Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mapausecafe.net, blog de société, de politique, de culture et d'économie. La fin d'un café ne signifie plus l'arrêt du débat !Accueil mapausecafeActualitésEconomie, Marketing et CommunicationCinéma et filmsMusiqueDesign et GraphismeDivers et autres articlesInsolite et humour
mapausecafe.net, blog de société, de politique, de culture et d'économie. La fin d'un café ne signifie plus l'arrêt du débat !

mercredi, 06 février 2013

Sans prendre de gants

Sans prendre de gants, Sylvain Métafiot, Steven Spielberg, hagiographique, lisse, froid, précautions, guerre civile, esclavage, noirs, film, cinéma, histoire, parti démocrate, obama,the west wing, daniel day-lewis, 13e amendement, stratégie politique, juridique,

 

N’en déplaise au père Spielberg mais son dernier film, Lincoln, sonne creux comme une poupée de porcelaine.

 

Trop hagiographique, trop lisse, trop désincarné, trop morne, trop long, trop de barbes touffues, trop trop !

Abraham Lincoln est représenté tel un héros sacrificiel se salissant les mains dans la fange et la corruption politicienne pour le bien de tous en faisant voter le XIIIe amendement interdisant l'esclavage. Mais si Daniel Day-Lewis assure une composition sans fard, l’intrigue n’est pourtant guère palpitante et manque singulièrement d’épaisseur politique. Plonger dans les méandres complexes de l’univers législatif américain, avec tout ce que cela comporte de technicité juridique et de stratégie politique, c’est ce qu’à réussit la série The West Wing de manière autrement plus passionnante (même s’il est difficile de comparer les 2h30 du film aux 110h cumulées de la série).

 

Un (petit) point positif tout de même : Lincoln aura eu au moins le mérite de briser la représentation manichéenne que l’on peut avoir sur le spectre politique aux Etats-Unis en rappelant, pour ceux qui l’ignorait, qu’au XIXème siècle le parti démocrate était esclavagiste. Le même parti qui fera élire Barack Obama deux siècles plus tard… Le film fait néanmoins l'impasse sur l'influence du socialisme utopique envers le seizième Président américain.

 

L’œuvre se veut donc plus pédagogique que filmique au sens où plutôt que de raconter des personnages, Spielberg donne à voir des symboles fédérateurs. Soit l’Histoire filmée à la manière d’un livre d’école par un élève trop bien appliqué. À l’instar de son héros, Spielberg aurait dû ôter ses gants, prendre plus de risques et moins de précautions.

 

Une bonne chose pour l’éducation historique. Moins pour le cinéma.

 

Sylvain Métafiot


(cliquez sur l'image pour visionner la bande-annonce)

lundi, 04 février 2013

Orwell sur pellicule


 

Article initialement paru sur RAGEMAG

 

Œuvre contre-utopique par excellence, 1984 de George Orwell a depuis longtemps connue une prospérité indéniable dans les salles obscures. Pas tant en termes d'adaptation qu'en celui d'influence. D'Alphaville de Jean-Luc Godard à Matrix des frérots Wachowski, en passant par Brazil de Terry Gilliam et Equilibrium de Kurt Wimmer, petite virée dans le cauchemar orwellien sur grand écran. Mais pas que...

Lire la suite

samedi, 26 janvier 2013

En chute libre

En chute libre,Touristes,Ben Wheatley, Kill List, comédie noire, cruelle, gore, violence, médiocrité, God Bless America, Sylvain Métafiot, drame anglais, Steve Oram, Alice Lowe, beaufs, mesquins, rouge sang, bêtise ambiante, cinéma, film salvateur,décence ordinaire, orwell,hécatombe,antipathiques, Daily Mail,Ken Loach,Jonathan Swift,


« À condition de se poster aux bons endroits, le touriste est plus facile à exterminer que la vipère »

Jonathan Swift

 

Quel animal plus pernicieux et répugnant que celui de touriste ? Cet être vulgaire et cuistre ayant comme unique but de comparer les merveilles qu’il visite au guide de voyage qu’il trimbale partout, au lieu de les contempler. Ce lourdaud pathétique s’extasiant devant les devantures en toc des magasins censés reproduire la « culture d’origine » du pays qu’il visite. Ce beauf fatiguant, trépignant d’inquiétude s’il ne retrouve pas son McDo et son feuilleton préféré à l’autre bout du monde ; parce que le pauvre bichon est perdu sans les repères qui servent de boussoles à sa vacuité existentielle. Bref, cette part honteuse de l’être humain dont il serait bien prétentieux de s’exclure.

