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dimanche, 12 avril 2009

Navire Night : nuit blanche de l’université Lyon 2

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C'est un évènement extraordinaire qui s'est tenu dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 avril à l'université Lumière Lyon 2. Une nuit blanche de conférences toutes plus passionnantes les unes que les autres, ancrées dans la conjoncture, et organisées par des universitaires de Lyon mais aussi de Saint-Etienne, Paris, etc. tous engagés dans la mobilisation contre la mise en place de la scandaleuse politique de l'enseignement supérieure actuelle. Pour plus de renseignements à ce sujet : http://www.mapausecafe.net/archive/2009/02/11/sarko-le-py...

 

De 18h30 au lendemain 8h00 le Grand Amphithéâtre a donc été le lieu d'un bouillonnement intellectuel et festif face au dogmatisme idéologique du gouvernement (il n'est donc pas étonnant que notre cher Président bien aimé se soit fait habiller pour plusieurs hivers...). En somme, la conjuration de savoirs contre l'obscurantisme des réformes en cours. Précisions du collectif Navire Night « Comme circonstance symbolique et pratique, la nuit demeure disponible dans les emplois du temps ; elle est propice au décloisonnement des institutions, à l'expression d'une transversalité disciplinaire, ainsi que d'une égalité citoyenne ; elle est de nature à favoriser une humanité des relations, de manière civique. Si une tradition universitaire peut suggérer une ligne générale d'intervention, cette tradition est celle de « l'université critique », collégiale, indépendante et démocratique, qui contraste fortement avec les desseins d'une université « entrepreneuriale » ou « managériale ». Par cet événement fédérateur, nous espérons contribuer au véritable sens de « l'autonomie » des universités et de la recherche. »

 

Laissez-vous embarquer pour une longue croisière de l'intelligence, si rare à notre époque de l'inculture décomplexée et assumée, placée sous le signe du Kairos. Larguez les amarres !

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Navire Night : nuit blanche de l’université Lyon 2 (suite)

La suite du riche programme de conférences lors de cette nuit exceptionnelle.

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vendredi, 03 avril 2009

Rapport 2008 d’Amnesty International

 

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Publié en cette année de célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Rapport 2008 d’Amnesty International est consacré aux questions relatives aux droits humains qui se sont posées dans 150 pays et territoires tout au long de l’année passée. Il couvre une période de janvier à décembre 2007 et donne à voir un monde déchiré par les inégalités, les discriminations et la répression politique. Mais il montre également que l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’homme est toujours vivace et qu’il a fait croître, au long de ces décennies, un mouvement mondial de défense des droits humains d’un grand dynamisme.

 

Epais de 460 pages, je ne vous résumerais ici que le cas de la France.

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dimanche, 29 mars 2009

Interview Eric Dacheux : L'Europe et nous !

 

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L'équipe de mapausecafé, a eu le plaisir d'aller interviewer un chercheur, ce qui risque d'être de plus en plus rare, savourons donc notre chance.

C'est un européen dans l'âme et un professeur que nous sommes allés voir.


Pour lire l'interview veuillez cliquer ici !

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mardi, 24 mars 2009

Le préservatif n’est pas efficace contre le sida et il aggrave la situation” - Benoît XVI

Voici une affiche trouvée sur le site Jaffiche.fr... Et là vous vous dites : Mapausecafé a décidé d'enfoncer le clou ! Que neni ! Suite à un article précédent qui nous avallu de nombreuses critiques venant d'internautes n'acceptant pas la critique de la religion, autant souligner une nouvelle fois notre indignation face aux propos dangereux et irresponsables de Benoît XVI.

 

 

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Cette affiche sobre et efficace a été réalisé par Geoffrey Dorne.

mardi, 17 mars 2009

Le plus jeune détenu de Guantanamo

mohamed-el-gharani.jpgLe ressortissant tchadien Mohammed el Gharani (22 ans) est toujours détenu à la prison de Guantánamo, plus d'un mois après qu'un juge fédéral américain a ordonné sa libération.

 


Placé en détention à l’âge de 14 ans, il a été détenu par l'armée pendant près du tiers de sa vie. Il aurait fait l'objet de mauvais traitements depuis que la décision judiciaire relative à sa libération a été rendue. Auparavant, il en avait déjà subis à Guantánamo dans le cadre des interrogatoires auxquels il avait été soumis.

