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vendredi, 06 février 2009

Limites au commerce équitable : l'utopie est elle remise en question ?

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Après vous avoir présenté plusieurs articles traitant du commerce équitable,  il m'apparait intéressant aujourd'hui de vous faire part de quelques limites inhérentes à son développement et à l'économie de Marché...

 

Manque de diversité des produits/des pays/ commerce Nord Sud seulement :

 

  • Il y a un fort manque de diversité dans les produits du commerce équitable : difficulté d'intégrer la sphère industrielle, ou les biens de haute ou de moyenne technologie.

 

  • 60 % des produits sont alimentaires, le reste se divise entre l'artisanat et le vestimentaire, voir la décoration.

 

  • Limité a certaines matières premières à faible valeur ajoutée, des produits de base, et semble cantonner la production de certains pays sur certains produits spécifiques.

 

  • Il ne concerne pas tous les pays du monde, le commerce nord nord a été oublié, et le commerce sud-sud aussi. De nombreux acteurs du Commerce Equitable veulent aujourd'hui promouvoir ses échanges aussi.

 

Dans la suite de l'article les points houleux du commerce équitable ainsi que le problème de l'économie de marché :


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Élitisme du CE :

 

  • Le commerce équitable n'est pas assez démocratisé, ainsi il s'adresse plus à une élite qu'à l'ensemble réel de la population.

 

Circuit de distribution mal organisé :

 

  • Le circuit de vente est peu rationalisé, des boutiques aux grandes surfaces : problèmes d'authentification de la part du consommateur.

 

Confusion Humanitaire-Caritatif / Commerce Equitable :

 

  • De plus certaines associations de commerce équitable s'apparentent plus à une démarche caritative, sans compter les nombreux liens entre les associations types artisans du monde et les associations humanitaire, et ou parfois religieuses. (secours populaire, comité catholique contre la faim)

 

Multiplication des labels : confusion dans l'esprit du consommateur :

 

  • La méconnaissance du commerce équitable s'explique aussi par le fait qu'il y a tout types de labels aujourd'hui non seulement équitables, (Max Havelaar, artisans du monde, PCE...) mais aussi d'autres labels y ressemblant et pour tout types de produits.


Ainsi, il peut y avoir un problème de confusion, et aussi une méfiance de la part des acheteurs.




Non professionnalisation du secteur :

 

  • Le Commerce Equitable souffre aussi du travail bénévole, trop souvent cantonné à ceci, les enseignes concernés perdent en crédibilité, et en efficacité.

 


Réciprocité des principes entres producteurs du Sud et Vendeurs du Nord :

 

  • Un autre problème est celui de la réciprocité des échanges, en effet, les entreprises du nord achetant équitables, ne sont elles mêmes pas totalement équitables : exemple Malongo ou encore les grandes surfaces. Ainsi, alors que les producteurs du sud sont obligés d'avoir un système dit « coopérative » les autres entreprises peuvent être ce qu'elles veulent.



Le problème du Prix :

 

  • Le prix est un obstacle au développement du commerce équitable, 10% plus cher en moyenne, celui peut néanmoins être réduit par l'achat en de plus grande quantité ( à 2%) même si 75% des français se déclarent prêts à acheter des produits du commerce équitable à un prix supérieur.


Il faut noter, que même si la population se dit "prête à consommer équitable pour un prix plus élevé, il y a une contradiction entre les études et la réalité : le prix reste le premier critère d'achat.



Dissensions internes dans les entreprises/associations et organisations travaillant avec le Commerce Equitable :

 

  • De plus, il a a des problèmes d'ententes entre les différentes entreprises et organisations voulant véhiculer l'image du commerce équitable : dissensions sur le fait d'aller en grande surface...


A part toutes ces limites, dûes aux principes du commerce équitable, il y a certains freins qui sont présent à cause de notre économie de marché



Limites inhérentes à l'économie de marché :



Effet de Mode :

 

  • Certaines compagnies utilisent le commerce équitable comme elles pourraient utiliser le bio ou encore l'appellation d'origine contrôlée.

 

  • En 2005, Nestlé avait lancé son propre label dit « équitable » et avait pu récupérer des consommateurs, ils ont été condamné, mais cela montre l'effet de mode.


Ethno Marketing :

 

  • des produits s'apparentent au commerce équitable, en jouant l'aspect métissage, ou autre, ce qui est contraire aux principes du CE. Mais qui entraine une confusion forte.

