mardi, 03 février 2009
Orpaillage clandestin en Guyane Française
Mapausecafe.net a la chance d'avoir un lectorat de qualité. Vos commentaires toujous plus nombreux et de grande qualité nous le prouvent tous les jours. Et derrière chaque internaute, il y a des hommes ou des femmes aux profils souvent très différents. Aujourd'hui, c'est Axel, lecteur et commentateur de Mapausecafé qui nous a envoyé un article sur une actualité qui lui est chère. Habitant la Guyane Française et orpailleur légal, il nous fait part d'informations souvent méconnues en métropole. En guise de première approche, vous pouvez cliquez sur la carte de la Guyane ci-contre pour l'agrandir et vous rendre compte de l'emplacement des différents sites d'orpaillage (en vert sur la carte) dont va vous parler Axel.
[Orpailleur (étymologie) : mot dérivé de harpailleur, mot existant en 1532 dans le Pantagruel de Rabelais désignant un gueux, un brocanteur ou un mineur et ,croisé avec or, pour devenir dès 1611 arpailleur « celui qui cherche de l'or » et vers 1690 « celui qui recherche de l'or sur le bord des rivières » et enfin orpailleur.]
La Guyane, département français d'Outre-Mer, coincé entre le Suriname et le Brézil, compte 90 000 km² de forêt pluviale primaire. La seule infrastructure routière existante est développée le long de la côte, l'intérieur est une vaste contrée de non loi, un endroit où les gendarmes ne s'aventurent guère et seulement sur réquisition de l'état, souvent en compagnie de la légion étrangère pour y faire des opérations anti-orpaillage appelées "opérations Anaconda" et depuis février 2008 "opération Harpie".
Dans ces 90000 km² l'orpaillage clandestin sévit tranquillement. Les « garimpeiros »* brésiliens y sont chez eux. Leur population est estimée à plus de 10 000 âmes, plus de 10 000 personnes sans papiers qui exploitent de façon illégale l'or sur le territoire français. On croit rêver.
Et pourtant, en 2004 au lieu-dit Dorlin, la gendarmerie a détruit au cours d'une opération anaconda un véritable village de clandestins avec plus de 1 000 habitants fixes et des centaines de vagabonds. Les vagabonds sont souvent équipés d'un détecteur de métaux, le piupiu par analogie avec le bruit qu'il émet lors de la découverte d'un bout de métal, avec lequel ils repèrent les pierres incrustées d'or ou bien les pépites, très souvent aussi les vieux clous et boulons rouillés.
Ils se promènent dans la forêt de « garimpo » en « garimpo »* parfois plusieurs années d'affilées sans rentrer chez eux ou même retourner à la civilisation pour manger un hamburger ou se faire une toile. Ils se ravitaillent en nourriture et en piles pour leurs engins dans les nombreuses « curuteis »* qui jalonnent leur parcours et souvent traversent la Guyane de part en part, du Brésil au Suriname, et vis versa.

Les habitants fixes de ces villages clandestins sont les personnes qui travaillent avec une pompe à eau et exploitent les lits des fleuves et les commerçants, tenanciers de bouges où se louent les compagnes d'une nuit, parfois très jeunes et étonnamment jolies, souvent laides et plus très fraîches pour un prix variant de 5 à 20 grammes d'or (75 à 300 euros) au cours actuel de l'or (11/2008). Où la canette de bière brésilienne, 350ml, se vend 0.5 gramme (7.5 euros), la bouteille de (mauvais) whisky surinamais ou brésilien 4 grammes (60 euros), et enfin le poulet congelés de 1.2 kilo 1.5 gramme, cela fait cher le kilo de mauvaise volaille. (Ce sont les prix actuels, 11/2008, pratiqués dans la région de Dorlin). Ici toutes les affaires se règlent en or, le commerçant sort sa petite balance électronique et le client sa « casave »* ou ses pépites. Et l'on découpe l'or en petits morceaux du poids désiré.