 

Le juge Richard Leon de la cour fédérale du district de Columbia a déclaré le 14 janvier que la détention de Mohammed el Gharani était illégale et qu'il devait être immédiatement libéré. Ce ressortissant tchadien, qui est né et a grandi en Arabie saoudite, est incarcéré à Guantánamo en qualité de "combattant ennemi" depuis février 2002. Il a été placé en détention par les forces pakistanaises fin 2001, puis remis aux autorités américaines et emmené sur la base aérienne de Kandahar, en Afghanistan, avant d'être transféré à Guantánamo.

 

Le juge Leon a déclaré que les présomptions à l'encontre de Mohammed el Gharani "reposaient essentiellement sur les déclarations faites par deux autres détenus pendant son incarcération à Guantánamo". En effet, ces déclarations sont, individuellement ou conjointement, l'unique preuve apportée par le gouvernement pour étayer la majorité de ses allégations. Par ailleurs, contrairement aux autres affaires réexaminées jusqu'à présent par la cour fédérale du district de Columbia, la crédibilité et la fiabilité des détenus sur lesquels s'appuie le gouvernement ont été soit directement mises en doute, soit qualifiées d'incertaines par des agents de l'État. "En termes simples, a conclu le juge Leon, une mosaïque dont les carreaux forment une image aussi trouble ne révèle rien du requérant avec suffisamment de clarté, individuellement ou collectivement, pour que cette cour puisse s'y fier." Il a ordonné au gouvernement de "prendre toutes les mesures diplomatiques nécessaires et opportunes pour faciliter sa libération immédiate".

 

Mohammed el Gharani est incarcéré dans des conditions éprouvantes au Camp 5 du centre de détention. Ce camp, ouvert en 2004, est une structure d'isolement et d'interrogatoires où les détenus sont maintenus jusqu'à vingt-quatre heures par jour dans de petites cellules. Il semble que Mohammed el Gharani soit autorisé à sortir dans la cour environ deux heures par jour, pendant lesquelles il est seul.
Mohammed el Gharani aurait été battu à plusieurs reprises par des membres de la Force d'intervention rapide (IRF) de Guantánamo depuis l'ordonnance de libération du mois dernier.
Au fil des ans, des allégations ont régulièrement fait état d'un recours excessif à la force par les équipes de l'IRF dans le cadre de leurs activités à Guantánamo.

 

Auparavant, Mohammed el Gharani avait déjà subi des mauvais traitements dans cette prison. Certains détails ont été révélés dans le rapport 2008 de l'inspecteur général du ministère américain de la Justice. Des agents du Bureau fédéral d'enquêtes (FBI) ont décrit comment, en 2003, alors qu'il n'avait que seize ans, Mohammed el Gharani avait été "enchaîné court" : une chaîne attachée autour de sa taille avait été fixée au sol, l'empêchant de se mettre debout. Il a été maintenu dans cette position pendant plusieurs heures. Un autre agent du FBI a déclaré qu'un interrogateur militaire avait ordonné à des gardes de placer Mohammed el Gharani dans une "position inconfortable" : "entravé au niveau des mains et des pieds, puis attaché au sol par une chaîne pour l'obliger à s'asseoir par terre ou à s'accroupir". Maintenu ainsi pendant plusieurs heures, Mohammed el Gharani avait été contraint d'uriner sur lui. Une autre fois, Mohammed el Gharani a lui-même signalé à des enquêteurs que des gardes militaires l'avaient enchaîné au cours de la nuit pendant douze à seize heures. Le rapport indique également qu'il a été soumis, alors qu'il n'était qu'adolescent, au "frequent flyer program" (programme vols fréquents), utilisé à l'encontre de nombreux prisonniers de Guantánamo et consistant à désorienter le détenu, perturber son sommeil ou l'en priver.

 

Mohammed el Gharani a affirmé qu'en 2003, pendant des interrogatoires, il avait fait l'objet d'injures racistes, de violences physiques et avait été arrosé d'eau froide.

 

Il faut savoir qu’aux termes du droit international et des normes internationales, la détention et l'emprisonnement d'un enfant ne doivent être utilisés qu'en dernier recours et pendant la durée la plus brève possible.