 


Récupération Marketing et Alliances douteuses :

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  • Association parfois houleuse : Mac Donald Suisse + Max Havelaar = contre nature, puisque l'une veut le profit et l'autre le profit juste. Tout comme l'association récente entre Ben & Jerry's et Max Havelaar, alors certains produits intègrent des produits du commerce équitable, mais vu que cela ne concerne qu'une partie de la vente, et de la production on peut se demander si les entreprises en questions ne profitent pas de l'effet "citoyen" du commerce équitable.

 

  • Marketing des grandes surfaces ou de certaines entreprises « dites » équitables sont agressives et utilisent des campagnes presque humanitaire, détournant encore le sens propre du commerce équitable.

 

Problème de la labellisation privée :

 

  • La labellisation est aussi en question : elle ne répond pas à des critères de la DGCCRF, ainsi les normes sont différentes. Tout peut etre réalisé par la même organisation, ainsi peut être que le commerce équitable ne l'est pas totalement, les défenseurs du CE diront simplement qu'il sera toujours plus équitable que le commerce traditionnel.

 

  • Max Havelaar seul organisme réellement reconnu par l'Afnor.

 

  • Afnor tente de mettre en place un contrôle et une normalisation du secteur du commerce équitable.

 


Critères et principes du CE allant à l'encontre de l'économie de marché :

 

  • Des critères trop exigeants, peuvent empêcher le développement du commerce équitable. En effet, qu'en est il du développement à grande échelle de celui-ci ?

 

  • De plus, il y a une lutte de la part des multinationales pour un prix le plus bas, qu'en est il du commerce équitable ?

 

  • Pour fonctionner il faudrait un contrôle des marges du producteur au distributeur final, ceci semble utopie puisque allant contre la libre concurrence et le respect du marché.

 


Problème de la production de masse :

 

  • Le problème de la grande distribution : production de masse compatible avec le commerce équitable ?

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Ainsi, on est bien dans une utopie, trop de défis à relever et peu de moyens, qui plus est le commerce équitable impose énormément de conditions pour son application pure et dure, par exemple, des contradictions apparaissent : l

-le travail des enfants peut être toléré (alors que ceci est contraire à leur charte) lorsqu'ils sont les seuls moyens de revenus de leurs parents  et que d'une manière ou d'une autre ils seraient obligés de faire autre chose (prostitution, vols etc...)


On peut se demander si cette utopie pourrait néanmoins être réaliste sous certaines conditions.


Bien que le commerce équitable semble être prêt à se développer, il faut remarquer qu’il lui reste des limites à dépasser et certains écueils comme la perte de son identité à éviter.

 

Certaines limites sont dues au marché en lui même, et aux habitudes de consommation, il faut replacer le producteur au centre du marché,  et sans créer de faux besoins aux consommateurs. Le Commerce Equitable : =>Demande s'ajuste à l'Offre présente

 

Le commerce traditionnel : =>les consommateurs comme les producteurs ne sont plus les préoccupations du vendeur : les deux doivent s'adapter, le prix est fixé par la rencontre entre offre et demande (plus la spéculation) alors qu'en CE le prix est fixé selon des critères sociaux ( dignité, éthique etc...)

 

Ainsi, il faudra pallier à toutes ces limites pour faire passer le commerce équitable d'utopie à réalité ! Mais pour ceci, on aura besoin de vous, non pas consommateur, mais consomm'acteur !

 

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Commentaires

 

Bonjour,

Effectivement c'est un article très intéressant ! Je me permet simplement de nuancer quelques points :

1/ Sur le manque de diversité, je pense que pour un commerce qui a moins de cinquante ans, on trouve tout de même de nombreux produits. Au niveau de la haute ou moyenne technologie par exemple, on trouve désormais des webcams et des Hubs équitables : http://www.ekitinfo.org/lejournal/spip.php?article200
De même, au niveau de la décoration, le choix est très large !
Où avez-vous trouvé le chiffre de 60% de produits alimentaires ? Je dois dire que celui-ci m'étonne un peu.

Et puis on peut se demander si le commerce équitable doit se développer à tous les produits. Certaines organisations comme Artisans du Monde défendent l'idée que le commerce équitable est avant tout un MOYEN pour faire changer le commerce mondial et qu'il ne représente pas à lui seul une alternative.
Et comme vous le dite très justement, le commerce équitable ne représente que 0,001 % du commerce mondial !