De plus en plus rare mais encore existant, la cigarette, 1gramme, en contrepoids sur une petite balance à balancier. Un mini plateau relié par une chaînette à chaque extrémité du balancier, sur l'un des plateaux l'or, sur l'autre les cigarettes.
Pour être un orpailleur clandestin il ne faut pas grand-chose, mais ce pas grand-chose il le faut en dose massive : du courage, de la ténacité et la capacité de vivre de très longues périodes démuni de tout, dans un milieu hostile. Même si l'enfer vert amazonien n'est pas celui décrit par les aventuriers en chaises longues qui se prélassent sur les terrasses des hôtels de luxe. Vous pouvez oublier les piranhas toujours à l'affut de chair, je me suis souvent baigné nu dans de nombreuses rivières de Guyane, et je suis toujours « entier ». J'ai parfois dû dormir par terre, à même le sol, en forêt parce que ma partie de chasse durait plus que prévu et que je m'étais légèrement trop éloigné du droit chemin vers le camp, et je suis toujours vivant et bien en chair, il ne manque rien.
(Je crois avoir oublié de préciser qu'il y a 13 ans que je suis ce que l'on appelle communément en métropole un « chercheur d'or ». J'ai commencé comme clandestin, ben oui, et je suis aujourd'hui responsable d'un site d'exploitation d'or primaire pour une société cotée en bourse, je sais de quoi je parle pour avoir tâté des 2 côtés de la barrière, je connais le site de Dorlin (latitude N3°45' longitude W53°32') depuis 1997 et j'y suis resté jusqu'en décembre 2007, aujourd'hui je suis à Yaou près de la commune de Maripa Soula.)
Pour revenir à nos amis garimpeiros clandestins, ils sont très souvent Brésiliens et parfois d'autres nationalités d'Amérique du Sud, ils sont toujours illettrés mais pas sans sagesse, et ils sont toujours exploités par de plus intelligents qu'eux qui vivent à leur crochet en forêt, j'ai nommé les patrons des boutiques clandestines. Si vous voulez gagner de l'argent en travaillant dans l'or, vendez aux orpailleurs ce dont ils ont besoin au fin fond de la forêt, ils paieront cash pour ne pas devoir perdre leur temps en de difficiles et dangereux voyages vers la ville. (La plus proche de Dorlin est Maripasoula à environ 50 kilomètres à vol d'oiseau, 6 heures de pirogue sur le Petit Inini, avec un barrage de gendarmerie à moins d'une heure de l'arrivée). Et quand bien même, dans les villes du centre de la Guyane, là où l'orpaillage bat son plein, les commerçants sont des voleurs. Par exemple, l'or valait en 2006 10€ le gramme, il vaut actuellement 14 € le gramme mais les commerçant le change toujours à 10 contre leur marchandise. 3 bières au gramme ou bien 3 bières pour 10 euros. Là ils se gavent les enfoirés car tout le monde paye en or, du moins 95% de la clientèle fidèle. Un fût de gasoil acheté pas cher au Surinam peut atteindre le prix de 100 grammes pour peu que vous soyez un rien éloigné des centres de vie et que les gendarmes surveillent un peu les voies d'approvisionnement, souvent les cours d'eau, et 100 grammes au cours du gramme en forêt, revendus en ville plus ou moins 1400€. Belle opération pour 200 litres de gasoil de pas très bonne qualité et souvent mélangé d'eau,... non ?
Mais sans gasoil comment faire fonctionner les moteurs des pompes à eau et des pompes à gravier qui 7 jours sur 7 vont aspirer les sables minéralisés des lits des cours d'eau. Il y a ici deux signification au mot lit du cours d'eau : le lit proprement dit, la rivière étant alors détournée par un canal en pied de colline, ou le flat, c'est-à-dire la surface que le cours d'eau occupe lorsqu'il est en crue et où il dépose des sédiments, de pied de colline à pied de colline.
*Garimpo : de garimpar en portugais qui veut dire rechercher fouiller. C'est par dérivation l'endroit ou le garimpeiro (chercheur d'or) travaille.