 

Ben Wheatley semble partager cette opinion puisqu’il nous gratifie, après le terrifiant Kill List, d’une savoureuse comédie, noire comme la gueule d’un mineur d’un film de Ken Loach, drôle comme un sketch de Benny Hill sous acide et méchant comme une rombière un samedi de soldes : le bien nommé Touristes.

Lire la suite

mercredi, 23 janvier 2013

Débarquement de galériens


 

Putain, ils l'ont fait ! Ils ont réussis le tour de force d'être encore plus affligeants qu'Anne Roumanoff et Dany Boon réunis. Qui ? Mais la joyeuse bande du « Grand Débarquement » (Jean Dujardin, Guillaume Canet, Gilles Lellouche et Marion Cotillard), la nouvelle émission de Canal+, avec le sketch le plus lolilesque du monde : « L'ours ».

L'humour made in Canal + débarque ? Accueillons-le à la Maschinengewehr 42 !

 

(Ecoute ça pendant ta lecture, ça met dans l’ambiance.)

Lire la suite

vendredi, 18 janvier 2013

Interview de Keny Arkana: questions après son passage à la ZAD

Après avoir donné la parole à un membre du collectif de résistance de NDDL, il est l'heure aujourd'hui de donner la parole à Keny Arkana herself, interviewé par " Camille" (Ndlr : le prénom unisexe qui permet à tout le monde de conserver à la fois l'anonymat mais aussi de pouvoir s'exprimer au nom du collectif entier).


nddl,notre dame des landes,ayraultport,interview keny arkana,festizad


1)  Comment décrirais-tu les conditions de vie à la ZAD ?

Bon, je n'ai pas eu la chance d'aller voir tout les lieux de vie qui existe à la ZAD… Et en même temps deux jours ne sont pas suffisants pour donner un avis pertinent… Mais je dirais qu'en général pour faire vivre un lieu et/ou campement de résistance, cela demande déjà énormément de courage et de motivation surtout quand le climat y est plutôt hostile et que la police use de toutes ces ruses et de toute sa violence pour détruire et évacuer les lieux-dits… ça demande aussi énormément de solidarité entre les gens et une certaine forme de transparence afin de rester unis… Ces lieux renferment bien souvent de belles aventures humaines… J'ai été pour ma part heureuse de rencontrer plein de frangins et frangines avec qui il y a eu de vrais échanges…

 

2) Sur quoi ton regard et ton cœur se sont le plus portés ?
Je dirais déjà sur les gens et sur le bel éventail de style, d'âges et d'espoir qui se rassemblent autour de cette lutte… Puis le champs des possibles, 2000 ha c'est pas rien pour construire un tas de projet alternatifs…

Lire la suite

jeudi, 17 janvier 2013

La ZAD accueille Keny Camille Arkana : retour sur deux jours plein de rebondissements

Edito : " Keny Arkana artiste supra engagée, a participé au Festizad de la Résistance anti- aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Nous avons le privilège d'avoir le récit de son aventure qui a été un événement majeur dans la lutte pour un autre Monde !

Nous sommes fiers de contribuer nous aussi à la diffusion de ces informations, et de pouvoir vous montrer ce festival différemment des autres médias.

MaPauseCafé poursuit ainsi son chemin et vous convie aujourd'hui à la découverte de celles et de ceux qui changent les règles du jeu, ça tombe bien car jouer, nous, on adore ça ! ;) "


nddl,notre dame des landes,ayraultport,keny arkana,festizad



AFP  |  16.01.2013

Les 4, 5 et 6 janvier 2013 le Festizad de la résistance se déroulait sur la ZAD (Zone À Défendre) à Notre-Dame-des-Landes. À l’origine de ces trois jours festifs : quelques artistes engagés, comme Keny Arkana, avaient exprimé leur désir de mettre leur voix et leur créativité contestataire au service de la lutte anti-aéroport. Au hasard des rencontres placées sous les nécessités de la lutte, quelques potes zadistes s’activèrent pour accoucher de cet immense évènement qui attira sur trois jours quelques 30.000 participants.


