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lundi, 20 décembre 2010

Vivons nous l'adolescence de l'équitable ? (5/5)

Vivons nous l'adolescence de l'équitable ? (5/5)

La communication dans l'équitable est sujette à de nombreux questionnements, du type « jusqu'où peut-on aller », « peut-on communiquer ? », « si oui, comment ? ». 

Les événements dans le commerce équitable (mis à part ceux de la quinzaine) sont souvent des échecs depuis au moins 2 ans. Les fréquentations des salons et des foires sont en baisse nette, délaissés par bon nombre de citoyens auparavant curieux, aujourd'hui rassasiés... ou tout simplement blasés ?


La communication dans l'équitable est sujette à de nombreux questionnements, du type « jusqu'où peut-on aller », « peut-on communiquer ? », « si oui, comment ? ». Les événements dans le commerce équitable (mis à part ceux de la quinzaine) sont souvent des échecs depuis au moins 2 ans. Les fréquentations des salons et des foires sont en baisse nette, délaissés par bon nombre de citoyens auparavant curieux, aujourd'hui rassasiés... ou tout simplement blasés ?

Comprendre la crise d'adolescence de l'équitable

« Un manque de communication, une opposition à ses parents, l'adolescent équitable n'est vraiment pas sorti de la crise »

Certains produits équitables sont critiqués et aucune réponse pertinente et analytique ne fait l'unanimité. Rares sont même les salariés et les consommateurs qui ont eu la chance d'aller visiter des coopératives dans les pays du Sud. Pourtant le tourisme solidaire a malgré tout encore de beaux jours devant lui et pourrait même entrer dans le giron de grands groupes de vacances chercheurs de nouveautés « green » pour leurs habitués.

 

Encore plus rares sont les débats sur un commerce équitable nord-nord. Pas étonnant dans ce cas que, de plus en plus, le commerce équitable tende à être critiqué par de nombreux autres mouvements, notamment dans l'économie sociale et solidaire ou encore dans le bio, alors que tous trois semblent complémentaires et faire partie de l’ensemble que l’on appelle communément « développement durable ».

 

Le refus, par exemple, de certains acteurs spécialisés dans le bio de vendre des produits équitables, n'entrainerait-il pas involontairement le commerce équitable vers la grande distribution ? Le cercle vertueux d'une économie sociale et écologique pourrait dans ce schéma là ne pas fonctionner, le bio n'a-t-il pas autant besoin de l’équitable, que l'inverse ?

 

Notons que rarement les acteurs du commerce équitable ont critiqué ce qui se passait dans d'autres mouvements alternatifs, pourtant eux aussi dans une relation de négoce ou de commerce... Il est à se demander si l'équitable n'a pas pu d'une certaine manière contribuer à l'essor d’autres formes de commerce, profitant aujourd’hui simplement au commerce Nord-Nord. Que pourrions-nous en conclure ?

 

« L'équitable devient-il adulte ? »

Sommes-nous à un tournant dans l'équitable ? Où nous situons-nous dans le cycle de vie ? Sommes-nous dans une phase mature, juste en ralentissement de croissance, ou bien déjà en déclin ? Pouvons-nous refaire partir la machine encore plus fort, encore plus vite et encore plus loin ?

 

Il faudra pour cela répondre à bien des questions et peut être repenser notre manière de voir l'équitable, dans une profonde unité. En somme, redevenir aujourd’hui pour la population et les autres entreprises ceux que nous avons été hier : des initiateurs d’un nouveau monde de consommation fondé sur le respect, la transparence et l’honnêteté et dans un réel partenariat entre tous les acteurs.

 

Sans ça, nous sommes voués à disparaître. Au profit de qui ?

 

« Rien de plus terrible, quand on a été un enfant de talent, de n'être plus qu'un adolescent qui se cherche. »
[François Hertel]
Extrait de "Un canadien errant"

 

Didier

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Commentaires

 