*Curutel, pluriel curuteis : petits villages de commerçants clandestins installés autours des garimpos où l'on trouve de tout à des prix fous.
*Casave : Or amalgamé et dont la quantité de mercure a été réduite à environ 4 à 6%. 100 grammes de casave donnent entre 92 et 96 grammes d'or « pur », parfois moins. La casave est en fait une galette de manioc et l'on a appelé cet or cuit casave en raison de la ressemblance de sa texture avec celle de la casave comestible.
Qui sait en métropole qu'il y a des milliers de clandestins qui pillent un seul DOM français ? Qu'il existe dans ce Dom une mafia organisée pour leur fournir tout ce dont ils ont besoin et le leur reprendre par les prix insensés qu'ils pratiquent ? Que pouvons ou devons-nous faire pour interdire de telles pratiques (Non pas pour le pillage des ressources mais pour la servitude dans laquelle ils sont exploités au 21eme siècle) ?
Jeudi, un second article vous expliquera les résultats de l'opération Harpie aujourd'hui suspendue...
Axel
07:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4)
lundi, 02 février 2009
Kruder & Dorfmeister / The K&D Sessions
Chronique du Culte
Pour tous ceux qui ne connaissent pas (encore par cœur) The K& D Sessions, dites-vous bien que vous êtes de véritables veinards ! Sorti en 1998, ce double « album » de remixes est désormais un incontournable. À l’origine du projet, deux viennois : Peter Kruder et Richard Dorfmeister, principalement connus pour leur remixes de hauts vols.
Tous deux commencent leurs carrières respectives en 1990 en tant que dj avant de former leur duo en 1993. Toutefois, depuis plusieurs années et aux grands désespoirs des fans, les deux compères ne sévissent plus ensemble, mais continuent de faire vivre leur label G-Stone. Leurs meilleurs remixes sont ici regroupés. Pop, drum & bass et hip-hop sont retravaillés sans concession. Heroes de Roni Size (maître de la drum & bass) est pris à contre pied… Je vous laisse juger par vous-même grâce à la vidéo ci-dessous. Même Depeche Mode, d’ordinaire insupportable, est repris avec brio, c’est dire ! Malgré des morceaux aux origines bien diverses, l’ensemble est tout à fait cohérent et oscille entre un style downtempo, un dub que l’on pourrait qualifier de vaporeux et une drum & bass jazzy et envoûtante. Going Under (main version et evil love and insanity dub version), Bug the Power, Rollin on Chrome, Where Shall I Turn ? sont dantesques.
Veuillez attacher vos ceintures, car dès le premier morceau le vol pour Vienne décolle sans jamais atterrir. L’idéale est d’écouter Sessions bien installée sur son canapé, une tasse de chocolat chaud et un bon feu de bois à ses pieds. Ceux qui écouteront comprendront.
Vous êtes à bout ? Vous ne contrôlez plus vos nerfs ? Kruder & Dorfmeister ont la solution. Préférez The K& D Sessions aux antidépresseurs. À consommer sans modération et à ne déconseiller à personne.
07:06 Publié dans Musique | Tags : kruder & dorfmeister, the k&d sessions | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 31 janvier 2009
Les sciences sociales selon Foucault
Michel Foucault (1926-1984), à travers des ouvrages tels que Les mots et les choses ; L’archéologie du savoir ; Michel Foucault un parcours philosophique, disait que la science de l’homme était récente et fragile et pouvait disparaître rapidement. Il voulait faire une archéologie des sciences humaines. Celles-ci étant les ancêtres des sciences sociales. Il proposa un découpage de l’ère intellectuelle en trois périodes :
La renaissance (jusqu’au XVIème siècle)
Avant la renaissance, la conscience culturelle n’est pas compatible avec le libre exercice d’un savoir qui ferait de l’homme son objet et son sujet. Il y a la domination du schéma de l’astrologie biologie : dans cette représentation du monde, les relations entre les hommes sont considérées comme inférieures en dignité car ce qui explique nos conduites c’est l’influence transcendante des astres-dieux. On estimait que les astres déterminaient et régissaient la totalité des phénomènes sur Terre. L’astrologie et la culture chrétienne médiévale étaient très influentes : seul un dieu créateur régissait les comportements des hommes. Jusqu’à la renaissance c’est ce type de savoir qui domine.
