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lundi, 15 décembre 2025

Totem : derniers gestes d’amour

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Concentrant le cadre de son histoire dans une maison familiale de Mexico le temps d’une journée, Lila Avilès filme au plus près d’un désir simple et tendre : celui d’une jeune fille d’étreindre son père malade. Au sein d’un même regard naturaliste, elle fait cohabiter la joie des retrouvailles et la douleur de la perte.

 

« Je souhaite que papa ne meure pas ». Le souhait de la petite Sol, disons-le tout de suite, ne sera pas exaucé. Son père Tona est atteint d’un cancer en phase terminale et va bientôt mourir. À l’occasion de son anniversaire, toute la famille se retrouve dans la maison du grand-père pour une célébration ambivalente, à la fois festive et funéraire, où les rires se muent parfois en larmes.

 

Festin funèbre

 

La frénésie domestique de cette journée particulière est filmée caméra à l’épaule, conférant un aspect home movie à ce petit théâtre familial où chacun s’affaire à jouer son rôle : les tantes se chamaillent sur l’occupation de la salle de bain, les cousins cherchent à éviter les corvées ménagères, les oncles débattent sur la façon d’organiser la soirée en fonction de la météo. Seul le grand-père aphone demeure en retrait, préférant tailler son bonsaï en silence. Le format 4/3 participe également de cette impression faussement amateure de visionner une vidéo enregistrée sur caméscope. 

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mercredi, 10 décembre 2025

Longlegs : le mal existe bien

Longlegs : le mal existe bien, Sylvain Métafiot, Zone Critique,

 

Accompagnée d’une petite réputation d’estime outre-Atlantique, le dernier film d’Oz Perkins constitue une expérience d’alchimie intrigante : transmuter, par le biais d’une enquête policière, le réel et sa familiarité réconfortante en un monde de ténèbres où le diable règne en maître.

 

On croit voir un film de famille tourné sur pellicule. Sur l’écran apparaît une petite maison perdue à la campagne. Une fillette se prépare pour aller jouer dans la neige. C’est la première scène du film et très rapidement le malaise s’installe. Une voiture vient de se garer. Son conducteur est déjà tout proche… Inaugurale et cruciale pour le déroulé de l’intrigue, la scène d’ouverture témoigne en quelques plans du talent de Perkins pour installer une ambiance terrifiante qui bouscule la tranquillité apparente du quotidien.

 

Suppôts de Satan

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samedi, 06 décembre 2025

Borgo : la matonne déconne

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S’inspirant librement de l’affaire du double assassinat de l’aéroport de Bastia-Poretta, le réalisateur Stéphane Demoustier cherche à capter la fascination d’une gardienne de prison pour les mafieux insulaires, rejouant sans surprise avec les codes du genre.

 

Lassée de faire des rondes dans la grisaille et la violence de Fleury-Mérogis en tant que surveillante pénitentiaire, Mélissa (Hafsia Herzi) décide de changer d’air en intégrant la prison corse de Borgo, au sud de Bastia. Mais le soleil tape dur sur l’île de beauté. L’acclimatation avec les prisonniers n’est pas sans heurts, entre moqueries et sexisme. Et le premier contact avec les habitants locaux se déroule sous haute tension dans le quartier où elle emménage avec son mari Djibril et leurs deux enfants. Femme parmi les hommes, métisse parmi les Corses, la nouvelle matonne tente de faire sa place dans un environnement hostile. Après tout « c’est pas la France ici », comme le dit un détenu qu’elle connaît bien, Saveriu, et qui, malgré son jeune âge, semble jouir d’une autorité sur ses condisciples de cellules.

 

Appuyée par des regards et des gestes troubles, une relation ambiguë naît entre Mélissa et ce petit voyou un peu hâbleur qui lui assure une protection autant à l’intérieur qu’en-dehors des murs de la prison. Se voilant la face un temps, elle met un certain temps à comprendre que ses moindres gestes sont surveillés et que son ange gardien a des manières de petit diable. 

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jeudi, 04 décembre 2025

Walk Up : les frontières invisibles

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Prolongeant la sobriété formelle de ses précédents films, Hong Sang-soo déploie, avec Walk Up, une intrigue faussement linéaire, reflétant les fantasmes épars de son personnage principal, double assumé – mais jamais figé – du réalisateur coréen.

 

Cinéaste pour le moins prolifique, Hong Sang-soo possède un rapport ambivalent au temps : il le condense dans son rapport à la production cinématographique (deux films par an depuis au moins 2008, souvent tournés en quelques jours) ; et joue régulièrement avec ses lois physiques dans la construction d’intrigues toujours plus minimalistes. Un goût de l’épure délimité par des lieux analogues (cafés, appartements, restaurants, parcs…) permettant le plus souvent de laisser cours aux plus intimes confessions sentimentales arrosées de Soju.

 

Yourself and Yours (2017) explorait ainsi le thème du double en mettant en scène la séparation d’un couple à cause d’un curieux malentendu. Tandis que Un jour avec, un jour sans (2016) s’articulait autour d’une rencontre amoureuse déclinée en deux versions, le récit étant rejoué au plan près mais avec une légère variation d’axe, de dialogue ou de texture qui opérait un décadrage dans la destinée des deux jeunes gens. Or, malgré les ressemblances, chaque film possède une singularité propre qui le distingue des autres et Walk Up ne fait pas exception.

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