 

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Tout enfant privé de liberté doit être traité avec humanité et dans le respect de la dignité de la personne, en tenant compte des besoins inhérents à son âge. Le droit international dispose que les États doivent adhérer au principe selon lequel l'intérêt supérieur de l'enfant doit être au cœur de toutes les mesures concernant des mineurs en infraction à la loi. Pourtant, le traitement que les États-Unis réservent aux enfants qualifiés de "combattants ennemis" est en accord avec les intérêts liés à leur sécurité nationale plutôt qu'avec ceux de ces mineurs.
Le 22 janvier, le président Obama a signé trois décrets relatifs à la détention et aux interrogatoires. L'un de ces textes ordonne à son gouvernement de fermer le centre de détention de Guantánamo "dès que possible" et d'examiner tous les cas de détenus qui y sont incarcérés afin de décider de leur sort.

 

 

Sylvain Métafiot


Pour en savoir plus sur Guantanamo : http://www.amnesty.fr/index.php?/amnesty/agir/campagnes/t...

mercredi, 11 mars 2009

L’inquiétant retour du religieux

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Les penseurs des lumières avaient parié sur la fin des religions et le triomphe progressif de la raison… Malheureusement, ils seraient bien étonnés s’ils assistaient à l’actuel « retour du religieux » sous des formes multiples, allant de la mode des spiritualités, de l’explosion des conversions à l’islam et au protestantisme à travers le monde, des offensives de Benoit XVI pour la promotion d’une rationalité chrétienne, de celle de Nicolas Sarkozy pour une « laïcité positive », à la violence nettement plus inquiétante des fanatismes.

 


Souvenons-nous de ce que nous annonçaient des personnages aussi illustres que Voltaire (1694-1778), Diderot et Condorcet. Que le règne de la Raison et de la Liberté, de la Science et du Progrès allait mettre fin à l’alliance des Eglises et du despotisme. Que « l’humanité qui sait » allait se substituer à « l’humanité qui croit », comme le disait Renan dans l’Avenir de la science. Et que la conquête scientifique et technique du monde allait contribuer à l’autonomie et au bonheur d’un homme nouveau. Au siècle suivant, ce ne sera plus seulement la superstition, mais la religion elle-même que Nietzsche, Marx et Freud s’attacheront à déconstruire, en dénonçant derrière les idéologies religieuses une névrose collective, l’opium d’un monde sans cœur ou une haine de la vie, en passe d’être surmontés. Tous concluaient leur procès de la religion par la sentence de la « mort de Dieu ». Préalable au processus de sécularisation.

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mercredi, 11 février 2009

Sarko le pyromane et l’université de paille

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A l’heure actuelle, le monde universitaire (une cinquantaine de facs) est mobilisé collectivement en organisant des manifestations toutes les semaines ainsi que des assemblées générale dans les facs, des débats, des projections, des rencontres, etc. au sein de journées banalisées. La ministre de la Recherche, Valérie Pécresse fait l’unanimité contre elle, comme Xavier Darcos (ministre de l’Education) face aux professeurs de droite du secondaire… Pourquoi un tel mouvement, légitime et démocratique, a-t-il pris une telle ampleur ?


Dans cette salutaire mobilisation on trouve, à gauche : le syndicat majoritaire Snesup, le mouvement Sauvons la recherche, les syndicats étudiants Unef, FSE, Sud, etc. le mouvement sauvons l’université. Mais aussi à droite : le syndicat autonome Sup et Défense de l’université, la coordination des profs de droit basée à la fac d’Assas. Des facs comme Lyon 3 ou l’IEP d’Aix-en-Provence ont également voté la grève, parfois pour la première fois de leur histoire !


La mobilisation de l’Université, de même que les puissantes manifestations du 29 janvier (1,5 millions de manifestants environ… 42 selon la police) se dressent contre la politique menée par Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon contre la jeunesse et les salariés. Le 22 janvier, la première coordination nationale des universités a appelé, d’une seule et unique voix, à une « grève totale, reconductible et illimitée » et elle a fixé les objectifs suivants : le retrait du décret sur le statut des enseignants-chercheurs, et le retrait du projet de « mastérisation » des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré.

