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vendredi, 15 août 2008
P'tit bilan politique de Sarko & Co
- POLICE La Commission nationale de la déontologie et de la sécurité (CNDS) dénonce les dérives de la police nationale : menottages abusifs, fouilles au corps injustifiées, banalisation et extension de la garde à vue. L’autorité administrative indépendante accuse également les représentants des forces de l’ordre de se livrer de plus en plus souvent à des manœuvres judiciaires visant à discréditer les plaintes dont ils font l’objet.

- PRISON La surpopulation carcérale connaît un nouveau pic historique : 64 250 détenus pour environ 51 500 places disponibles. Soit un taux d’occupation moyen de plus de 126 % avec 7 % des établissements dépassant les 200 %. Ainsi, régulièrement 3 à 4 détenus se partagent une cellule de 9 mètres carrés. Et 1700 matelas à même le sol, selon le principal syndicat des surveillants.
- JUSTICE Depuis le 10 août 2007, la loi instaure des peines planchers pour les délinquants récidivistes, et la suspension de l’excuse de minorité pour les mineurs de plus de 16 ans. La loi du 26 février dernier prévoit, de son coté, la création de « centres de rétention de sûreté », dans lesquels les criminels « dangereux », condamnés à des peines de plus de quinze ans, pourront être de nouveau enfermés à leur sortie de prison. Rétention autorisée ad vitam aeternam, si nécessaire.
- IMMIGRATION Contrôles au faciès, convocation pièges en préfecture, interpellations à la sortie des écoles… En 2007, plus de 35 000 étrangers, dont 242 enfants, ont transité dans les 27 sites de rétention administratifs (CRA). Soit 4000 de plus qu’en 2006. Les quotas d’expulsions sont à la hausse : 25 000 en 2007, 26 000 en 2008. Avec des drames à la clé : une Chinoise s’est mortellement défenestrée à Paris en septembre, un jeune Kényan s’est pendu en février et un Malien s’est noyé en avril. Dans les CRA, les tentatives de suicide, d’automutilations, grèves de la faim, incendies et révoltes sont devenus quasi quotidiens.
- CONTROLE Depuis le 1er juillet 2008, toute personne « qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif » pourra être fiché par les RG, y compris les mineurs « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public », à partir de l’âge de 13 ans. Caractéristiques recensées : état civil, photographie, fréquentations, comportements, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenance à des syndicats ou
associations…
- SYNDICATS La loi du 21 août 2007 instaure le service minimum en cas de grève. La loi votée le 23 juillet, dite de « modernisation du marché du travail », impose un temps de travail négocié par entreprise plutôt que par branche.
- MEDIAS Ingérence dans le recrutement des rédacteurs en chef (Les Echos) et des journalistes (Europe 1)… ainsi que dans leur éviction (Alain Genestar de Paris Match). Conflit ouvert avec l’AFP, accusée d’être à la solde de l’opposition. Suppression de la publicité de France Télévisions : joli cadeau à l’ami Bouygues. Fin de la protection des sources avec la nouvelle loi, adoptée par l’Assemblée le 15 mai dernier, qui donne les moyens aux juges d’obliger les journalistes à révéler leurs sources « lorsqu’un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie ». Autant dire, le plus souvent possible.
Après ces réjouissances, viendra un bilan économique du gouvernement qui est, vous vous en doutez, loin d’être glorieux…
Sylvain Métafiot
Source : Charlie Hebdo (13/08/2008)
15:17 Publié dans Actualité | Tags : sarlozy, gouvernement, médias, journalistes, justice, prisons, bilan désatreux | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 13 août 2008
Super, Facebook m'a présenté ma mère !
Voici un article d’Alain Monnier déniché sur Marianne2.fr
"Fer de lance des nouveaux « réseaux sociaux » d' Internet, Facebook offre une nouvelle manière de vivre ensemble. Assez peu réjouissante.
Peut-être n'avez-vous point encore entendu parler de la dernière trouvaille du marketing informatique qui hante les Marchés ? Je veux parler des réseaux sociaux, et de son fer de lance le plus médiatisé Facebook. Ne vous réjouissez pas, ça ne saurait tarder. La preuve ici même, mais pour la bonne cause, celle du sens commun à toujours conforter.