Si on considère ce genre de théories ce n’est pas la peine de faire de la science, il suffit juste d’étudier les textes sacrés et chercher les réponses dedans. Une vie bonne c’était l’obéissance à une divinité. L’idée d’étudier l’homme comme objet était inexistant.
A partir du XIVème siècle, il y a une évolution des représentations, grâce aux intellectuels et aux savants. Les travaux de Galilée introduisent un schéma de connaissance rigoureux. C’est l’amorce d’un changement d’esprit. Erasme et Montaigne ont développé l’idée de la personnalité : elle peut se travailler (voire Les essais). On retrouve un rapport de l’homme à lui-même, ce qui était déjà présent chez les Stoïciens. La personnalité est digne d’un travail de soi sur soi. L’homme s’autonomise et devient pertinent comme objet de travail.
L’âge classique (du XVIème au XVIIIème siècle)
L’être humain ne se considère pas encore comme créateur. Le monde à une existence autonome et ne dépend pas de l’homme. Mais, il y a une nouvelle conception intellectuelle de lui. Il doit clarifier les choses, expliquer l’ordre du monde avec des concepts clairs et certains. L’objectif des élites est de décrire le monde : classer et distinguer les espèces vivantes. René Descartes était l’emblème de cette recherche de la certitude, notamment avec le cogito (« je pense donc je suis »). Ceux qui pensent doivent décrire et organiser un tableau du monde. Mais le sens du monde est considéré comme en-soi, il échappe encore à l’humain. On recherche l’ordre intellectuel, la certitude, mais l’homme n’est pas encore un objet d’étude.
La venue de l’homme (fin du XVIIIème et début du XIXème siècle)
Grâce à Emmanuel Kant, qui introduit des questions nouvelles, on s’interroge sur les limites de la connaissance. Qu’est-ce que notre esprit peut connaître ? Pour Foucault c’est un bouleversement car l’homme gagne en dignité et en légitimité. L’homme se pense comme le sujet de toute connaissance possible. Nous n’allons pas vers le monde pour le saisir, mais notre esprit le construit grâce à des capacités innées. L’homme devient objet de connaissance. Selon Foucault, « l’homme devient la mesure de toute chose ». De plus en plus de gens abandonnent l’idée que l’homme n’est pas un être parmi les êtres mais un sujet parmi les objets et que le monde n’a pas été crée par Dieu. C’est là que commence réellement la modernité. Ce mouvement intellectuel, issu de l’humanisme, atteint sa maturité au XIXème siècle grâce à l’avènement de la philologie (étude historique des textes, des œuvres de l’esprit). On va étudier ces œuvres de plusieurs points de vue en essayant de dégager la personnalité de leurs auteurs ainsi que les caractéristiques du monde où ils vivaient. La philologie porte un projet rationaliste émancipateur face au pouvoir religieux et coutumier. Certains, comme Taylor ou Touraine, ont affirmé que la modernité c’est la Raison, l’individu et la démocratie. C’est l’idée qu’avec des individus doués de raison, il est possible de construire un espace public dans lequel va émerger du débat, une confrontation d’arguments et de contre arguments, des concepts rationnels, bref une démocratie. Mais il faut s’émanciper de l’autorité et de la communauté. Il faut de l’individualité s’échappant du poids des coutumes.
Cette volonté de rendre l’homme à lui-même par la connaissance, c’est toujours le projet des sciences sociales. Il s’agit toujours de rendre compte des pratiques et des relations sociales sans chercher des explications autres que terrestre (transcendance, religion). Emile Durkheim avait une démarche positive consistant à expliquer le social par le social. Expliquer les faits sociaux comme s’ils étaient des choses. Touraine disait que « faire de la sociologie, c’est renoncer aux garants méta sociaux ».