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jeudi, 05 février 2009

Orpaillage clandestin (2ème volet) : l'Opération Harpie

Cet article traite de l'opération Harpie, visant à contrer l'orpaillage clandestin en Guyane. A ce sujet, veuillez lire le premier volet de cet article qui nous apporte des informations souvent méconnues de la métropole française...

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2008, le président de la république, Nicolas Sarkozy, invente, au cours de sa visite dans le département, l'opération « Harpie » du nom de ce grand rapace peuplant le ciel guyanais. Les serpents constricteurs laissent donc la place à leurs collègues les rapaces. Des renforts de gendarmeries sont envoyés en Guyane pour y rétablir l'ordre et y faire règner la loi jusqu'au fin fond de la jungle. Certains hôtels de la préfecture y trouvent leur compte, ils affichent complets grâce à tous ces nouveaux fonctionnaires.


Monsieur le président rencontre le maire de Camopi, bourgade en limite de zone interdite sur le fleuve Oyapock qui fait office de frontière avec le puissant voisin brésilien. Il lui fait don d'un moteur hors-bord pour lui permettre d'aider ses administrés. 6 mois plus tard le scandale éclate, le moteur offert par l'Elysée sert à ravitailler les orpailleurs clandestins en passant des marchandises de contrebande au nez et à la barbe du barrage de gendarmerie installé sur le fleuve. En effet qui irait soupçonner un maire français de se livrer à de la contrebande de nourriture et carburant avec les orpailleurs clandestins qu'il disait tant haïr ?

 


Nicolas Sarkozy rencontre aussi son homologue brésilien avec lequel il veut jeter les grandes lignes d'une collaboration anti-clandestins en même temps qu'il promet l'ouverture du pont sur l'Oyapock pour 2010 au plus tard. Pont qui devrait désenclaver toute cette région amazonienne située entre Macapa et Cayenne. Jusqu'à aujourd'hui, les travaux se font à sens unique, le Brésil fournit sa part, la France dort du sommeil du juste. De l'autre côté du fleuve, des kilomètres de piste sont goudronnés, en Guyane rien n'est commencé !
Mais le président français a profité de cette rencontre pour jeter les grandes lignes d'accords militaires plus que milliardaires (en euros) avec le président brésilien. Ces accords comprennent l'aide à la construction de sous-marins traditionnels, des ventes d'avions Rafale et autres armements de haute technologie et très grande valeur.

 


De l'autre côté du département, sur la rivière Inini qui se jette, juste en amont du bourg de Maripasoula*, dans le fleuve Lawa (ou Maroni), fleuve frontière avec le Suriname, la gendarmerie a établi un autre barrage, au lieu dit Saut Sonnelle, village touristique tenu de longue date par la famille Lassort. Dans le ciel de la Guyane les avions Transall jouent le rôle d'avion ravitailleurs et les hélicoptères pumas le rôle d'espions. Piètres espions qui sont repérables à des kilomètres à la ronde, mais nos gendarmes ne se déplacent pas à pied en forêt, trop dangereux. La plupart du temps leurs opérations se soldent donc par des échecs retentissants !

 


Ces deux barrages ont pour but d'interdire l'approvisionnement de l'intérieur du département au départ des deux pays voisins. C'est en effet en cet endroit, le centre de la Guyane que se développe la plus grande activité clandestine jamais enregistrée en territoire français : l'extraction de l'or, qu'il soit alluvionnaire ou primaire par plus de 10000 personnes sans papiers, sans autorisation et sans toit ni loi.
Pendant que la DRIRE (Directions Régionales de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement) est occupée à réglementer la profession et à l'asphyxier avec l'assentiment de Nicolas Sarkozy et de son "schéma minier". Pendant que les sociétés légales avec pignon sur rue et payant des impôts sont tyrannisées de façon incroyable par ses sbires, monsieur L. en tête.( Imaginez vous Bernard Blier dans les « Tontons Flingueurs » et vous verrez à quoi ressemble ce brave « m'sieur L. ».) Pendant que les demandes de permis se succèdent mais que pas une seule ne reçoit d'approbation des services de l'état. (Depuis que la société Iamgold a été déboutée, tous les acteurs miniers restent tranquilles, plus personne n'ose investir car le schéma minier est une espèce de piège mal défini où ils vont se retrouver prisonnier.) 
Pendant tout ce temps là le clandestin sourit, se joue des gendarmes et s'enrichit sur le compte de la Guyane.

