mercredi, 10 mars 2010
Une fiscalité écologique progressive est-elle possible ?

Le 23 septembre 2009, les habitants de notre planète ont consommé ce que la Terre pouvait produire en une année. Depuis lors, nous vivons à crédit, transférant notre dette écologique aux générations futures. La crise financière d'aujourd'hui, une crise de l'illusion de la propriété par le crédit, nous prévient que tôt ou tard, le réajustement s'opère, plus terrible qu'une gestion sereine de notre patrimoine commun.
01:32 Publié dans Actualité | Tags : une fiscalité écologique progressive, dette écologique, grenelle de l'environnement, taxe, environnement, écologie, verts, france, nicolas hulot, bertrand colin | Lien permanent | Commentaires (4)
lundi, 08 mars 2010
Santé : les enfants d’abord!
"Pétition relayée et signée par Mapausecafe.net" (par world vision international) https://sante-enfants.org
Santé : les enfants d’abord –ensemble, nous pouvons sauver des millions d’enfants
Santé : les enfants d’abord !, est la première campagne mondiale de World Vision focalisée sur une seule problématique : la réduction des décès évitables d’enfants de moins de cinq ans. Pendant les deux minutes que va vous prendre la lecture de cette préface, plus de trente enfants de moins de cinq ans vont mourir ; la plupart d’entre eux vont succomber de causes évitables, comme la diarrhée, la pneumonie, les complications postnatales ou le paludisme. Dans vingt-quatre heures, ce chiffre dépassera 24 000.
C’est plus qu’un problème pour les pays en voie de développement : il s’agit d’une « tragédie silencieuse ». Et c’est, il me semble, la plus grave violation des droits de l’enfant de notre époque. C’est la raison pour laquelle World Vision lance la campagne Santé : les enfants d’abord !, en s’engageant sur cinq ans à réduire ce nombre de victimes.
Notre campagne va tirer les leçons apprises dans nos quelques 1 600 programmes, où les stratégies de développement sont intimement liées aux efforts de plaidoyer auprès des autorités locales et nationales. A travers cette campagne, nous souhaitons aider les communautés à élever leur voix pour leur droit à des soins de qualité, et nous encouragerons les gouvernements à s’acquitter de leurs responsabilités envers les enfants, les mères, les familles et les communautés.
Nous travaillerons main dans la main avec les gouvernements locaux et des ONG partenaires, afin que nous ayons tous recours aux meilleures solutions ; notre expérience nous a appris qu’en matière de santé, une série de mesures de prévention simples et peu coûteuses sont un facteur fondamental de développement. World Vision s’engage de manière significative dans le financement de la santé dans le cadre de ses propres programmes, en investissant 1,5 milliard de dollars sur ces cinq prochaines années.
Les programmes d’envergure locale ne suffiront pas. World Vision presse également les pays riches à honorer leurs promesses liées à l’amélioration des conditions de vie dans les pays en développement. Plus de 190 chefs d’Etats et de gouvernements se sont engagés à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015. La campagne Santé : les enfants d’abord ! rappelle ces objectifs à la communauté internationale.
Nous avons besoin de vous. Lisez ce rapport, et exhortez vos gouvernants à mettre la santé des enfants à l’ordre du jour. Faites-leur savoir que vous trouvez que 24 000 décès d’enfants, c’est intolérable, et demandez-leur comment ils comptent assumer leurs responsabilités et agir.
Ensemble, nous pouvons faire la différence. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que la santé des enfants devienne une priorité.
Kevin Jenkins
Président
World Vision International
Etudes de cas
Richard et Roderick Kapembwa - Zambie

Quand Richard Kapembwa et Roderick, son frère jumeau, sont arrivés à la clinique de Masamba avec la diarrhée, il n’y avait de médicaments que pour soigner l’un des deux. Richard a survécu, pas son frère.
« Roderick aurait survécu si nous avions eu assez de médicaments pour les soigner tous les deux, explique Joseph Bwali, chef de clinique adjoint. Les garçons étaient extrêmement déshydratés quand ils sont arrivés. Nous avons perdu un enfant parce que nous n’avions qu’une seule perfusion. »
Le manque de matériel médical élémentaire, comme les sels de réhydratation orale, les perfusions et les antibiotiques, est très fréquent dans les pays en développement. Des réserves insuffisantes d’équipements médicaux et de médicaments ont des conséquences directes sur la vie de jeunes gens comme Roderick, qui ne sont pas capables de lutter contre des maladies bénignes et curables, qui ne tuent plus aucun enfant dans les pays riches.
D’après l’Unicef, en Zambie, seulement 48% des enfants de moins de cinq ans souffrant de diarrhée ont reçu des traitements de réhydratation entre 2000 et 2007 ; la Zambie se place au treizième rang mondial pour la mortalité infantile, avec 80 000 décès d’enfants par an.
Adeline et Zidane Kibanza – RDC