Cette culture humaniste va se développer lors de grands bouleversements : développement industriel, multiplication des échanges commerciaux, conflits politiques. C’est à partir de là qu’émergent les sciences sociales. En 1890, Renan disait qu’au moment même où les sciences philologiques ont atteint leur maturité elles se détruisent au profit des sciences sociales et politiques. La philologie était incapable de traiter certaines questions posées par les bouleversements de la société, telles que : qu’est-ce qui fonde le lien social ? Qui doit détenir le pouvoir ? Comment doit être organisé la société ? Comment concilier des valeurs sacrées avec la réalité socio-économique ? Quel va être l’évolution future des sociétés occidentales ?
Par un mouvement logique, le domaine des sciences humaines s’est élargi. On ne peut plus réfléchir au sujet humain sans comprendre comment ce sujet évolue au gré des bouleversements économiques, sociaux, politiques et culturels. Le passage de relais entre science humaine et science sociale avait été anticipé par certains : Goethe estimait que « la vocation du commerce et des affaires est comparable à la vocation des arts et des lettres ».
A suivre…
Sylvain Métafiot
00:45 Publié dans Littérature | Tags : les sciences sociales, michel foucault, renaissance, les mots et les choses, l'archéologie du savoir, parcours philosophique, sociologie, montaigne, erasme, galilée, âge classique, rené descartes, venue de l'homme, cours, emmanuel kant, taylor, touraine, emile durkheim, renan, sylvain métafiot, religion, transcendance, modernité, raison, culture, goethe, social, bouleversements économiques | Lien permanent | Commentaires (3)
jeudi, 29 janvier 2009
Communiqué UNEF Grêve du 29 janvier !

Afin de pouvoir contribuer à sa façon aux manifestations, l'équipe de mapausecafé, souhaite transmettre le communiqué de l'UNEF.
L’UNEF lance une campagne dans les universités et appelle les étudiants à participer aux manifestations du 29 janvier
Le gouvernement met notre avenir « en soldes »
Le malaise des jeunes n’est pas une fatalité, ni sans explications. Il se nourrit aujourd’hui des inquiétudes suscitées par la politique du gouvernement, notamment en direction des étudiants. Les inquiétudes liées aux difficultés à obtenir un diplôme sont au cœur du malaise de la jeunesse. Malgré la crise, le gouvernement n’a pas fait l’aggiornamento nécessaire de sa politique universitaire. L’inquiétude des étudiants face à l’avenir en temps de crise vient s’ajouter aux mécontentements budgétaires et déceptions accumulés dans les universités ces derniers mois.
En creusant les inégalités entre universités, en supprimant des postes dans 75% d’entre-elles à la rentrée prochaine et en refusant d’améliorer les conditions de vie étudiantes ou de sécuriser l’accès à l’emploi des jeunes diplômés, le gouvernement fragilise l’avenir des jeunes qui vont devoir affronter sans protection la crise et la remontée du chômage.
00:05 Publié dans Actualité | Tags : unef, grêve, étudiants, grêve générale | Lien permanent | Commentaires (5)
mercredi, 28 janvier 2009
L’Assassin Royal
L’assassin royal est une œuvre littéraire fantastique de 1995, dont l’intrigue se situe au moyen age. Le style médiéval-fantastique… Vous me direz que Tolkien a déjà bien exploité la chose ! Pourtant, tous ceux qui ont apprécié le chef d’œuvre de ce dernier (ils sont nombreux et ce n’est rien de le dire), devrait se pencher sur le cycle de l’assassin royal tant celui-ci est riche et prenant.
L’auteur Robin Hobb, de son vrai nom Margaret Astrid Lindholm Ogde, est originaire de Californie. À ce jour, l’assassin royal, sorti en France en 13 tomes aux éditions J’ai Lu est son plus gros succès et il est amplement mérité.
Le monde qu’elle a créé est des plus additifs. Commencer à le lire et vous ne lâcherez plus le livre ! C’est bien simple : à la fin de chaque tome, vous serez obligé d’acheter la suite.