L’idée collective évoluant tranquillement, c’est une grande famille qui s’est affairée à créer les conditions d’un succès : monter les chapiteaux, prévoir la nourriture, accueillir les groupes, assurer la sécurité, s’occuper du son et donner à voir l’« art de rue ». Chacun a pris sa place et assuré ses responsabilités afin que ce moment soit une réussite. De nombreux artistes ont répondu à cet appel. Pour ma part, j’ai eu la chance d’accompagner Keny Arkana et son équipe pendant deux jours épiques sur la ZAD.

 nddl,notre dame des landes,ayraultport,keny arkana,festizad
Le vendredi 4 janvier en début d’après-midi, la ZAD était en pleine effervescence quand sont arrivées Keny et trois sisters bien motivées. La voiture a passé les barrages policiers sans trop de souci pour rejoindre « la Sècherie », dernier lieu de vie en dur à la ZAD. Ce corps de ferme, situé entre la Paquelais et les Ardillères, a été partiellement détruit le 26 octobre, et est désormais en cours de reconstruction de son extension avec pneus et palettes. L’endroit qui abrite entre vingt et trente  personnes est toujours en sursis par un avis d’expulsion du 27 décembre.

Lire la suite

mardi, 15 janvier 2013

Miroir cinématique

seyrig-miroir.jpg

 

Voici ma participation au narcissique questionnaire du miroir de l'excellent cinéphile Ludovic Maubreuil. Un exercice plus difficile qu'il n'y paraît mais ô combien excitant.

 

1) Avez-vous déjà accroché chez vous une affiche de film ?

Oh que oui ! Et pas qu'un peu. Adolescent, les murs de ma chambre se couvraient du Seigneur des Anneaux, Matrix, Spiderman, La Guerre des mondes, Signes, Minorty report, Charlie et la chocolatrie, Sin City, Alexandre, Les Infiltrés, etc.

Désormais, Le Kid de Chaplin veille dans mon couloir et Harold Lloyd, dans Safety Last, est suspendu dans ma chambre. Mais, la plus belle est celle de La Dolce Vita de Fellini au-dessus de mon lit. Un beau cadeau.

LaDolceVitaPoster.jpg


2) Quelle affiche, placardée à l'intérieur d'un film, préférez-vous ?

Je dirais la pochette de disque de 2001, L'Odyssée de l'espace dans Orange Mécanique. Bon, ce n'est pas une affiche mais là, à brûle-pourpoint, je sèche.

autopromotion-kubrick-orange-mecanique-2001-odyssee-mini.jpg

Lire la suite

lundi, 31 décembre 2012

Cimes cinéphiliques 2012

Un classement complètement subjectif, parfaitement arbitraire et, ma foi, sans grande utilité si ce n’est de jeter furtivement un regard en arrière sur cette année riche en œuvres magnifiques… mais aussi en beaux navets bien frais.

 

Sachant que je n’ai pas encore vu 4h44 d’Abel Ferrara et, qu’à mon humble avis, il s’immiscerait insidieusement dans cette liste.

 

Les liens renvoient soit à mes propres articles soit à ceux de bien plus estimables camarades de la Toile. (cliquez sur les affiches pour voir les bandes annonces)

 

Au sommet cette année

 

1) Take Shelter de Jeff Nichols : apocalypse anxiogiène et salvatrice

take-shelter-title1.jpg

 

2) I wish d’Hirokazu Kore-Eda : mélancolie estivale

I-Wish-affiche.jpg

 

3) Oslo, 31 aout de Joachim Trier : limbes désespérées

oslo_31_aout.jpg

 

4) Holy Motors de Leos Carax : libre !

thumb.php.jpg

 

5) Faust d’Alexandre Sokourov : enfer corporel

cimes cinéphiliques 2012,cinéma,top,flop,déceptions,occasions manquées,merveilles des merveilles,sylvain métafiot,critiques

 

6) Le Sommeil d’or de Davy Chou : rêves intemporels

cimes cinéphiliques 2012,cinéma,top,flop,déceptions,occasions manquées,merveilles des merveilles,sylvain métafiot,critiques

 