Avant la construction du poste de santé de Mapamboli, les habitants de Kikimi, en République Démocratique du Congo, ne disposaient pas de structures de soins décentes. Les familles devaient parcourir huit kilomètres pour atteindre le centre de santé le plus proche, où se trouvait le seul médecin des environs ; le taux de mortalité dans la région était très élevé.
Quand Zidane, neuf ans, a développé une forte fièvre, des douleurs abdominales et une diarrhée, sa mère a commencé à s’inquiéter. Elle ne savait pas quoi faire pour le soulager.Un membre de World Vision, lors de sa visite mensuelle aux enfants parrainés, a remarqué que Zidane était très malade. Il a alors vivement conseillé à Adeline, sa mère, de l’accompagner sur-le-champ au centre de soins. Sur place, il est diagnostiqué avec le paludisme et la fièvre typhoïde, et reçoit un traitement à base d’antibiotiques, des médicaments et des vitamines.
Aujourd’hui, Zidane se porte comme un charme. Quand il n’est pas à l’école, il adore jouer au football et aller à la pêche. Adeline est très reconnaissante au médecin du centre hospitalier, non seulement pour la vie de son fils, mais également pour la formation sur l’hygiène et la préparation d’aliments nutritive sa famille qu’il lui a dispensée.
Asya Hakobyan - Arménie

Le petit Haykaz est né avec une paralysie cérébrale infantile, une maladie pouvant être causée par la malnutrition maternelle.
En Arménie, la plupart des postes de santé sont sous-équipés et mal approvisionnés ; il n’y a pas assez d’agents qualifiés et formés aux dernières innovations médicales. Trop souvent, la population doit se déplacer jusqu’à Erevan, la capitale du pays, pour accéder aux soins les plus élémentaires.
La loi arménienne dispose qu’en principe, tous les enfants de moins de sept ans bénéficient de soins médicaux gratuits. Dans les faits, les parents doivent payer pour que leurs enfants soient traités immédiatement.
Asya, que l’alimentation à base de pommes de terre et de pâtes a rendu malade de façon chronique, raconte qu’elle et son mari ont déjà dépensé toutes leurs économies pour soigner leur stérilité. Le revenu dont ils disposent provient d’un lopin de terre où ils cultivent des pommes de terre, et d’un camion qu’ils louent parfois aux villageois.
A Erevan, les médecins ont déclaré qu’Hayzak a une luxation de la hanche, et qu’il pourrait remarcher sans aide si celle-ci est corrigée. « Un des médecins du Centre hospitalier de Gavar nous a promis d’opérer gratuitement Hayzak de sa luxation de la hanche, mais nous devrons payer pour les traitements et les médicaments après l’opération. Si seulement nous avions assez d’argent pour payer tout ça… »
Tara Devi - Népal

Quand la mère de Tara a appris que sa fille était en train d’accoucher, elle s’est précipitée à ses côtés. Elle a trouvé Tara appuyée contre un mur, avec la tête de son bébé qui apparaissait. Comme il était tard et qu’il n’y avait aucun hôpital ou poste de santé à proximité, Tara, sa mère et sa belle-mère ont donné naissance elles-mêmes à un petit garçon.
Après plusieurs jours, Tara n’ayant toujours pas délivré le placenta, sa famille a décidé qu’elle devait se rendre à l’hôpital. Après avoir emprunté de l’argent à ses voisins, la mère de la jeune maman de 19 ans a fabriqué un brancard, et avec l’aide de porteurs et du mari de Tara, ils l’ont emmenée à l’hôpital. Une marche de trois jours.
Cette visite lui a sauvé la vie. Cependant, quelques mois plus tard, Tara est retombée enceinte et malgré un accouchement plus rapide, elle n’a encore une fois pas pu bénéficier de soins postnatals. « Ma belle-mère a coupé le cordon ombilical avec une faux, a enveloppé le bébé dans une serviette, l’a mis dans mes bras, et m’a dit de me lever et de travailler ». Cette fois, elle a eu une descente d’organes, comme 600 000 femmes népalaises.
Finalement, Tara est devenue agent de santé communautaire dans son propre village. « J’ai beaucoup souffert et c’est très difficile d’être une femme dans ce monde. Les femmes elles-mêmes exploitent d’autres femmes. En pensant à toutes les femmes du village, j’ai ressenti ce désir incontrôlable de les aider et de les soulager. Et la meilleure façon de le faire est de travailler dans le secteur de la santé. »
19:04 Publié dans Actualité | Tags : santé, les enfants, pétition, les enfants d'abord | Lien permanent | Commentaires (1)
samedi, 06 mars 2010
Le paradigme de Michigan