Je vous laisse lire la préface du premier tome, intitulé L’apprenti assassin.
Au Royaume des Six-Duchés, le prince Chevalerie de la famille régnante des Loinvoyant, renonce à devenir roi-servant le jour ou il apprend l’existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l’autorité de Burrich, le maître d’écurie. Mais le roi Subtil impose que Fitz reçoive, malgré sa condition une éducation princière. L’enfant découvrira bientôt que le véritable dessein du monarque est tout autre : faire de lui un assassin au service du pouvoir royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu’à un fil : celui de sa lame.
Au fil de la lecture, l’histoire de Fitz, devient véritablement la vôtre. Chaque nouveau tome révèle de nombreuses surprises, des situations imprévisibles et haletantes. L’œuvre traduit des personnages complexes qui évoluent au fil du temps, tout comme les relations qu’ils entretiennent. Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres : tantôt vous allez adorer certains, tantôt vous aller en haïr d’autres. La lecture est fluide et facile et ne devrait rebuter personne.
Je le dis et redis, L’assassin royal est un chef d’œuvre à classer aux cotés des plus grands ouvrages fantastiques. Il est d’ailleurs pour moi supérieur au Seigneur des Anneaux.
Foncez et vous ne pourrez plus vous arrêter.
L’assassin royal
- L’apprenti assassin
- L’assassin royal
- La nef du crépuscule
- Le poison de la vengeance
- La voie magique
- La reine solitaire
- Le prophète blanc
- La secte maudite
- Les secrets de Castlecerf
- Serments et deuils
- Le dragon des glaces
- L’homme noir
- Adieux et retrouvailles
Il est aussi bon de savoir que Robin a écrit Les aventuriers de la mer, suite indirecte de l’assassin royal, dont je vous ferai un rapport après lecture !
Laurent
07:30 Publié dans Littérature | Tags : livre assassin royal, saga assassin royal, robin hobb, margaret astrid lindholm ogde | Lien permanent | Commentaires (7)
lundi, 26 janvier 2009
La Poste, un des derniers créateurs de lien social

En pleine crise bancaire, vouloir privatiser La Poste semble absurde et illégitime. Panique, le gouvernement envoie des messages contradictoires à l’opinion publique : dimanche 2 novembre, Henri Gaino, le conseiller spécial de Sarkozy, affirmait que l’ouverture du capital n’était plus à l’ordre du jour, avant de revenir sur ses déclarations quelques heures plus tard…
Au-delà du fait que cela supprimera le lien social dans des zones isolées et enclavées (le facteur est la seule relation extérieure pour bon nombre de petites gens), le projet de privatisation menacerait le timbre à prix unique et la distribution universelle, des conquêtes républicaines. L’égalité accès des citoyens au service postal constitue l’une des réformes marquantes de la révolution de 1848. Arago, ministre du gouvernement provisoire de la IIème république, instaure la péréquation postale et crée le premier timbre (à l’effigie de Cérès, déesse de la Moisson en hommage aux campagnes). La mise en concurrence de La Poste mettra fin à ce système juste qui oblige les Neuilléens à payer les colis et courriers des personnes modestes. Le projet du gouvernement prévoit que l’entreprise publique devienne une société anonyme dès le 1er janvier 2010, avant d’ouvrir son capital, le 1er janvier 2011, pour récolter des fonds et devenir cette multinationale carnassière qui saura défendre ses quartiers et conquérir des marchés dans le cadre de la mise en concurrence totale du courrier au sein de l’Union Européenne en 2011. Afin de légitimer cette privatisation, Sarkozy a nommé, mi-septembre, une « commission pour le développement de La Poste », présidée par François Ailleret, un ancien dirigeant d’EDF, spécialiste de la privatisation des entreprises publiques. La commission Ailleret réalise en ce moment un audit et remet son rapport le 15 décembre.