7) Les enfants de Belleville d’Asghar Farhadi : singularitées contre société

cimes cinéphiliques 2012,cinéma,top,flop,déceptions,occasions manquées,merveilles des merveilles,sylvain métafiot,critiques

 

8) Moonrise Kingdom de Wes Anderson : amour aventureux

cimes cinéphiliques 2012,cinéma,top,flop,déceptions,occasions manquées,merveilles des merveilles,sylvain métafiot,critiques

 

9) Une famille respectable de Massoud Bakhshi : chute de l'empire persan

cimes cinéphiliques 2012,cinéma,top,flop,déceptions,occasions manquées,merveilles des merveilles,sylvain métafiot,critiques

 

10) Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais : magie !

cimes cinéphiliques 2012,cinéma,top,flop,déceptions,occasions manquées,merveilles des merveilles,sylvain métafiot,critiques

 

Lire la suite

lundi, 24 décembre 2012

Joyeux Noël post-apocalyptique

ouverture du cinquième Sceau de l'Apocalypse, 1608-1614.jpg

L'ouverture du cinquième sceau de l'Apocalypse (El Greco)

 

« Nous sommes l’homme de la grande patience. Nous sommes l’homme de la dernière attente. Assistés par le Souffle, soutenus par le saint Afflux pneumatique, l’Esprit envoyé Dieu par le Dieu qui se fait agonie afin qu’une humanité seule éprise de se dissocier de la mort achemine sa misère en l’unique et miséricordieux giron qui l’exhaussera, portés par l’haleine de Trinité, nous respirons. Archiques et migraineuses, bouillantes de lumière contenue, nos têtes dardent les orages inchoatifs.

La dernière catastrophe immine. À nos oreilles vibrent déjà les basses fondamentales de cieux buccinaux. »

Maxence Caron, Microcéphalopolis (2007)

 


 

 

« L’homme moderne s’est déjà dépersonnalisé si profondément qu’il n’est plus assez homme pour tenir tête à ses machines. L’homme primitif, faisant fond sur la puissance de la magie, avait confiance en sa capacité de diriger les forces naturelles et de les maîtriser. L’homme posthistorique, disposant des immenses ressources de la science, a si peu confiance en lui qu’il est prêt à accepter son propre remplacement, sa propre extinction, plutôt que d’avoir à arrêter les machines ou même seulement à les faire tourner à moindre régime. En érigeant en absolus les connaissances scientifiques et les inventions techniques, il a transformé la puissance matérielle en impuissance humaine : il préfèrera commettre un suicide universel en accélérant le cours de l’investigation scientifique plutôt que de sauver l’espèce humaine en le ralentissant, ne serait-ce que temporairement.

Jamais auparavant l’homme n’a été aussi affranchi des contraintes imposées par la nature, mais jamais non plus il n’a été davantage victime de sa propre incapacité à développer dans leur plénitude ses traits spécifiquement humains ; dans une certaines mesure, comme je l’ai déjà suggéré, il a perdu le secret de son humanisation. Le stade extrême du rationalisme posthistorique, nous pouvons le prédire avec certitude, poussera plus loin un paradoxe déjà visible : non seulement la vie elle-même échappe d’autant plus à la maîtrise de l’homme que les moyens de vivre deviennent automatiques, mais encore le produit ultime – l’homme lui-même – deviendra d’autant plus irrationnel que les méthodes de production se rationaliseront.

En bref, le pouvoir et l’ordre, poussés à leur comble, se renversent en leur contraire : désorganisation, violence, aberration mentale, chaos subjectif. »

Lewis Mumford, Les Transformations de l’homme (1956), « L’homme posthistorique »

 

Sylvain Métafiot

mardi, 04 décembre 2012

Claquage de barres et pétage de côtes

Mâle.jpg


« C’est juste pour rire » : ainsi parle la populace. Ce type de rire se présente lui-même comme une forme d’exutoire à bon marché. On ne rit pas pour s’élever au-dessus de sa condition commune, mais on rit justement de ceux qui voudraient le faire, sous prétexte que «on est tous humains, après tout...». Tel est l’humour démocratique : égalitaire et plat. Qu’aujourd’hui l’humour se vende aussi bien ne peut d’ailleurs que susciter notre méfiance.[1]

Lire la suite