Alors que la campagne pour les élections régionales bat son plein (rires), voici une théorie, parmi d'autres, du comportement des électeurs.
A travers l'ouvrage The American Voter, les chercheurs de l'université de Michigan développent la théorie de l'électeur rationnel en s'appuyant sur des enquêtes nationales aux Etats-Unis, réalisées la veille et le lendemain de chaque élection présidentielle de 1948 à 1956, où l'on interroge environ 2000 individus représentatifs des électeurs. Ils mettent en avant la psychologie individuelle et les perceptions politiques de ces derniers pour expliquer la signification de leurs votes.
De fait, ce que l'on appellera le paradigme de Michigan se développe sur la base de deux facteurs : l'identification partisane et le contexte électoral.
18:03 Publié dans Littérature | Tags : le paradigme de michigan, the american voter, l'électeur rationnel, identification partisane, the people's choice, paul lazarsfeld, vladimer o. rey j.-r, the changing american voter, etats-unis, anthony downs, vote sur enjeux, himmelweit, sylvain métafiot, homo-oeconomicus | Lien permanent | Commentaires (9)
samedi, 20 février 2010
1+1=1

Aucune pierre ne sera posée sur ma tombe
Et mon nom gravé nulle part,
Pas d'épitaphe pour ceux qui ne tiennent pas leur promesse
Et une promesse ne fut pas tenue
Pas d'épitaphe pour ceux qui gardent le silence
Et le silence fut gardé.
L'enfance est un couteau planté dans la gorge
On ne le retire pas facilement
Tels sont les derniers mots qu'une morte, Nawal, laisse à ses deux enfants, Jeanne et Simon après une existence jalonnée de mystères et de silences. Elle leur lègue également, par l'intermédiaire du notaire Hermile Lebel, un manteau avec le chiffre 72 au dos et un cahier rouge, mais surtout, deux lettres : une pour leur père soi-disant mort et une pour leur frère dont ils ignoraient l'existence jusqu'à ce jour funeste.
12:09 Publié dans Actualité | Tags : 1+1=1, incendies, wajdi mouawad, théâtre, guerre civil, le sang des promesses, démence guerrière, humanité, amour de la vie, célestins, liban, horreurs, sylvain métafiot, émotion, larmes, viol | Lien permanent | Commentaires (1)
lundi, 15 février 2010
Illustration de la semaine : RH

Aux ressources humaines donner forme et défi
Utile aux actionnaires, à leur soif de profits.
Workers work in a yet greater scheme
Living cogs of a shareholder's dream.
+ nouveautés sur http://www.unsitesurinternet.
et la semaine sur http://telex.blog.lemonde.fr
bon week-end,
tOad
18:19 Publié dans Actualité | Tags : actionnaires, ressources humaines, soif de profits | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 12 février 2010
Enfants disparus au Salvador

Ernestina et Erlinda Serrano Cruz étaient respectivement âgées de sept et trois ans lorsqu'elles ont disparu le 2 juin 1982. D'après des témoins, les deux sœurs ont été capturées par l'armée salvadorienne à Chalatenango durant le conflit armé qui a déchiré le pays de 1980 à 1992. Les fillettes font partie des quelques 700 enfants disparus pendant le conflit.
Comme dans de nombreux cas, la première plainte a été déposée en 1993 à la fin du conflit par leur mère, Maria Victoria Cruz Franco, auprès du tribunal de première instance de Chalatenango. Sans succès : la procédure judiciaire n'a pas progressé.
En février 2003, la Commission interaméricaine des droits de l'homme a recommandé à l'Etat salvadorien l'ouverture d'une enquête approfondie, impartiale et efficace en vue de retrouver les deux filles et de déférer à la justice les responsables présumés de leur disparition forcée.