 


Le site de Dorlin a été abandonné depuis peu par la dernière société encore présente et laissé aux clandestins. L'opération Harpie n'a servi à rien, ils ont déplacés les clandestins de site en site. De Guérilla à Dorlin en passant par Florida les clandestins ont promené les forces de l'ordre, parfois ils y ont laissé quelques plumes, se sont fait détruire les moteurs de production, mais dans l'ensemble ils sortent grands vainqueurs de la bataille ! Et les gendarmes sont repartis, abandonnant ce vaste territoire aux mains des illégaux, qui il faut le souligner sont aidés par des familles guyanaises bien intentionnées et manoeuvrant dans les hautes sphères politiques et économiques régionales.
Les légaux sont virés par les services de l'état, les terres restent libres pour les clandestins. En décembre 2007 lorsque j'ai quitté Dorlin il devait y avoir 400 ou 500 clandestins dans les environs, ils venaient s'y approvisionner à 2 curuteis. Aujourd'hui, en septembre 2008, les deux curuteis ont fusionné en une méga-curutel du type de celle brulée en 2004 et c'est plus de 1500 clandestins qui y transitent, s'y restaurent ou y épanchent leur longue solitude avec des jeunes femmes accortes à défaut d'être sentimentales.

 


Les meurtres y sont un peu plus fréquents qu'en 2007, les tarifs ont encore augmenté et plus rien ne les retient de travailler, les terres sont vides d'exploitants légaux et les gendarmes sont de retour dans leur métropole adorée. 
En trois mois deux sites légaux, l'un dans la région de Saint Elie*, l'autre près de la petite commune de Régina, ont été attaqués, chacun à 3 reprises, par des individus fortement armés et vêtus de gilets pare-balles, c'est aussi l'un des résultats de l'opération Harpie ! Ou plutôt la preuve de son manque de résultats.

 


Bien à l'abri des murs de leur caserne chérie, tous ces braves mobiles en ont des choses à raconter à leur famille, ils ont vécu l'Aventure avec un grand « A », on connu l'excitation de la marche en forêt et de la rencontre avec des gens hostiles et armés. 
Sans doute remercieront-ils longtemps le président de leur avoir offert un si beau séjour en Guyane.
Sans doute le président s'enorgueillit-il de cette superbe opération qui aura démontré sa vanité et fait perdre un peu plus d'argent à l'état français.

 


Entre temps, les clandestins ont ouvert d'autres voies d'accès vers les sites d'orpaillage, ont acheté des moteurs plus puissants pour leurs pirogues et se permettent de franchir les barrages fluviaux au nez et à la barbe des rares mobiles encore en place. Et nous, opérateurs miniers légaux, nous continuons à fuir les services de l'état car ils nous bombardent de règles toutes plus draconiennes et déplacées que les autres. Ce département qui pourrait être un paradis, qui pourrait se révéler riche en possibilité d'emploi pour ses enfants, ce département d'outre-mer d'où part la fusée Ariane et ses satellites bourrés d'électronique reste l'enfant mal aimé du gouvernement.

 


*Maripasoula ou Maripa-Soula est la commune de France la plus étendue, avec environ 20000 Km² pour une population de plus ou moins 5000 habitants déclarés. Elle se situe sur le fleuve Lawa, à la frontière avec le Suriname et sa population déclarée est composée d'Amérindiens, de noirs marrons, de quelques créoles et de blancs. A Maripa-Soula vous pouvez encore fréquenter des maisons closes sans vous cacher et payer vos marchandises en or.
*J'étais présent personnellement à la fin de la 3eme attaque.

 

Axel

07:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 03 février 2009

Orpaillage clandestin en Guyane Française

carte-guyane-orpaillage.jpgMapausecafe.net a la chance d'avoir un lectorat de qualité. Vos commentaires toujous plus nombreux et de grande qualité nous le prouvent tous les jours. Et derrière chaque internaute, il y a des hommes ou des femmes aux profils souvent très différents. Aujourd'hui, c'est Axel, lecteur et commentateur de Mapausecafé qui nous a envoyé un article sur une actualité qui lui est chère. Habitant la Guyane Française et orpailleur légal, il nous fait part d'informations souvent méconnues en métropole. En guise de première approche, vous pouvez cliquez sur la carte de la Guyane ci-contre pour l'agrandir et vous rendre compte de l'emplacement des différents sites d'orpaillage (en vert sur la carte) dont va vous parler Axel.