Samedi 22 novembre, une journée nationale d’action des postiers et des usagers se déroula, à l’appel du Comité national de mobilisation contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et pour un référendum sur le service postal. Le comité regroupa les principales organisations syndicales, politiques et associatives de gauche : la CGT, Sud, la CFDT, FO, CFCT, les Verts, le PS, le PC, la LCR, NPA, le Conseil national de la résistance, la LDH, etc… ainsi que le député non inscrit de droite souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Ce qui donne une idée de l’ampleur du mouvement, qui n’est pas prêt de faiblir.
Plusieurs liens utiles :
www.appelpourlaposte.fr
Pétition de la CGT (200 000 signatures déjà) : www.cgt.fr
Vivent les services publics : www.v-s-p.org
Sylvain Métafiot
Source : Charlie Hebdo (05/11/2008)
07:00 Publié dans Actualité | Tags : la poste, privatisation de la poste, politique la poste, libéralisme économique, lien social, sylvain métafiot, sarkozy, droite, économie, syndicats, lutte, manifestations, grève | Lien permanent | Commentaires (1)
dimanche, 25 janvier 2009
L’esprit de Central City

Dans la ville de Central City, celui que l'on appelle le Spirit (Gabriel Macht) fait sa loi : ancien flic mort lors d'une enquête, il est sorti de la tombe pour régler ses comptes et chasser la vermine qui grouille dans les rues ! Mais bientôt le justicier masqué se voit confronté à différentes femmes fatales, créatures de rêves qui l'aideront ou s'opposeront à lui dans sa lutte contre le terrible Octopus (Samuel L. Jackson)...
Après avoir coréalisé le sublime Sin City en 2005 avec Robert Rodriguez, avoir vu son Batman adapté sur grand écran avec l’éblouissant Dark Night, et après avoir été consultant de Zack Snyder lors du tournage de 300, Franck Miller, pour sa première réalisation, nous livre une libre adaptation du classique de la bande dessinée née sous la plume de Will Eisner (un de ses maîtres et ami) : The Spirit. Un film fou mais qui semble manquer de rigueur cinématographique. La bande originale est portée par une composition musicale exceptionnelle et variée de David Newman.
Dans la suite de l'article, la bande annonce et la critique du film.
02:11 Publié dans Cinéma | Tags : the spirit, critique, frank miller, will eisner, l'esprit de central city, sylvain métafiot, sin city, comic, film, cinéma, cravate rouge, humour, ultra sensuel, souffle, samuel l jackson, délirant | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 17 janvier 2009
Le top musical 2008 vu par Mapausecafé !
Chronique du culte, suite...
Après s’être copieusement empiffrer de nourriture grasse mais savoureuse, il est temps de faire une pause et de laisser reposer nos pauvres estomacs, pour emplir de bonheur nos oreilles !
Bien sur, vous avez été envahi pendant près d’un mois de spot publicitaire vous incitant à acheter, racheter et offrir encore et encore des best of en tout genre ou des albums que l’on connaît par cœur sans même les avoir acheter. Matraquage médiatique quand tu nous tiens !
Vous allez me dire pourquoi faire un top de 2008, alors qu’il suffit de regarder les meilleures ventes de l’année ? Et bien il est parfois, et même souvent bon, de découvrir des artistes qui ne tentent pas à tout prix d’entrer dans la spirale infernale des titres formatés pour la radio qu’imposent depuis longtemps les majors.
Le top ci-dessous n’en est pas vraiment un. Il est bien évidemment subjectif et non-exhaustif. Il ne comporte aucun ordre, aucune catégorie. Albums, compilations et mixes sont ici présents. De même que se côtoie musique jazz, afro beat, électro, expérimentale… Bref, un joli melting-pot. De toute manière, la musique ne peut s’apprécier que dans la différence de ses styles.
14:35 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2)
jeudi, 15 janvier 2009
La démocratie des juges ?
Un peu d’histoire politique. Avez-vous entendu parler du grand nettoyage de la magistrature italienne, lors de l’opération Mani pulite (mains propres) ? Cela fit émerger un vaste réseau de corruption impliquant le milieu politique, des affaires et de la mafia.