L'Etat salvadorien n'a suivi aucune des recommandations. La Commission a donc, en juin 2003, soumis l'affaire à la Cour interaméricaine des droits de l'homme. Le 1er mars 2005, cette dernière a ordonné aux autorités salvadoriennes de créer une commission nationale chargée de rechercher les enfants disparus, ainsi qu'une base de données ADN destinée à permettre leur identification.
Une commission a bien été mise en place, mais elle ne répond pas aux prescriptions de la Cour. En revanche, aucune mesure n'a visiblement été prise pour créer la base de données ADN.
Sylvain Métafiot
Source : Amnesty International
19:52 Publié dans Actualité | Tags : enfants disparus au salavador, ernestina, erlinda serrano cruz, chalatenango, conflit armé, maria victoria cruz franco, commission interaméricaine des droits de l'homme, amnesty international, base de données adn, sylvain métafiot | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 01 février 2010
Campagne Coton équitable Max Havelaar

Max Havelaar France lance une grande campagne nationale de sensibilisation sur le coton équitable.
Pourquoi cette campagne ?
Le secteur du coton est aujourd’hui menacé par une baisse de cours mondiaux, l’utilisation de pesticides et d’OGM. Cette campagne a pour objectif que les producteurs de coton du Sud puissent vivre dignement de leur terre.
Malgré son formidable potentiel et l’engagement de marques comme Armor Lux, Article 23, Eminence, ou encore Rica Lewis, l’offre en coton équitable reste confidentielle et méconnue des consommateurs.
17:43 Publié dans Actualité | Tags : coton équitable, max havelaar association, commerce équitable, afrique de l'ouest, subventions, ogm, pesticides | Lien permanent | Commentaires (1)
dimanche, 31 janvier 2010
Le paradoxe de l’autoréférence : c’est celui qui dit qui n’y est pas

On se souvient de l'insupportable menteur qui ne ment pas dans la mesure où il ment et qui ment dans la mesure où il ne ment pas. Le paradoxe de Grelling est comme le menteur un paradoxe de l'autoréférence issu du fait qu'un énoncé, parce que situé sur deux plans, se contredit lui-même.
Grelling divise les adjectifs en autologiques et en hétérologiques. Les adjectifs autologiques possèdent eux-mêmes la propriété qu'ils décrivent. Ainsi, « bref » est bref, « pentasyllabique » a cinq syllabes. En revanche, « long » n'est pas long, « bisyllabique » n'a pas deux syllabes. Ils sont hétérologiques.
Maintenant, on se pose la question de savoir si « hétérologique » est autologique ou hétérologique. Si « hétérologique » est hétérologique, alors il est autologique puisqu'il possède la propriété qu'il décrit, mais si « hétérologique » est autologique, alors il est hétérologique puisqu'il ne possède pas la propriété qu'il décrit. « Hétérologique » est autologique dans la mesure où il est hétérologique et hétérologique dans la mesure où il est autologique.
J'ai la tête qui tourne...

Sylvain Métafiot
16:48 Publié dans Littérature | Tags : le paradoxe de l’autoréférence, menteur, grelling, adjectifs en autologiques, pentasyllabique, bisyllabique, syllabes, adjectifs en hétérologiques, sylvain métafiot | Lien permanent | Commentaires (6)
mercredi, 27 janvier 2010
Illustration de la semaine !

Appréciant la peine par contrôle au faciès
Les émotions réclament la monnaie de leur pièce.
Checking the world on the book of faces
We file our woes in tagged neat cases.
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Et des nouveautés sur http://www.unsitesurinternet.
le fil de la semaine sur http://telex.blog.lemonde.fr
Bonne Semaine
tOad
Illustration 2 :

un mot d'explication: visages. Loi sur la burqa, visage vieilli d'Estelle Mouzin, visages floutés dans les reportages... tentative de réflexion sur les visages du désespoir (de la peur, de la colère...) que l'on nous sert à longueur de catastrophes. A-t-on demandé aux Haïtiens s'ils voulaient que leurs visages apparaissent? (droit à l'image)
D'où cette image (n°1) de catastrophes sans visage.
Pour la seconde illus (morale): les deux visages du jugement, derrière le visage, intérieur douillet d'homme moyen, avec la vierge, "mère douleureuse", d'un côté et le bouc émissaire de l'autre. Pratique: on range autrui, et les noirs/les étrangers dans l'une ou l'autre.
09:23 | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 22 janvier 2010
Goffman et les stigmates