A l'origine du réseau social
Les réseaux sociaux, ça sonne si bien qu'on n'ose même pas demander ce qui se cache là-dessous. Point de fausse honte, il ne faut jamais rougir devant les suffisants qui vous snobent à coup de concepts aussi creux qu'arrogants ! Les réseaux sociaux sont cet ensemble de relations qui sont tissées autour de chacun de vous, ces échanges courants entre vos amis, vos parents, vos voisins, vos collègues… ces échanges gratuits, généreux, parfois névrotiques ou amoureux, les petits services, les coups de mains, les coups à boire… Bref tout ce qui fait qu'on se sent de manière évidente, sans avoir à se le dire chaque matin, homme parmi les hommes ou parité oblige, femme parmi les femmes. Ce n'est rien de vraiment intellectuel, c'est le quartier, trois phrases dans un bus, une confidence plus intime, l'heure à laquelle je rentre, les amis qui viennent manger demain, les courses de la voisine malade, des nouvelles de votre meilleur pote… Bref toutes ces choses qui échappent au nouvel ordre marchand et procédurier du monde. Toutes ces choses que le libéralisme combat de manière insidieuse, puisqu'il a été décrété une fois pour toute que l'individu prime sur tout le reste et que l'égoïsme féroce est seul apte à rendre compte du monde. C'est ainsi qu'au nom de la sacro-sainte liberté individuelle et de la régulation des sociétés par l'ordre marchand auront été dynamités la famille (qui tente vainement de se recomposer), les quartiers populaires des centres villes, les bistrots systématiquement remplacés par des opticiens et des banques… la liste est longue. Tu veux être mon facebook friend ? 
Mais il ne faut pas désespérer, car les penseurs du Net ont repéré, - sont-ils futés les bougres ! -, l'importance de ces petits riens, de ces liens qui tissent la société, et ils se font forts de les recréer grâce au prodige des nouvelles technologies de l'information. Et vous voilà donc, à vous connecter chaque jour, que dis-je à chaque heure, sur une plate-forme telle Facebook, où vous retrouvez tous les gens que vous connaissez, où vous découvrez tout ce qu'ils font, leurs nouveaux amis qui peuvent aussitôt être vos amis (c'est pas beau la vie ?), leur emploi du temps, leurs états d'âme du moment… Et tout ça, miracle des miracles, sans les avoir en face. Mais comment ça marche ? Là on atteint la force du concept : vous donnez à Facebook tous les noms et adresses de vos relations. Facebook les enregistre et recherche ceux qui, parmi eux, sont déjà inscrits dans Facebook, et…il vous les présente. Si par exemple vous lui donnez le nom et les coordonnées de votre mère et que celle-ci par chance soit inscrite sur Facebook, il vous présente votre propre mère et vous propose d'établir un lien avec elle, ce qui est n'en doutons pas une force de la modernité ambiante.
Une communauté de 40 millions d'amis !
Evidemment Facebook conserve toutes les adresses et s'enrichit au fur et à mesure des nouveaux arrivants pour former aujourd'hui une communauté de 40 millions de personnes. C'est impressionnant, et en plus c'est gratuit… dès lors que vous vous infusez toute la publicité que l'on déverse sur vous, tels des tombereaux de purin, à longueur de connexion. Eh quoi, le gratuit doit se financer, le gratuit ne peut pas être gratuit ! De temps en temps, la communauté s'en émeut. Elle en devient touchante. Voilà des gens qui confient sans la moindre retenue leurs goûts, leurs projets, le nom de leurs relations à des entreprises de marketing…et qui s'offusquent que l'on puisse s'en servir ! Passons.
Avoir son réseau social sur Internet évite de se coltiner ses relations tout en étant systématiquement avec elles. Que c'est bon de vivre ensemble ! De toute façon les trois quarts ont mauvaise haleine, les deux tiers sont des radins, les trois huitièmes mettent leur doigt dans le nez, il y aurait bien cette jolie petite Mina (ou ce beau Jules, parité oblige) qu'on regrette de ne pas voir pour de vrai et pour de près, mais bon, la technologie va bien trouver une solution pour qu'on se touche ou qu'on se caresse à distance sans vraiment être là ! Attention c'est un tuyau que je vous passe : la caresse à distance pèsera lourd, très lourd, à la Bourse de New York, n'hésitez pas à investir ! "
Sylvain Métafiot
Un p'tit lien pour se marrer en anglais : http://www.youtube.com/watch?v=t_ax0e7RXj8&feature=re...
02:05 Publié dans Economie | Tags : web 2.0, réseaux sociaux, facebook, my space, internet | Lien permanent | Commentaires (2)









