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lundi, 23 février 2015

L’Artiste du Beau : la quête spirituelle de Hawthorne

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Dans Enquêtes, Jorge Luis Borges disait de Nathaniel Hawthorne qu'il « était homme de perpétuelle et curieuse imagination mais réfractaire à la pensée » : pensant exclusivement par images et intuitions il fit de l'allégorie la pierre angulaire de sa littérature. Son imagination était romantique, son style appartenait à la fin du XVIIIème siècle, son esprit voyageait en permanence dans les contrées lunaires des mondes fantastiques parfois dissimulés au coin de la rue ou dans l'arrière-boutique d'un commerçant.

 

Hawthorne était pétri de l'antique conflit entre l'éthique et l'esthétique : « Comme Stevenson, fils lui aussi de puritains, Hawthorne ne cessa jamais de penser que le métier d'écrivain était frivole ou, qui pis est, coupable. » Rongé par d'intimes scrupules il imagine, dans le prologue de La Lettre écarlate, les fantômes de ses ancêtres raillant son travail de fabuliste : inepte et ridicule ! En voilà une manière de louanger Dieu et d'être socialement utile ! Pourtant, il persévéra et essaya de résoudre cette contradiction intérieure en ajoutant des moralités (sans doute superflues) à ses fables : « il fit, explique Borges, ou tenta de faire de l'art une fonction de la conscience. »

 

En est-il ainsi de L’Artiste du Beau, sublime petite allégorie sur la création artistique, s’immisçant dans l’esprit tourmenté d'Owen Warland, un jeune horloger obsédé par l’idéal d’une éternelle Beauté que lui seul serait à même de faire naître. À travers l'obsession maladive de son personnage c'est sa propre quête spirituelle que trace Hawthorne, en équilibre constant au bord du gouffre de la folie.

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mardi, 09 septembre 2008

Les blogs ou l'erreur de Narcisse

Je me permets d’apporter ma modeste contribution à ce débat, ma foi for intéressant. J’avais, par ailleurs, le projet de rédiger un article sur les blogs. L’occasion est trop belle…

 

Le mensuel La Décroissance est certes un peu caricatural et extrême dans ses propos MAIS (car il y a un mais) il est loin d’avoir vraiment tort et cette agitation mérite une réflexion sérieuse. Ce sera donc une certaine mise en abyme critique à NarcisseCaravage.jpglaquelle je vais me livrer.

 

Je tiens, tout d’abord, à préciser qu’en général je n’aime pas les blogs (vous comprendrez plus bas). La raison pour laquelle j’ai accepté de participer à « l’aventure » mapausecafé est que c’est un des rares blogs à ne pas s’appesantir sur ses auteurs de façon outrancièrement nombriliste, comme c’est, malheureusement, le cas de l’immense majorité des blogs sur la Toile. En effet, excepté le fait que nous sommes tous les trois de sexe masculin et que nous ne portons pas Sarko & Co dans notre cœur (c’est le moins que l’on puisse dire) vous ne savez rien de nous et ce n’est pas près de changer ! Il faudrait être franchement dérangé pour croire que nos vies soient intéressantes au point d’en faire le récit pathétique sur le Net. Comme vous l’aurez remarqué, je ne suis ni journaliste, ni éditorialiste, ni reporter, etc. Manquant cruellement de temps et, surtout, de talent je cite davantage des articles et des auteurs que j’ai lus ou entendus (voir je les reproduits intégralement) plutôt qu’une analyse personnelle poussée (je vous rassure ça m’arrive de temps en temps). De la même manière qu’il ne suffit pas de posséder un stylo et une feuille blanche pour être un écrivain, il ne suffit pas d’avoir un ordinateur et un appareil photo intégré dans son téléphone portable pour se prétendre journaliste. Le « Tous journalistes » déclenché par le phénomène des blogs est une connerie monumentale et une supercherie de premier plan !

 

Mapausecafé n’a pas à vocation à révolutionner le monde de l’information mais à proposer des réflexions argumentées, des débats, des découvertes artistiques, dans une optique éclectique avec pour seule garantie notre bonne volonté et une honnêteté intellectuelle que nous nous efforçons de maintenir. Ainsi donc, fidèle à ma paresse, je tiens à citer le philosophe Raphaël Enthoven (ce n’est pas la dernière fois que vous le verrez celui-là) à propos de l’affaire qui nous tient en haleine (cela ne concernant pas mapausecafé pour les raisons citées plus haut) : « Il n’y a rien de surprenant à l’explosion d’une sphère (le blog) qui réconcilie narcissisme et citoyenneté. Quand le blogueur compile et enfile, comment autant de perles, les expériences qui sont les siennes, il le fait, en plus, avec le sentiment d’être utile (ce qui est rarement le cas). Son visage lui sert d’interface, sa petite histoire lui paraît un roman, les cailloux qu’il sème sur la Toile lui semblent des diamants. Telle une bouteille qu’on jette à la mer, au milieu des surfeurs, le blog est une supplique reconnue d’utilité publique, une opinion sur rue, la prière éperdue d’un être (vous et moi) qui, faute d’être qui que ce soit, mendie tous les jours l’onction des inconnus : « regardez-moi, dit-il à mots couverts, écoutez-moi, répondez-moi, participez-moi, car sans vous, je ne serais pas moi… ». La publicité de l’intime dissimule le sentiment de vide sous l’alibi de la transparence. Le blog ? L’invasion du monde par le « moi ». La tentative impérialiste de rendre important ce qui n’importe qu’à soi. Comme les décorations qu’un ancien combattant accroche au revers de sa veste dès qu’il met le nez dehors, le blog est un préservatif, une bulle malléable qui nous accompagne à l’étranger, et qui permet, dans un monde hostile, de rencontrer l’autre sans sortir de soi ni bouger de son site. Quand on monte un blog, on se déshabille, on se raconte, on se peint… mais à la différence du romancier, le blogueur ne s’expose jamais. Internet est un théâtre dont chaque figurant peut enfin, sans redouter le ridicule, se donner le rôle principal. Sur Internet le nombril est nombreux. Internet, le média de l’amour-propre, met l’infini à portée de tous les caniches que nous sommes : niveau caniveau. Le blog ? Un aveu. Le blog ? Parce que je ne vaux rien, et toi non plus. »

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Pour finir, fidèles lecteurs de mapausecafé, voici une petite liste des blogs que j’estime réellement intéressant (outre le notre cela va sans dire) :

 

Sylvain Métafiot