Tout d'abord un peu d'étymologie : stigmate vient du grec et veut dire « marque physique d'infamie ». Dans la tradition chrétienne cela désigne la marque du Christ. Goffman va analyser les stigmates dans le premier sens en se demandant comment des individus possèdent des signes qui les empêchent d'être pleinement acceptés par la société.
Stigmate et activité sociale
Lorsqu'on rencontre des individus on va tout de suite les ranger dans certaines catégories (hommes, femmes, âgées, jeunes, rappeur, fonctionnaire, etc.). Il y a donc une identité sociale apparente qui peut orienter les rapports sociaux. En revanche, il peut y avoir des personnes possédant des signes stigmatisant. Les signes deviennent stigmates lorsqu'ils correspondent à des stéréotypes sociaux : monstruosité du corps, tares de caractère, caractéristiques ethniques. Mais les stigmates évoluent de la même façon que les mœurs et les esprits évoluent. Il peut également y avoir des stigmates plus ou moins cachés comme des traits de caractère non apparents.
La discrimination apparaît quand le stigmate est mis à jour par rapport au « normal ». Pourtant le « normal » est évolutif, donc le stigmate également. Tout cela évolue en fonction des normes idéologiques : les représentations sociales des célibataires et des homosexuels se sont profondément transformé au fil des années.

Comment les stigmatisés réagissent-ils à ces discriminations ? Ils sont confrontés à un problème d'identité. De fait, on peut essayer de corriger le stigmate comme Michaël Jackson qui pensait qu'être noir être infamant et donc en recourant à la chirurgie esthétique pour devenir blanc, quitte à avoir une tête de cadavre... Sinon, on peut essayer de maîtriser des domaines d'activité qui sont interdits : par exemple, les noirs américains n'avaient pas le droit d'aller à la guerre. Plus radicalement, on peut aussi se couper de la réalité. D'un autre coté, le stigmate peut servir à obtenir de petits profits : « on m'a refusé ce poste parce que je suis une femme arabe », etc. On peut aussi renverser le stigmate : les noirs américains (encore eux !) ont renversés leur « stigmate » dans les années 1960, c'était une fierté et non une infamie d'être noir.
Le problème c'est le contacte entre les gens « normaux » et les gens stigmatisés, car ce dernier ne sait pas comment il va être accueilli, en terme de regard notamment. Les stigmatisés vont essayer de contrôler ce qui va les trahir et faire bonne impression. Beaucoup de gestes peuvent prendre des proportions extraordinaires de la part d'un stigmatisé (ne pas bégayer, marcher correctement, etc.). A l'inverse, d'autres gestes peuvent êtres excusés à cause d'un handicap (on ne reprochera pas à un manchot de ne pas serrer la bonne main pour dire bonjour). Ce sont des interactions flottantes et angoissées. Un stigmatisé doit adopter un comportement spécifique à intégrer, soit en adhérant à une association, à des réseaux, à des communautés de stigmatisés. Ils doivent s'organiser et représenter leur communauté en élargissant leurs relations sociales pour ne pas restés repliés sur soi-même de façon communautariste.

Contrôle de l'information
Quand quelqu'un possède un stigmate il est discrédité, sauf si le stigmate n'est pas automatiquement visible. L'individu va donc apprendre à contrôler les informations individuelles, normées, flexibles et durables. Dans nos sociétés contemporaines être illettré est un stigmate mais certaines personnes arrivent à la cacher. Elles arrivent à cacher des informations en fonction des interactions avec les autres. On est dans une logique de dissimulation où les gens « normaux » n'arrivent pas à déchiffrer l'information cachée. Il y a une tension entre l'identité sociale réelle et l'identité virtuelle du stigmatisé. Certains stigmates peuvent ne jamais être révélés. La capacité à masquer l'information va dépendre des contextes et des interlocuteurs. Parfois on cherche à cacher l'information mais le stigmate est dévoilé et cela peut introduire du discrédit.
Afin de masquer un stigmate on peut effacer ou dissimuler tout signe révélateur, faire passer le stigmate pour un autre moins grave. On peut aussi se confesser à des amis pour en faire des alliés. Ainsi, la définition du stigmate se trouve en observant le « normal ». Sa différence se comprend par rapport à la norme. Par exemple, pour Goffman, le « normal » aux Etats-Unis c'est l'homme blanc, hétérosexuel, nordique, diplômé d'université, travaillant à temps plein, protestant et faisant du sport. Donc, par rapport à la norme le stigmate va être plus ou moins important. La distance à la norme va aussi déterminer l'importance de dissimulation du stigmate ou de son renversement (la revendication).
Plus on est proche de la norme, moins on a à renverser le stigmate et moins celui-ci sera choquant.
Sylvain Métafiot
23:46 Publié dans Actualité | Tags : erving goffman, stigmates, elephant man, david lynch, marque physique d'infamie, société, identité sociale, évolutif, stigmatisé, masquer, norme, monstruosités du corps, stéréotypes sociaux, normal, sylvain métafiot, catégories | Lien permanent | Commentaires (3)