La dénonciation de la corruption politique par la magistrature italienne a débuté en février 1992, par l’arrestation de Mario Chiesa (photo 2), le directeur d’une maison de retraite milanaise accusé de recevoir des pots-de-vin pour le compte du parti socialiste italien (PSI). La collaboration de Mario Chiesa avec les magistrats milanais, notamment le juge Antonio Di Pietro, a permis de dévoiler l’ampleur des mécanismes illégaux de financement des partis politiques. Les enquêtes de Mani Pulite se sont étendues à l’ensemble des partis politiques, notamment les partis de gouvernement (DC et PSI), mais aussi, dans une moindre mesure, à l’ex Parti Communiste Italien. Elles ont impliqué un grand nombre d’administrateurs locaux et de responsables de grandes entreprises (dont Silvio Berlusconi). Celles-ci ont commencée à conclure des « accords transversaux » avec des politiciens, dans les années 1980, afin d’influer sur les lois les concernant. Comme le regrette un juge, ce vieux système bafoue allégrement le « principe fondamental de la transparence administrative ».
Le fait le plus courant était de recevoir de l’argent pour favoriser une entreprise plutôt qu’une autre. Sur le plan politique, il s’agissait de financements privés non publics. Certains des plus importants dirigeants des partis historiques italiens ont été mis en cause par la magistrature : parmi les plus connus, le démocrate chrétien Giulio Andreotti, accusé de collusion avec une association mafieuse, ou le leader socialiste Bettino Craxi, accusé de corruption et d’enrichissement personnel. Face à ces lourdes accusations, les politiciens et les entrepreneurs adoptèrent une ligne de défense différente.
Quand les premiers justifiaient ces pratiques par un pragmatisme politique et par le fait qu’elles étaient adoptées et acceptées par l’ensemble des acteurs du système (« Tout le monde savait, mais personne ne parlait » dixit Craxi) ; les seconds se posaient en victime de pots-de-vin imposé par les hommes politiques. Cependant, cette contrainte fut fictive car « les entrepreneurs trouvaient beaucoup d’intérêts a ce dispositif » : en « arrosant » les partis politiques ils obtenaient les appuis de ses membres. Ce combat contre la corruption avait déjà débuté dès les années 1970 lorsque les juges luttaient contre la mafia et le terrorisme. Certains sont morts, tel que Giovanni Falcone (photo 1), en léguant aux jeunes magistrats un ensemble de valeurs afin de combattre les « maux généraux » de l’Italie. Ce nouveau scandale révéla l’écart béant entre les normes légales et les pratiques.
21:11 Publié dans Littérature | Tags : juges, italie, juge italien, démocratie en italie, justice italienne, mafia, mani pulite, sciences politiques, sylvain métafiot, realpolitik, corruption, donatella della porta, yves mény, cosa nostra, sicile, calabre, sacra corona unita, camorra, campanie | Lien permanent | Commentaires (1)
mercredi, 14 janvier 2009
Salvador Dali Partie II
veuillez cliquer sur l'image pour la voir en plus grande.
Dans cette partie je vais éviter de vous décrire chaque oeuvre de Dali, je vais m'interesser seulement à une oeuvre que j'ai trouvé symboliquement forte, et résumant sans doute le rêve de tout un chacun.
Cette oeuvre que vous voyez ci dessus a été reproduite environ 8 fois, souvent avec des couleurs différentes.
Ce que vous voyez : un cintre en or, une fameuse montre molle, bleu posée dessus.
La symbolique de cette sculpture ne pourrait être comprise par le titre, en effet bien souvent Dali se contentait de décrire ce que l'on voit dans son art. Ici le titre : Montre molle posée sur un cintre. A noter que cette montre est réalisé en plastique, qu'il a moulé à sa manière.
10:40 Publié dans Insolite | Tags : dali, salvador dali, sa vie, son oeuvre, montre molle, persistance de la mémoire, exil | Lien permanent | Commentaires (0)









