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dimanche, 12 avril 2009

Navire Night : nuit blanche de l’université Lyon 2

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C'est un évènement extraordinaire qui s'est tenu dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 avril à l'université Lumière Lyon 2. Une nuit blanche de conférences toutes plus passionnantes les unes que les autres, ancrées dans la conjoncture, et organisées par des universitaires de Lyon mais aussi de Saint-Etienne, Paris, etc. tous engagés dans la mobilisation contre la mise en place de la scandaleuse politique de l'enseignement supérieure actuelle. Pour plus de renseignements à ce sujet : http://www.mapausecafe.net/archive/2009/02/11/sarko-le-py...

 

De 18h30 au lendemain 8h00 le Grand Amphithéâtre a donc été le lieu d'un bouillonnement intellectuel et festif face au dogmatisme idéologique du gouvernement (il n'est donc pas étonnant que notre cher Président bien aimé se soit fait habiller pour plusieurs hivers...). En somme, la conjuration de savoirs contre l'obscurantisme des réformes en cours. Précisions du collectif Navire Night « Comme circonstance symbolique et pratique, la nuit demeure disponible dans les emplois du temps ; elle est propice au décloisonnement des institutions, à l'expression d'une transversalité disciplinaire, ainsi que d'une égalité citoyenne ; elle est de nature à favoriser une humanité des relations, de manière civique. Si une tradition universitaire peut suggérer une ligne générale d'intervention, cette tradition est celle de « l'université critique », collégiale, indépendante et démocratique, qui contraste fortement avec les desseins d'une université « entrepreneuriale » ou « managériale ». Par cet événement fédérateur, nous espérons contribuer au véritable sens de « l'autonomie » des universités et de la recherche. »

 

Laissez-vous embarquer pour une longue croisière de l'intelligence, si rare à notre époque de l'inculture décomplexée et assumée, placée sous le signe du Kairos. Larguez les amarres !


(La transcription des conférences sont résumées et partielles du fait de mon état d'attention et de fatigue : le premier diminuant quand - logiquement - le second augmentait).

 

  • L'anti-intellectualisme d'État et «le plaisir de la connaissance» par Bernard LAHIRE (ENS-LSH Lyon, Sociologie, Directeur du GRS/ CNRS)

 

  • Anti-intellectualisme et identité nationale : les racines du discours sarkozien sur l'éducation par Sarah AL MATARY (ENS-LSH Lyon, Lettres)

Une relecture des discours de Nicolas Sarkozy à la connaissance du nationalisme de la fin du XIXème siècle. Sarkozy méprise les intellectuels : le 21 juin 2007 il affirme « je ne suis pas un intellectuel ! ». Son anti-intellectualisme s'ancre chez celui de Maurice Barrez et de Pierre Poujade. Mais l'anti-intellectualisme se trouve également à gauche, notamment chez les communistes. Sarkozy oppose souvent la Sorbonne à l'Elysée, les « savoirs abstraits » aux « savoirs artisanaux ». Il utilise beaucoup les mots « franchement », « réalité ». Il semble avoir été traumatisé, enfant, par La princesse de Clèves, d'où ses attaques récurrentes contre elle. L'argument du « bon sens », analysé par Roland Barthes, est évocateur du néo-poujadisme de Sarkozy. De la même façon qu'au XIXème siècle, il se méfit des professeurs du secondaires et du supérieur, des fonctionnaires... Sarkozy considère la culture comme une maladie.

 

  • Clinique de la créativité humaine par René ROUSSILLON (Université Lyon 2, Institut de Psychologie, psychologie clinique et psychopathologie/CRPPC)

Toute notre organisation interne fait que nous créons les évènements auxquels nous sommes confrontés. L'objet que l'on perçoit, on commence d'abord par l'analyser, on relie les éléments ensemble, puis on l'interprète. Notre cerveau fonctionne sur des représentations. On transforme les choses pour qu'elles soient compatibles avec notre fonctionnement psychique. Ce processus début dès la naissance : les bébés ont des capacités d'imitation de la réalité. Notre rapport à l'autre n'est pas fait que d'empathie car nous créons en nous-mêmes. La créativité est un mécanisme fondamental de l'activité humaine. Sans cela nous sombrons dans une situation traumatique. L'enfant réinvente le monde dans son jeu. Comment l'activité de jeu se prolonge-t-elle dans la vie d'adulte ? L'université est un lieu où l'on peut continuer de jouer. Cette activité peut se maintenir si elle est investie, si l'environnement lui donne la valeur nécessaire. Elle doit également être reconnue, c'est l'élément fondamental. Le devenir de ces activités est incertain : elles sont hyper-complexes et énigmatiques. Ce qu'on vit ne va pas forcément de soi.

