (Diane Kruger) ils vont tenter de mener à bien une mission dangereuse à l'intérieur du cinéma de Shosanna, préparant elle-même un plan d'éxécution. Les destins vont se croiser, par le feu et les armes.

Lire la suite

samedi, 15 novembre 2008

Moins de commémorations, moins de mémoire ?

commemoration-11-novembre.jpg

Voilà quatre-vingt dix ans, que nos arrières grands-parents se sont battus pour la liberté et l’honneur de la France. Le 11 novembre, nous rendons hommage à des gens qui sont morts, ont été blessés et mutilés pendant 4 ans. Ces êtres humains n’avaient rien demandé à personne mais ils se sont battus pour la France. Si aujourd’hui la France est encore présente c’est grâce à ces millions de personnes. Pour eux, il faut célébrer le souvenir de ces guerres si meurtrières qui ont décimés des générations, pendant lesquelles les guerres ont montrés toutes les atrocités dont les hommes étaient capables.  
Cependant un débat se profile autour d’un rapport préconisant de réduire le nombre de commémoration par an. En effet, il existe aujourd’hui douze commémorations diverses dans l’année et ce rapport propose de ne plus en commémorer que trois. De nombreuses associations d’anciens combattants et du souvenir s’élèvent contre cette proposition. Bientôt tous les survivants de ces guerres seront décédés et la question de poursuivre les célébrations de ces victoires pour ne pas laisser s’enfuir les souvenirs va se poser.

Peut-on réellement tout célébrer en trois commémorations? On peut penser que si les sociétés se rappellent régulièrement ces conflits meurtriers elles pourront continuer de construire ensemble des échanges pacifiques entre les Nations. Si on continue à fêter les victoires et les guerres, cela peut jouer un rôle dans la transmission du passé aux jeunes et pour cela il faudrait surtout rendre un sens à ces commémorations, bien au-delà de leur nombre dans l’année.

Gino Giubergia

 

Dans la suite de l'article, un complément à la réflexion...

Lire la suite

mercredi, 09 juillet 2008

Danse avec la mort

Sorti il y a déjà plus de trois semaines en salles, Valse avec Bachir est un de ces films à voir ou à revoir. Ce véritable OFNI (Objet Filmé Non Identifié) vous prend aux tripes tant par son esthétique si particulière que par son sujet de fond, à savoir la guerre du Liban dans les années 1980.
waltz_with_bashir_imagesfilm.jpg

Ainsi, ce documentaire autobiographique animé retrace le massacre des milliers de Palestiniens des camps de Sabra et Chatila, les 16 et 17 septembre 1982, par les phalangistes chrétiens et leurs alliés israéliens. Cette tuerie fait suite à la mort de Bachir Gemayel le 13 septembre, élu président du Liban le 23 août. Ari Folman, réalisateur et principal protagoniste du film fait partie de ces soldats de Tsahal. Ayant perdu la mémoire bien des années plus tard, il cherche à se souvenir de ce tragique épisode à travers une (en)quête psychologique parfois douloureuse. Celle-ci se résume à retrouver les témoins du massacre et à reconstituer les faits réels au milieu des souvenirs fantasmés ou travestis de la guerre. Cette dernière est vécue sous forme de flash-back parsemés le long du parcours vers la vérité.

L’une des caractéristiques majeure du film est la dimension hallucinante et débridée de la guerre (la référence à Apocalypse Now est constante) à travers la plastique magnifique de l’animation. Ari Folman avoue que cette forme d’expression lui garantissait une liberté totale pour traiter ce sujet difficile. La guerre étant montré sous sa forme brut, à savoir cauchemardesque et spectaculaire, on se demande si les vrais soldats l’ayant vécus ne sont pas plus irréels que les personnages de ce dessin animé pour adultes (hum…la scène du porno allemand). Certes, le film est parfois trop bavard dans la description et quelque fois redondant, mais la machine fonctionne et on se laisse entraîner dans ce délire cinématographique.

Les scènes d’ouverture (sublime et angoissante) et de conclusion (lien naturel entre la fiction animé et la réalité, à moins que ce ne soit l’inverse…) sont proprement stupéfiantes. En somme, loin de l’idée de nous éloigner de la réalité, ce bijou d’animation colle d’autant plus à la vérité qu’il la sublime.

00-5-a5ac0.jpg

Après Persepolis – autre chef-d’œuvre d’animation basé sur des faits réels – réfugiez-vous dans la salle obscure la plus proche avec Valse avec Bachir comme compagnon.

Sylvain Métafiot