 

 

[Orpailleur (étymologie) : mot dérivé de harpailleur, mot existant en 1532 dans le Pantagruel de Rabelais désignant un gueux, un brocanteur ou un mineur et ,croisé avec or, pour devenir dès 1611 arpailleur « celui qui cherche de l'or » et vers 1690 « celui qui recherche de l'or sur le bord des rivières » et enfin orpailleur.]

 

La Guyane, département français d'Outre-Mer, coincé entre le Suriname et le Brézil, compte 90 000 km² de forêt pluviale primaire. La seule infrastructure routière existante est développée le long de la côte, l'intérieur est une vaste contrée de non loi, un endroit où les gendarmes ne s'aventurent guère et seulement sur réquisition de l'état, souvent en compagnie de la légion étrangère pour y faire des opérations anti-orpaillage appelées "opérations Anaconda" et depuis février 2008 "opération Harpie".

 

Dans ces 90000 km² l'orpaillage clandestin sévit tranquillement. Les « garimpeiros »* brésiliens y sont chez eux. Leur population est estimée à plus de 10 000 âmes, plus de 10 000 personnes sans papiers qui exploitent de façon illégale l'or sur le territoire français. On croit rêver.

 

Et pourtant, en 2004 au lieu-dit Dorlin, la gendarmerie a détruit au cours d'une opération anaconda un véritable village de clandestins avec plus de 1 000 habitants fixes et des centaines de vagabonds. Les vagabonds sont souvent équipés d'un détecteur de métaux, le piupiu par analogie avec le bruit qu'il émet lors de la découverte d'un bout de métal, avec lequel ils repèrent les pierres incrustées d'or ou bien les pépites, très souvent aussi les vieux clous et boulons rouillés.

 

Ils se promènent dans la forêt de « garimpo » en « garimpo »* parfois plusieurs années d'affilées sans rentrer chez eux ou même retourner à la civilisation pour manger un hamburger ou se faire une toile. Ils se ravitaillent en nourriture et en piles pour leurs engins dans les nombreuses « curuteis »* qui jalonnent leur parcours et souvent traversent la Guyane de part en part, du Brésil au Suriname, et vis versa.

 

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Les habitants fixes de ces villages clandestins sont les personnes qui travaillent avec une pompe à eau et exploitent les lits des fleuves et les commerçants, tenanciers de bouges où se louent les compagnes d'une nuit, parfois très jeunes et étonnamment jolies, souvent laides et plus très fraîches pour un prix variant de 5 à 20 grammes d'or (75 à 300 euros) au cours actuel de l'or (11/2008). Où la canette de bière brésilienne, 350ml, se vend 0.5 gramme (7.5 euros), la bouteille de (mauvais) whisky surinamais ou brésilien 4 grammes (60 euros), et enfin le poulet congelés de 1.2 kilo 1.5 gramme, cela fait cher le kilo de mauvaise volaille. (Ce sont les prix actuels, 11/2008, pratiqués dans la région de Dorlin). Ici toutes les affaires se règlent en or, le commerçant sort sa petite balance électronique et le client sa « casave »* ou ses pépites. Et l'on découpe l'or en petits morceaux du poids désiré.

 

De plus en plus rare mais encore existant, la cigarette, 1gramme, en contrepoids sur une petite balance à balancier. Un mini plateau relié par une chaînette à chaque extrémité du balancier, sur l'un des plateaux l'or, sur l'autre les cigarettes.

 

Pour être un orpailleur clandestin il ne faut pas grand-chose, mais ce pas grand-chose il le faut en dose massive : du courage, de la ténacité et la capacité de vivre de très longues périodes démuni de tout, dans un milieu hostile. Même si l'enfer vert amazonien n'est pas celui décrit par les aventuriers en chaises longues qui se prélassent sur les terrasses des hôtels de luxe. Vous pouvez oublier les piranhas toujours à l'affut de chair, je me suis souvent baigné nu dans de nombreuses rivières de Guyane, et je suis toujours « entier ». J'ai parfois dû dormir par terre, à même le sol, en forêt parce que ma partie de chasse durait plus que prévu et que je m'étais légèrement trop éloigné du droit chemin vers le camp, et je suis toujours vivant et bien en chair, il ne manque rien.