 

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  • La nuit des réfugiés... Demande d'asile et politique de l'(in)hospitalité par Spyros FRANGUIADAkIS (Université Lyon 2, faculté d'Anthropologie et de Sociologie/Modys-CNRS)

Ce domaine met en relation directe un homme touché dans ses droits les plus élémentaires et le danger de mort en fonction de son identité. La réforme du droit d'asile en 2003 a accru la répression à l'encontre des immigrés, élargi le domaine de la persécution. On a un raccourcissement de la procédure : il faut maintenant 21 jours pour déposer une demande d'asile et le requérant est convoqué pour un entretien. Il doit aussi accepté d'être hébergé dans un centre d'accueil. Les réfugiés (le plus souvent des personnes seules que des familles) sont considérés comme de simples prestataires de services. Les associations se trouvent en concurrence du fait du nombre croissant de demandeurs d'asiles. De là découle une gestion rapide et temporaire de la demande des réfugiés. Il y a une incapacité à penser la relation à l'autre de façon saine et apaisée. Le politique ne peut s'accomplit sans donner un sens à la relation à l'autre. Le temps rétrécit oblige à l'impatience, caractéristique de nos sociétés. La question est celle de « la volonté de sacrifier une part de chez soi ». Une politique d'hospitalité fait défaut pour les étrangers. On trouve ainsi une opposition entre le Cronos (symbolisé par une horloge) et le Kairos (symbolisé par le ciel bleu). Si on ne s'inscrit pas dans ce dernier on entre dans le temps sécuritaire : « l'effondrement de l'hétérogénéité politique » selon Jacques Rancière. La volonté de maîtriser l'incertitude du lendemain peut découler sur une politique sécuritaire (voire le Léviathan de Hobbes) ou sur un vivre ensemble avec l'autre. Il faut essayer de devenir digne des autres, d'avoir une relation symétrique.

 

  • Vichy : retour aux sources ? par Valérie HAAS (Université Lyon 2, Institut de Psychologie, Psychologie sociale, EA GRePS)

« Doit-on conserver l'horreur ou laissez la vie se développer dessus ? ». Au-delà des camps d'exterminations, il existe d'autres lieux de mémoire comme la ville d'Oradour-sur-Glane en France. Mais certains lieux ne témoignent pas de la même souffrance : Drancy, Vichy, etc. Ce dernier est un cas d'école de notre mauvaise conscience française. C'est un espace matériel investi pas la croyance collective. La ville vivait dans l'oublie jusqu'aux années 90. Puis, la mémoire collective de la ville fut rendue sensible. On a même voulu la rebaptiser. La mémoire assure la continuité des individus mais peut aussi s'avérer créative. Sarkozy a une vision partial de l'histoire lorsqu'il déclare : « La vraie France n'était pas à Vichy, la France éternelle est celle des résistants ». A Vichy « oublier » signifie « effacer ». Aucune exposition ne fait référence à cette période. « Oublier » c'est aussi « nettoyer ». Laver Vichy au sens propre comme au sens figuré correspond à la volonté de supprimer une tache dans l'histoire. « Oublier » signifie surtout « reconstruire », notamment en remplaçant les plaques des noms de rues. On remplace la mémoire de Pétain par celle de Napoléon III. La société oblige les hommes à retoucher les évènements antérieurs à leur vie pour faire exister un prestige qui n'existait pas. Le silence mis en place par les institutions de Vichy et repris par les générations suivantes va-t-il transformer son histoire ? Récemment la ville accueilli un congrès européen sur l'immigration. Devant la protestation de ceux qui étaient choqués par cet ignoble symbole, le gouvernement a réagi avec mépris. Ce choix était une provocation. L'anti-repentance de Sarkozy détourne les grandes composantes historiques les plus gênantes : c'est l'instauration d'un passé décomplexé. Il faut se méfier de l'usage du passé pour servir idéologiquement le présent. Laissons donc la vie se construire sur l'horreur à la manière d'une fleur émergeant sur un tas de cendre humaine, mais n'oublions jamais celles et ceux qui en constitue le terreau.

