jeudi, 05 mars 2026
Merhan Tamadon : Les zones obscures de la fiction

Un film peut-il changer un bourreau ? Le cinéaste Merhan Tamadon tente d’apporter une réponse à travers deux documentaires, Mon pire ennemi et Là où Dieu n’est pas, en reconstituant, jusqu’au malaise, les techniques d’interrogatoires et les conditions de détentions des prisons iraniennes.
Le projet de Tamadon, expulsé d’Iran en 2004, est simple et retors en même temps : filmer son propre interrogatoire en France puis revenir en Iran avec le film en poche. L’interrogateur est joué par un ancien/une ancienne victime du régime des mollahs. Lorsqu’il se fera arrêter – et très probablement emprisonner – ses gardiens visionneront le film et prendront conscience des abominations qu’ils infligent.
Formellement, le dispositif est réduit au minimum : les deux films sont tournés dans des lieux vides (un hangar, un appartement en banlieue) dans lesquels on recrée sommairement des cellules et des salles d’interrogatoire. Tamadon est seul avec son caméraman et son faux bourreau. À ce titre, la mise en scène est démonstrative et ne se départit jamais du cadre des reconstitutions, accordant une place centrale aux témoignages oraux des victimes.
Le fond de l’affaire pose d’autres problèmes. Demander à d’anciens détenus de rejouer et donc de revivre les horreurs subies n’est pas sans conséquence sur leur état mental (problème moral) et questionne même la pertinence et l’efficacité d’un tel processus filmique (problème politique).
11:48 Publié dans Cinéma | Tags : sylvain métafiot, zone critique, merhan tamadon, les zones obscures de la fiction, mon pire ennemi, là où dieu n’est pas, torture, bourreau, iran, prison, evin, téhéran | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 16 novembre 2011
À votre sévice

Vous ne serez sans doute pas étonné de savoir que dans le monde sécuritaire de l’après 11 septembre 2001, l’usage de la torture, notamment au nom de la « guerre contre le terrorisme » mais pas que, s’est propagé un peu partout sur la planète – peut-être pas plus qu’avant mais certainement pas moins – et très régulièrement relayé par les médias.
La « guerre contre le terrorisme » est effectivement un des arguments justifiant le recours à la torture mais ce serait mentir d’omettre le fait que dans toutes les régions du monde, sur les cinq continents, la torture ne cesse de se banaliser au mépris du droit international et dans une indifférence quasi générale. Et ce, non pas pour lutter contre le terrorisme mais bel et bien pour punir, faire taire et instaurer la terreur. Que ce soit dans des postes de police, des prisons, des centres de détention, etc. des agents de la force publique, des militaires, des miliciens, jouent sans vergogne avec la vie d’hommes, de femmes et d’enfants en leur pouvoir.
10:58 Publié dans Actualité | Tags : À votre sévice, torture, crime, viol, amnesty international, malik medjnoun, johan teterissa, rasoul koudaev, jean améry, guerre contre le terrorisme, barbarie, sylvain métafiot | Lien permanent | Commentaires (0)