En ce qui concerne le cantonnement de la production de certains pays sur certains produits spécifiques et les matières premières à faible valeur ajoutée, je pense que cela ne représente pas la réalité.
Dans les standards du commerce équitable on trouve ainsi l'obligation pour les organisations de commerce équitable de permettre aux producteurs d'aller le plus loin possible dans la fabrication, justement parce qu'un produit fini rapporte plus que de simples matières premières.
C'est le cas, à titre d'exemple, de l'organisation Wend Puire qui produit intégralement son miel équitable.
Elles cherchent aussi à diversifier au maximum la production et la dernière quinzaine du commerce équitable portait ainsi sur l'agriculture paysanne en opposition à l'agriculture exportatrice qui affame le plus souvent les petits producteurs.

2/ Au niveau de la confusion Humanitaire-Caritatif / Commerce Equitable je pense qu'elle existe effectivement. Maintenant, je pense qu'Artisans du monde, que vous citez est très loin de cette démarche. Est-ce que parce qu'on fait du commerce équitable, on doit arrêter de travailler en partenariat avec des organisations caritatives ? Doit-on se limiter au commerce équitable ? Faut-il abandonner tout type d'action humanitaire ?
De même, est-ce problématique que des organisations religieuses s'engagent dans une démarche de commerce équitable ?

3/ Multiplication des labels : effectivement c'est là un problème majeur du commerce équitable d'aujourd'hui, d'autant plus que les grandes surfaces développent désormais leurs propres lignes de produits équitables (www.ekitinfo.org/Education/le-commerce-equitable-en-grande-surface.pdf)

4/ Non professionnalisation du secteur : ça change ! A titre d'exemple dans l'annuaire d'ekitinfo, plus de 550 organisations sont répertoriés et parmi-elles seulement 160 sont gérées par des bénévoles.
Et même au niveau d'Artisans du Monde, dont les boutiques ne fonctionnent que grâce aux bénévoles en général, on trouve désormais 85 salariés.

5/ Réciprocité des principes entres producteurs du Sud et Vendeurs du Nord : long débat qui est de plus en plus d'actualité avec le développement des produits équitables en GMS. La démarche de Minga qui cherche à développer une filière intégrée va dans le "sens inverse".

6/ Au niveau du prix, je ne me risquerais pas à être aussi affirmatif au niveau de la différence entre un prix équitable et un prix conventionnel. (cf : http://www.ekitinfo.org/Education/le-prix-de-vente-dans-le-commerce-equitable.pdf)
Et puis il ne faut pas oublier qu'un bas prix pour le consommateur implique le plus souvent de mauvaises conditions de travail pour les producteurs (pour les vendeurs éventuellement). Quel est le coût le plus important ? Le coût humain, ou le coût purement financier ?
Enfin, il ne faut pas oublier que les produits équitables sont souvent le reflet d'une certaine qualité, qu'on ne retrouve pas forcément dans les autres produits.
Voici par exemple ce qu'expliquait Agathe Denis, responsable du pôle Restauration Hors Domicile d’Ethiquable :
"Tout d’abord : comparons ce qui est comparable. Nous ne pouvons pas comparer un café robusta mélange d’origines à un café 100% arabica pure origine, d’altitude, cueilli à la main. A qualité égale, un certain nombre de produits restent tout à fait accessibles. Il y a même certains produits qui arrivent à être moins chers que le conventionnel !"

7/ En ce qui concerne le travail des enfants, il est effectivement toléré, à condition que les enfants accèdent tout de même à l'éducation. Est n'est-ce pas justement là ce qui montre que les responsables du commerce équitable ne sont pas dans l'utopie ? Il faut savoir s'adapter à la réalité du terrain. Certes, les enfants travaillent un peu tout en recevant une éducation et en profitant d'une vie digne... mais si aucune organisation de commerce équitable ne travaillait avec eux, quelles seraient les différences ? Travailler plus (sans gagner plus !), absence d'éducation, ...

Bref, j'en arrive à la même conclusion que vous, c'est au consommateur d'agir et de proposer. Le commerce équitable est avant tout un commerce plus transparent qui favorise le dialogue. A vous de le faire évoluer !

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