 

  • La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 par Mathilde PHILIP-GAY (Université Jean Moulin Lyon III, faculté de Droit, Droit public)

Pour Sarkozy « Il faut que tout change pour que rien ne change ». La gauche était plus favorable à une réforme en faveur du Parlement, la droite davantage en faveur du Président. La constitution est le livre suprême, le texte fondamental dont découlent toutes les règles politiques. Lorsqu'on révise la constitution on applique, par conséquent, le pouvoir suprême. Sarkozy voulait limiter les mandats présidentiels à deux (ce qui a été fait), et instaurer la responsabilité du Président devant le Parlement (loin d'être fait). Il souhaite se rapprocher du modèle américain : un régime présidentiel avec une séparation stricte des pouvoirs et une administration soumise au Président. Il voulait également s'exprimer devant les parlementaires. Mais cela reviendrait à revendiquer sa politique alors que ce n'est pas lui qui gouverne, c'est le gouvernement du Premier ministre. Pour réviser la constitution, il devait obtenir la majorité des 3/5 des sénateurs et des députés : toute la droite et une partie de la gauche en somme. Cette révision est révélatrice d'une méthode : réformer de manière contestable et malgré les incohérences.

 

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  • Qui veut noyer son chien... Stratégie nationale pour la Recherche et l'Innovation & autres discours par Hugues DE CHANAY, Frédérique GAYRAUD et Catherine KERBRAT-ORECCHIONI (Université Lyon 2, Sciences du langage, DDL, ICAR-CNRS Lyon 2)

Sarkozy affirme que la recherche française est médiocre, qu'on a un ou deux prix Nobel, pas de publications suffisantes, etc. Pourtant, dans le très controversé classement de Shanghai la France demeure au 6ème rang, au 3ème rang dans le classement de l'école des mines, et également au 3ème rang dans la physical review letter. On dépense 10 000 euros par an par étudiant. Sarkozy use du principe de Storytelling qui consiste à faire un usage partisan de la réalité, en plus sur un ton goguenard. Il use de tautologies et de questions rhétoriques dans ses discours, ainsi que de pauses interminables. Il parle volontiers d'innovation à la place de changement. Selon lui, soit on prend les réformes soit on les rejettent et on reste dans l'immobilisme. Le mot « innovation » est lié à celui de « recherche » mais selon Sarkozy l'innovation est positive contrairement à la recherche.

 

  • Essai de Bling-blinguistique : le discours du 22 janvier ou la forêt qui cache les arbres par Jean-Christophe PITAVY (Université Jean Monnet de Saint-Etienne, Sciences du langage/ParLAnCES et CIEREC)

Dans la caricature de Sarkozy des Guignols de l'Info on à une répétition de structures : un rythme mitraillette, l'emploi des mots « kiffer », « oseille », etc. Malgré la grosseur du trait, il y a une certaine vérité qui se traduit par le style bling-bling. Dans son discours du 22 janvier sur la recherche il respecte assez le protocole mais s'autorise à improviser de temps en temps et pas de manière si improvisé que cela. Il semble s'adresser à un public acquis mais, implicitement, il s'adresse à un public plus large. C'est le principe du « Me, myself and I » [référence à De La Soul ?]. En fin de compte, sur un discours de 4000 mots, la partie improvisée correspond à 42 % du discours. On a à faire au Président le plus personnel de la Vème République, un peu comme De Gaulle. Mais ce dernier utilisait un parfait français littéraire même quand il était censé craquer. Les mots « science », « culture » et « « étudiant » sont les derniers à être utilisés dans le discours de Sarkozy. Il a un niveau de langue très relâché (il emploi souvent le mot « truc »). A propos des résultats des chercheurs il parle de « l'arbre qui cache la forêt », en prétendant nous présenter une réalité évidente que lui seul semble percevoir.