On aime bien votre analyse...
Pour faire court et éviter aux Internautes la lituanie des propos du microcosme français du Commerce équitable, disons que la perception française du C.E. est très différente de celle des anglo-saxons. Eux veulent un système global, point barre. Pas de discussions sur les détails des opérations, ils veulent un prix d'achat minimum garanti, une assistante respectée (charte) et basta. Un commerce plus "honnête" quoi... On approuve. En France, en plus, l'on a mis en avant le petit producteur, beaucoup, beaucoup trop... C'est hallucinant de lire certaines argumentations sur certains paquets "A vot'bon coeur..." du racollage. Au salon des associations de Strasbourg nous avions un stand: plusieurs personnes nous ont dit "Vous nous prenez pour des cons, comment voulez-vous que des petits producteurs fournissent tous les hypers d'Europe en Chocolat, thé ou café?" C'est con oui d'entendre cela mais ils ont raison dans le fond... Qui donc qu'un petit producteur adhère à une coopérative? Un pilote? Une secrétaire? Un pompier? Un Suisse nous disait: "C'est comme si vous les francais sur vos vins de caves coopératives vous écriviez sur les étiquettes: raisins produits par de petits viticulteurs. Ridicule, non?". En 1995 il était temps d'imposer le commerce équitable "global" mais l'on n'a pas vraiment su le faire... Dommage. Ensuite il y a eu des livres très durs, des articles aussi. des fautes de communication: SFR et Alter-Eco a été un désastre. les opérateurs français sont les plus chers de la planéte, dépensent des milliard d'euros en pubs TV tous les jours et paient les stars du foot une fortune et les voilà qu'ils "récupèrent" Alter-Eco... Quelle erreur. Ensuite Malongo ou Méo, excellents torrefacteurs, vendent des cafés C.E. bardés de photos de petits producteurs mais sans en indiquer le pays d'origine! Si le commateur avait conscience du C.E. global ce serait OK, mais pas en France: je bois un express C.E. je veux savoir s'il est du Mexique, du Kenya ou du Vietnam. Alter-Eco si proche des problèmes écolos vend de la pate à tartiner pour le goûter des enfants et avec des arguments racoleurs C.E. 100% huile de Palme industrielle et fabriquée en Belgique, CARREFOUR des biscuits huile de palme et C.E. pour le seul arôme cacao de ces biscuits fabriqués dans le 92, etc... tout cela fait beaucoup... D'autant qu'il y a les fleurs équitables qui ne passent pas du tout auprès de la majorité des clients. Stopper des cultures vivrières pour un produit de luxe que l'on doit réfrigérer et qui demande beaucoup d'eau au Kenya, cela ne passe absolument pas... Des subventions ENORMES ont été donné à Max Havelaar qui a très bien promotionné le C.E. en général, bravo, mais en mettant aussi en avant son logo gratuitement ainsi, devenu label seulement début 98, a tué la concurrence. Bien joué... Le Commerce équitable a donc perdu de sa crédibilité en France ces dernières années et c'est bien dommage... A cela ajoutons les marques de la Grande distribution et certains abus... D'où le marasme d'aujourd'hui...
Bon; nous on s'occupe de villages de réfugiés Hmongs et quand on a voulu vendre nos 4000 paquets de thé vert de montagne, en 98, pour financer une épicerie de montagne, les gens du commerce équitable, sauf Minga et Artisans du monde, les centrales d'achats nous ont ri au nez en nous faisant dépenser notre argent pour aller les visiter... et tous les autres nous ont expliqué que nous étions trop petits et surtout ils voulaient BEAUCOUP d'argent pour des logo-labels-associations et des cotisations, un montant total supérieur au Chiffre d'affaire ! On les comprend, tout coûte, là n'est pas la question. Nous venions donc de réaliser que le commerce équitable de "petits producteurs" était en fait...impossible. Un comble non quand l'on ne parle que d'eux en argument marketing? D'où la nécessité de créer un label Micro Commerce équitable. On en discute avec tout le monde en ce moment...
Nous on aime le Commerce équitable "global" pour sa règle commerciale plus honnête, et finalement on s'en fout que Mac Donald ou les autres géants du commerce y soient, après tout cela fait du volume... mais on veut en plus un Micro commerce équitable pour la famille qui a 500 kilos de mangues séchées, le hameau qui à 300 kilos de poivre rare, le petit groupement qui a 1 tonne de riz brun bio... sans oublier un commerce équitable nord-nord pour lutter contre ce Dumping social... Mais là je m'arrête car exploiter des hommes du Sud pour créer 45 millions de chômeurs en Europe dans le but d'enrichir une poignée de gens, il y aurait beaucoup à écrire encore...
Bien à vous tous !
René / Association Francaise du Micro Commerce équitable.

 

C'est ce qui s'appelle faire court !

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