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samedi, 06 décembre 2025
Borgo : la matonne déconne

S’inspirant librement de l’affaire du double assassinat de l’aéroport de Bastia-Poretta, le réalisateur Stéphane Demoustier cherche à capter la fascination d’une gardienne de prison pour les mafieux insulaires, rejouant sans surprise avec les codes du genre.
Lassée de faire des rondes dans la grisaille et la violence de Fleury-Mérogis en tant que surveillante pénitentiaire, Mélissa (Hafsia Herzi) décide de changer d’air en intégrant la prison corse de Borgo, au sud de Bastia. Mais le soleil tape dur sur l’île de beauté. L’acclimatation avec les prisonniers n’est pas sans heurts, entre moqueries et sexisme. Et le premier contact avec les habitants locaux se déroule sous haute tension dans le quartier où elle emménage avec son mari Djibril et leurs deux enfants. Femme parmi les hommes, métisse parmi les Corses, la nouvelle matonne tente de faire sa place dans un environnement hostile. Après tout « c’est pas la France ici », comme le dit un détenu qu’elle connaît bien, Saveriu, et qui, malgré son jeune âge, semble jouir d’une autorité sur ses condisciples de cellules.
Appuyée par des regards et des gestes troubles, une relation ambiguë naît entre Mélissa et ce petit voyou un peu hâbleur qui lui assure une protection autant à l’intérieur qu’en-dehors des murs de la prison. Se voilant la face un temps, elle met un certain temps à comprendre que ses moindres gestes sont surveillés et que son ange gardien a des manières de petit diable.
15:31 Publié dans Cinéma | Tags : borgo, la matonne déconne, stéphane demoustier, hafsia herzi, sylvain métafiot, zone critique | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 04 décembre 2025
Walk Up : les frontières invisibles

Prolongeant la sobriété formelle de ses précédents films, Hong Sang-soo déploie, avec Walk Up, une intrigue faussement linéaire, reflétant les fantasmes épars de son personnage principal, double assumé – mais jamais figé – du réalisateur coréen.
Cinéaste pour le moins prolifique, Hong Sang-soo possède un rapport ambivalent au temps : il le condense dans son rapport à la production cinématographique (deux films par an depuis au moins 2008, souvent tournés en quelques jours) ; et joue régulièrement avec ses lois physiques dans la construction d’intrigues toujours plus minimalistes. Un goût de l’épure délimité par des lieux analogues (cafés, appartements, restaurants, parcs…) permettant le plus souvent de laisser cours aux plus intimes confessions sentimentales arrosées de Soju.
Yourself and Yours (2017) explorait ainsi le thème du double en mettant en scène la séparation d’un couple à cause d’un curieux malentendu. Tandis que Un jour avec, un jour sans (2016) s’articulait autour d’une rencontre amoureuse déclinée en deux versions, le récit étant rejoué au plan près mais avec une légère variation d’axe, de dialogue ou de texture qui opérait un décadrage dans la destinée des deux jeunes gens. Or, malgré les ressemblances, chaque film possède une singularité propre qui le distingue des autres et Walk Up ne fait pas exception.
19:23 Publié dans Cinéma | Tags : hong sang–soo, walk up, les frontières invisibles, corée du sud, hae-hyo kwon, hye-young lee, seon-mi song, sylvain métafiot, zone critique | Lien permanent | Commentaires (0)