 

  • Attention au travail par Viviane LEROUX VERNAY, Sophie CHAUVEAU et Patrick ROzENBLATT (Université Lyon 2, Sociologie)

Les récentes séquestrations de patrons relèvent davantage de la violence symbolique que de la violence physique. La séquestration c'est prendre quelque chose en garantie pour continuer le débat. Lorsqu'on voit les évènements à Caterpillar, à Sony, etc. on peut se demander si le dialogue social peut perdurer ? On est dans un Etat de droit et dans un Etat social. A quelques semaines des élections européennes, le thème de l'insécurité va ressurgir. Dans le monde du travail on trouve de plus en plus de désespérés, de spoliés du « travailler plus pour gagner plus ». Dans un processus de civilisation on n'a pas besoin de faire violence. Quand on est minoritaire il faut faire peser la conscience des autres. Il faut que les barrières qui permettent de travailler sur le monde du travail explosent.

 

  • Des arts d'être despote :

- La tyrannie comme désir de domination universel hors de son ordre. L'apport de Pascal à la réflexion sur la mobilisation (D. Kolesnik)

On a un discours du prince Sarkozy revendiquant ses 53 % de voix : « Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts ». Alexis de Tocqueville parle de « despotisme démocratique dans De la démocratie en Amérique. Pascal de son côté permet de définir des ordres de justice. Il propose de comprendre comment des barrières peuvent êtres mises en place contre la tyrannie. L'amour de l'homme pour Dieu s'est transformé en amour de l'homme pour moi. On retrouve le narcissisme de Sarkozy. Finalement, Pascal, pour qui la guerre est le moteur de l'organisation sociale, propose un équilibre entre adhérer à un ordre politique arbitraire et une tyrannie.

- Exercice du pouvoir et usage des savoirs : actualité des fables de La fontaine (M. Rosellini).

Par Delphine kOLESNIk (ENS-LSH Lyon, Philosophie/CERPHI) et Michèle ROSELLINI (ENS-LSH, Lettres et Arts/CERPHI)

Les fables de La Fontaine parlent de politique, des niveaux de pouvoir : le roi est représenté comme un lion ou comme le Soleil. Le roi n'a généralement pas besoin de s'associer le savoir tant sa force lui suffit. Mais, selon Pascal « La force, pour durer, a besoin d'une image de justice ». Le ciel domine et accable les mortels de la furie de la peste ; les puissances dominent la cour et le roi doit se dégager de la crise. Il y a une analogie avec Œdipe, le principe du bouc émissaire et celui du sacrifice. L'âne semble être le coupable désigné. Dans la fable Un animal dans la lune : le roi a besoin du savoir. Le roi caricaturé est le roi britannique Charles II et non le roi français. Il combat l'illusion sans utiliser la force. On finit sur le rire à la manière de Lucrèce (Epicure inspire Lucrèce qui inspire La Fontaine). La fable instaure un débat politique sans les formes discursives du débat. Nous occupons la place du lecteur implicite : on rêve d'un monarque protecteur des arts et des sciences. La fable est une activité philosophique et la littérature une force d'intervention dans le réel.

 

  • Fonctionnements du mot «D'accord» dans le champ conversationnel contemporain par Fabienne BOISSIERAS (Université Jean Moulin Lyon 3, Lettres)

S'il est bien un lieu où s'exerce une pression linguistique c'est le champ du politique. « D'accord » figure en bonne place avec « en effet » et « certes » dans ce champ. On peut souligner l'emploi abusif de « d'accord » comme un simple rappel phatique. C'est l'équivalent contemporain du « je t'écoute ». On a aussi la célébration historique d'un « accord » au G 20. Le mot envahi les débats et les commentaires politiques. « Être d'accord » implique une pensée critique et d'éventuels ajustements. La forme syncopée « d'ac » n'a pas encore envahie le champ politique mais on peut toujours faire pire dans le vulgaire... Quelques phrases de Sarkozy : « D'accord il y a la crise » ; « L'instauration des radars c'est moi qui ait eu l'idée ». Le « d'accord » relève bien la concession suivie d'une proposition. Cela présuppose une prise de conscience. Le locuteur Sarkozy concède des éléments négatifs. La concession s'oppose au danger de la démesure. Il y a une parenté entre la concession et l'ironie. L'utilisation récurrente au duo danger/solution de Sarkozy relève de cette logique. Toute énonciation fait l'objet d'une transaction complexe entre interlocuteurs pour peser les arguments. Un autre recours se fait très souvent dans le langage courant : « d'accord, d'accord ». L'adverbe est significatif d'une erreur. Cela relève de la mauvaise foi chez Sarkozy : « D'accord d'accord Mme Chabot j'ai dit que nous n'étions plus en récession ». Le journaliste politique ne menace pas le Président.