(Je crois avoir oublié de préciser qu'il y a 13 ans que je suis ce que l'on appelle communément en métropole un « chercheur d'or ». J'ai commencé comme clandestin, ben oui, et je suis aujourd'hui responsable d'un site d'exploitation d'or primaire pour une société cotée en bourse, je sais de quoi je parle pour avoir tâté des 2 côtés de la barrière, je connais le site de Dorlin (latitude N3°45' longitude W53°32') depuis 1997 et j'y suis resté jusqu'en décembre 2007, aujourd'hui je suis à Yaou près de la commune de Maripa Soula.)

 

Pour revenir à nos amis garimpeiros clandestins, ils sont très souvent Brésiliens et parfois d'autres nationalités d'Amérique du Sud, ils sont toujours illettrés mais pas sans sagesse, et ils sont toujours exploités par de plus intelligents qu'eux qui vivent à leur crochet en forêt, j'ai nommé les patrons des boutiques clandestines. Si vous voulez gagner de l'argent en travaillant dans l'or, vendez aux orpailleurs ce dont ils ont besoin au fin fond de la forêt, ils paieront cash pour ne pas devoir perdre leur temps en de difficiles et dangereux voyages vers la ville. (La plus proche de Dorlin est Maripasoula à environ 50 kilomètres à vol d'oiseau, 6 heures de pirogue sur le Petit Inini, avec un barrage de gendarmerie à moins d'une heure de l'arrivée). Et quand bien même, dans les villes du centre de la Guyane, là où l'orpaillage bat son plein, les commerçants sont des voleurs. Par exemple, l'or valait en 2006 10€ le gramme, il vaut actuellement 14 € le gramme mais les commerçant le change toujours à 10 contre leur marchandise. 3 bières au gramme ou bien 3 bières pour 10 euros. Là ils se gavent les enfoirés car tout le monde paye en or, du moins 95% de la clientèle fidèle. Un fût de gasoil acheté pas cher au Surinam peut atteindre le prix de 100 grammes pour peu que vous soyez un rien éloigné des centres de vie et que les gendarmes surveillent un peu les voies d'approvisionnement, souvent les cours d'eau, et 100 grammes au cours du gramme en forêt, revendus en ville plus ou moins 1400€. Belle opération pour 200 litres de gasoil de pas très bonne qualité et souvent mélangé d'eau,... non ?

 

Mais sans gasoil comment faire fonctionner les moteurs des pompes à eau et des pompes à gravier qui 7 jours sur 7 vont aspirer les sables minéralisés des lits des cours d'eau. Il y a ici deux signification au mot lit du cours d'eau : le lit proprement dit, la rivière étant alors détournée par un canal en pied de colline, ou le flat, c'est-à-dire la surface que le cours d'eau occupe lorsqu'il est en crue et où il dépose des sédiments, de pied de colline à pied de colline.

 

*Garimpo : de garimpar en portugais qui veut dire rechercher fouiller. C'est par dérivation l'endroit ou le garimpeiro (chercheur d'or) travaille.

*Curutel, pluriel curuteis : petits villages de commerçants clandestins installés autours des garimpos où l'on trouve de tout à des prix fous.

*Casave : Or amalgamé et dont la quantité de mercure a été réduite à environ 4 à 6%. 100 grammes de casave donnent entre 92 et 96 grammes d'or « pur », parfois moins. La casave est en fait une galette de manioc et l'on a appelé cet or cuit casave en raison de la ressemblance de sa texture avec celle de la casave comestible.

 

Qui sait en métropole qu'il y a des milliers de clandestins qui pillent un seul DOM français ? Qu'il existe dans ce Dom une mafia organisée pour leur fournir tout ce dont ils ont besoin et le leur reprendre par les prix insensés qu'ils pratiquent ? Que pouvons ou devons-nous faire pour interdire de telles pratiques (Non pas pour le pillage des ressources mais pour la servitude dans laquelle ils sont exploités au 21eme siècle) ?

 

Jeudi, un second article vous expliquera les résultats de l'opération Harpie aujourd'hui suspendue...

 

Axel

07:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4)