 

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  • La scène médiatique et la fabrique de l'opinion poisons et contrepoisons d'Avril par Jacques GERSTENkORN (Université Lyon 2, Arts du spectacle), Vice-Président chargé de la culture

Dans le cas du procès Papon on a eu une mise en scène des images sans s'intéresser au fond du dossier. Il existe une stratégie de fabrication de l'image et une autre de contre-poison. Par exemple, la une du Monde du 1er avril 2009 titrait « Facs mobilisées, l'ambiance dégradé » : la question de l'image devient un problème argumentatif. Cela permet de détourner les questions. L'image est utilisée par le gouvernement et les médias pour dévaloriser le mouvement des universités. En somme, le bazar nuit à l'image, donc il faut rentrer dans le rang. Exemple de la ronde des obstinés : des caméras de surveillance filment l'Hôtel de ville de Paris et la ronde fait en sorte d'entrer dans son champ. On est plus que jamais dans une guerre de l'image.

 

  • Pluralisme de l'information et propriété des médias par Franck REBILLARD (Université Lyon 2, Institut de communication, ICOM/Elico)

Il semble évident que la concentration des médias nui au pluralisme de l'information. Mais d'aucuns tentent de renverser ce paradigme. La constitution garantie la libre information des citoyens et le pluralisme des médias. Le conseil constitutionnel reprend cette doctrine en le 11 octobre 1984. L'Etat subventionne les revenus de la presse écrite. Il existe des règles anti-concentration sectorielle et anti-sectorielle. Depuis quelques années cette doctrine est fortement combattue : l'opposition entre concentration et pluralisme n'irait plus de soi. Par exemple, le rapport Lancelot (2006) ou le rapport Tessier (2007) qui s'appuient sur des écrits scientifiques : le modèle de Steiner (1952) et les économies d'envergures. Il y a aussi des interprétations idéologiques : « La presse française manque de concentration », « le but est de libéraliser ce secteur ». C'est une vision économiciste, une vision quantitative qui confond variété et différenciation des contenus, une vision qui perd de vue la nature fondamentalement politique de l'information. La propriété des médias n'est pas qu'économique mais surtout politique. Il peut y avoir une proximité des propriétaires de médias avec le pouvoir. Ce genre de relation est fraternel : Arnaud Lagardère considère Sarkozy comme son frère, Martin Bouygues est le parrain de son fils.

 

  • «Casse-toi, médiocre !» Les insultes en français, de La Chanson de Roland au journal de 20 heures par Dominique LAGORGETTE (Université de Savoie/Institut Universitaire de france, Lettres)

Les insultes sont un phénomène universel avec des modes et des invariants. « Insulter » c'est « sauter sur », « apostropher » c'est « blesser quelqu'un ». Parmi les autres expressions il y a « tailler un costard », « casser », « tuer », etc. Quelques classiques : « fils de putain », « bougre » (insulte homophobe à l'origine), « ducon », « fonctionnaire », « Lilith », « merdaille », « clappon », « morue », « chien mastin ». Les pauvres et les moins instruits n'insultent pas plus que les riches et les plus instruits : Sarkozy avec ses « casse-toi pauvre con ! » (largement repris en citation dans les manifestations) ou « racailles » en est le parfait exemple. De même, les hommes et les vieux insultent autant que les hommes et les vieux. Il existe des effets de mode et on n'insulte pas de la même façon dans le nord de la France, que dans le sud, en Belgique qu'en Angleterre. On peut parler une même langue sans se comprendre. On peut insulter pour blesser ou pour s'amuser ou encore pour séduire (plus délicat). A noter l'effet aïkido : retourner l'insulte au provocateur.

 

Sylvain Métafiot


 

Commentaires

 

Vous êtes Lyonnais ? Ce genre d'évènement extraordinaire, cela aurait été bien de l'annoncer avant (si c'était ouvert à tous)
En tout cas bravo. et continuez

 

La nuit de Lyon 2 était effectivement ouvert à tous.
Nous penserons à faire de la pub si cela se reproduit, comptez sur nous.

En tout cas, merci pour ton commentaire Louis

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